Systèmes laitiers : Des références qui viennent à point nommé

P. OLIVIERI

Les travaux du service Références sur les coûts de revient des systèmes laitiers exposés en session ont confirmé la nécessité de prix plus élevés à la production.

L'exposé sur l'organisation et les travaux du service Références laissait présager vendredi 10 septembre une session de la Chambre d'agriculture tournée vers des considérations technico-économiques. La présentation s'est avérée au final bien plus instructive à d'autres égards. Notamment quand, de théorique, elle s'est faite concrète avec l'estimation du coût de production du lait pour un système herbager de montagne, un cas type représentatif d'une partie des exploitations laitières spécialisées du département. Après avoir ventilé les charges dans trois catégories (courantes, amortissements et charges dites supplétives, c'est-à-dire liées à la rémunération du capital foncier, financier et du travail de l'exploitant), la méthode développée par les réseaux d'élevage a rendu son verdict, sans appel : pour ce Gaec familial (deux associés) caractérisé par une production de 285 000 litres, 72 ha de SAU et 70 UGB, il fallait compter - dans la conjoncture de 2009 - quelque 515 euros pour produire 1 000 l. Un rapide calcul a permis à chacun de tirer une première conclusion : avec un lait payé en moyenne 311 euros sur l'année, il manque... 57 e/ 1 000 l.

CQFD (ce qu'il fallait démontrer)

Implacable. Aussi, faute d'avoir obtenu une valorisation supérieure de leur lait, les membres de ce Gaec fictif ont dû se contenter d'une rémunération équivalente au Smic sur l'année. “Ou alors il aurait fallu atteindre une productivité permettant de produire 210 000 l. par unité de main d'oeuvre”, a évoqué Yannick Pechuzal du service Références. Mission impossible.
“CQFD” : de l'avis de nombreux élus dans l'assemblée, la profession agricole ne pouvait rêver meilleurs démonstration et plaidoyer pour défendre une hausse des prix à la production. “C'est un outil remarquable qui doit servir à la fois les exploitants et les responsables professionnels et politiques pour prendre les bonnes décisions”, a ainsi réagi Patrick Escure (FDSEA). Et si certains, à l'image de Michel Teyssedou, voyait dans cette démonstration l'occasion d'inciter les chefs d'entreprise agricole à réduire leurs charges, d'autres mettaient en garde contre une maîtrise à tout crin des charges servant surtout les intérêts de l'aval. “Il ne faut pas opposer les différentes marges de manoeuvre, modérait Patrick Bénézit. S'il y a des gains de productivité, il faut les prendre. Mais il faut aussi avoir une stratégie sur les prix et sur les aides”. Une vision partagée par le président Fontant qui concluait le débat en appelant à un État “partenaire complice” des producteurs face aux entreprises de transformation. Un message qui a visiblement porté jusqu'au Space.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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