[Témoignages] Inondations : l’agriculture boit la tasse

Lise Monteillet

inondations Loiret
Les cultures ont été durement touchées par les intempéries.

Du maïs sous l’eau pendant quatre ou cinq jours, des prairies qui ne donneront pas le foin escompté, de jeunes plants dévastés dans les pépinières… Les dégâts causés par les pluies ininterrompues de ces derniers jours sont importants.

Aucune production agricole ne semble épargnée par les inondations survenues dans plusieurs régions de France. « Tout le département de la Seine-et-Marne est en excès d’eau, relate Gurvan Le Gall, directeur de la FDSEA 77. Les zones Centre et Sud sont les plus touchées par les inondations ». Quelles sont les craintes des producteurs ? « Grosse inquiétude sur les féveroles, qui sont déjà noires et ont perdu leurs feuilles, poursuit Gurvan Le Gall. Le maïs, qui avait déjà eu du mal à lever cette année, est sous l’eau depuis 4-5 jours. Quant au blé, nous verrons quelles seront les conséquences sur les maladies ». De nombreux hectares de céréales sont déjà versés.

Carte de vigilance (données MétéoFrance au 03/06/2016 à 16h00)

Toutes les filières concernées

Dans le Loiret, Adrien Coppoolse a subi de très forts dommages sur ses maïs, blés et légumes. « Je vais perdre 40 % de mes récoltes », estime-t-il, à première vue. Deux ans seulement après son installation, il est inquiet pour l’avenir de son exploitation. « J’espère que l’Etat va nous aider.  Financièrement, je ne peux pas m’assurer. L’an dernier, j’ai déjà subi la sécheresse ».

Dans les secteurs d’élevage, le foin va manquer. « Nous allons demander à pouvoir récolter tout ce qui peut l’être, y compris les jachères », ajoute le directeur de la FDSEA77. La situation va contraindre les éleveurs à acheter de la nourriture pour leurs bêtes, alors même que leur filière est déjà en difficulté.

« Psychologiquement, cela devient terrible »

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Horticulteurs et pépiniéristes sont aussi concernés. « Ce sont surtout les végétaux qui sont abimés, les structures étant partiellement endommagées », résume Jean-Marie Fortin, le président du syndicat des horticulteurs et pépiniéristes du Loiret. Il comptabilise, dans la région Centre, entre 40 et 50 exploitations touchées, sur les 280 existantes. Un bilan provisoire, car son syndicat est toujours « en phase de comptage ». Il prévoit néanmoins un « manque à gagner important ». L’impact des inondations se ressentira sur les ventes de cet été, de cet automne et du printemps suivant. Il confie : « Personnellement, j’ai vécu la tempête de 1999, la grêle il y a deux ans. Cette fois-ci, 5000 m2 de serres sont atteints sur les 22 000 m2. Psychologiquement, cela devient terrible ».

Crédit photo : FDSEA 45

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Commentaires 3

Maximus

Il a raison c psychologiquement très éprouvant je le vis .... Je suis assure pas forcément tres bien mais je prends sur mon revenu tous les ans cette annee bcp de personne ne s assure plus j espère pour elle qu elle seront aidées mais ce serait peu juste pour ceux qui paient tous les ans
Le jeune c le même qui expliquait au journal syndical qu il fallait investir massivement en période de crise même à l installation

Bazilou78

en bordure de seine aussi nous trempons dans l'eau.

ROBERTO

MALHEURESEMENT LES POLITIQUES PREFERENT SE GARDE LEURS SALAIRES EN PENSANT QUE L ANNEE PROCHAINE IRAS MIEUX POUR LES PAYSANS MAIS POUR NOUS CELA DEVIENT CRITIQUE UN AGRI USEE E

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