Transmettre et s’installer en viande bovine, c’est encore possible !

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La venue de Julien Martin a conforté Philippe et Nadine Orseau dans les orientations prises : système fourrager plus économe avec un objectif de tendre vers l’autonomie alimentaire.
La venue de Julien Martin a conforté Philippe et Nadine Orseau dans les orientations prises : système fourrager plus économe avec un objectif de tendre vers l’autonomie alimentaire.

Face à face, le futur installé et le cédant. Chacun doit bien préparer en amont, pour l’un son installation, et pour l’autre sa transmission. Clef de la réussite du projet. Témoignages.

En viande bovine, des indicateurs sont en train de passer au vert. Les perspectives de marchés sont visibles en France et à l’échelle mondiale. De quoi donner à des jeunes l'envie de s'installer avec un cheptel allaitant. Cette production, caractérisée par un très faible renouvellement des actifs, a besoin de sang neuf. Et pour cause, on assiste en viande bovine à un taux d'installations hors cadre familial très bas. Un problème lié directement à l'importance du capital à repren­dre.
« Un Gaec entre tiers en viande bovine, c’est extrêmement rare », confirme Christian Delair, con­seiller transmission à la chambre d’agriculture. « Pendant longtemps, quand la transmission de l’exploitation en viande bovine ne se faisait pas en famille, l’exploitation était vouée à disparaître. Au­jourd’hui, ces élevages ac­cueillent des candidats à l’installation qui ne sont pas issus directement du milieu agricole, avec la volonté de transmettre le métier, le savoir faire comme c’est le cas ici, au Gaec du Canal d’Herbauges (lire encadré). C’est très bien », s’est réjoui Mickaël Trichet, élu à la chambre d’agriculture, en charge du dossier Installation – transmission, lors d’une journée sur la transmission et l’installation en viande bovine, organisée par la cham­bre d’agriculture il y a une semaine.
Julien Martin s’est effectivement installé en 2011 sur cette exploitation avec Philippe et Nadine Orseau à La Chevrolière. Julien n’est pas issu du milieu agricole. Mais il a toujours eu la volonté de s’installer chevillée au corps. Il est d’abord salarié en élevage laitier sur une exploitation de Pont Saint-Martin, puis commercial dans le secteur de la nutrition animale. Pendant ce temps-là, sa passion pour l’élevage ne le quitte pas.
En 2009, il engage une rupture conventionnelle de son contrat de technico-commercial, pour se consacrer pleinement à son projet d’installation en viande bovine. « J’ai commencé à y réfléchir pour savoir quel type d’exploitation je souhaitais, dans quel secteur. Je n’avais pas envie de m’installer tout seul », explique Julien Martin. « Je voulais une organisation professionnelle qui me permette d’avoir aussi une vie sociale, familiale. Je connaissais bien cette zone géographique, son tissu agricole. Ca me tenait à cœur de trouver un troupeau en vache allaitante. »

Rencontre

tation était vouée à disparaître. Au­jourd’hui, ces élevages ac­cueillent des candidats à l’installation qui ne sont pas issus directement du milieu agricole, avec la volonté de transmettre le métier, le savoir faire comme c’est le cas ici, au Gaec du Canal d’Herbauges (lire encadré). C’est très bien », s’est réjoui Mickaël Trichet, élu à la chambre d’agriculture, en charge du dossier Installation – transmission, lors d’une journée sur la transmission et l’installation en viande bovine, organisée par la cham­bre d’agriculture il y a une semaine.
Julien Martin s’est effectivement installé en 2011 sur cette exploitation avec Philippe et Nadine Orseau à La Chevrolière. Julien n’est pas issu du milieu agricole. Mais il a toujours eu la volonté de s’installer chevillée au corps. Il est d’abord salarié en élevage laitier sur une exploitation de Pont Saint-Martin, puis commercial dans le secteur de la nutrition animale. Pendant ce temps-là, sa passion pour l’élevage ne le quitte pas.
En 2009, il engage une rupture conventionnelle de son contrat de technico-commercial, pour se consacrer pleinement à son projet d’installation en viande bovine. « J’ai commencé à y réfléchir pour savoir quel type d’exploitation je souhaitais, dans quel secteur. Je n’avais pas envie de m’installer tout seul », explique Julien Martin. « Je voulais une organisation professionnelle qui me permette d’avoir aussi une vie sociale, familiale. Je connaissais bien cette zone géographique, son tissu agricole. Ca me tenait à cœur de trouver un troupeau en vache allaitante. »
Rencontre
C’est lorsque que Julien était salarié en élevage laitier qu’il rencontre Philippe Orseau. En 2009, Julien va voir Philippe et apprend que son frère René prend sa retraite début 2010. « Je lui ai demandé s’il cherchait un associé. On s’est laissé un peu de temps. Puis de fil en aiguille on a essayé de monter un projet à partir des moyens de production sur place. On est tombé d’accord. »
Au départ, Philippe et sa femme Nadine ne souhaitaient pas forcément intégré un nouvel associé sur la ferme. Mais ils ont été séduits par le projet de Julien de s’occuper de l’atelier viande et de le développer.
Julien se rend à la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique pour être épaulé dans le lancement de son projet (1). Julien entame un stage de parrainage (dix mois) sur l’exploitation de Philippe. « Ce stage est une très bonne chose pour tous ceux qui souhaitent s’installer, surtout entre tiers. On se connaissait, mais ça permet de mieux se découvrir dans le cadre du travail. Ça nous a permis aussi d’affiner notre projet. C’est une sécurité pour la structure », estiment Philippe et Julien.
La réussite de ce projet tient à sa préparation en amont. Pour François Guyot, président de JA 44, « on ne fera pas de bonnes installations sans transmissions bien préparées ». « L’anticipation permet de mieux accueillir le jeune. Le cédant doit se poser les questions suivantes : pourquoi je cède, dans quelles conditions, à quel moment, quels moyens je mets à disposition du jeune. » « Les conditions d’installation comptent énormément dans la pérennité de l’exploitation », ajoute Mickaël Trichet. « Avoir un système en place qui tourne, où, comme ici, d’autres ateliers sont en place, ça sécurise. »
Julien ne regrette pas son choix de s’être installé en société. « S’il avait fallu que je monte un troupeau tout en gagnant ma vie, ça aurait été très compliqué ! » Hubert Filatre, chargé de mission viande bovine à la chambre d’agriculture, rappelle que, pour une transmission, « dans toute exploitation il faut trouver la logique à mettre en place pour lui conserver sa rentabilité ». « Ici on est sur un développement progressif du cheptel pour arriver à terme à 80-90 vêlages. »
Kevin Gérard-Dubord, d’Elevage Conseil Loire Anjou, précise que depuis environ cinq ans une quinzaine de jeunes se sont installés en viande bovine dans le Sud Loire. « Ils arrivent aujourd’hui à vivre correctement de leur métier et à sortir un revenu autour de 1,2 à 1,3 Smic. Dans leur cas la transmission avait été bien préparée. Ceux qui n’arrivent pas à ce niveau-là de rémunération ont une reprise de capitaux bien plus élevée que les autres. Ça peine derrière à retrouver une rentabilité. »

(1)  Lire les actions mises en place par la chambre d’agriculture et JA 44 dans le cadre de la politique d’accompagnement à l’installation, p. 6 de Loire-Atlantique Agricole du 30 novembre dernier.

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