Travail administratif : Les services minitel bientôt inscrits aux abonnés absents

Emeline Bignon

Si certains départements ont déjà ou sont en passe de cesser de proposer les services Télétel aux éleveurs, d'autres préfèrent attendre avant de se prononcer sur une date claire.

L'usage du minitel dans les exploitations baisse régulièrement. Ce n'est pas un « scoop ». Les services Télétel proposés, tels que les déclarations de naissance ou d'identification de mouvements de bovins, la consultation des résultats du contrôle laitier ou des analyses de laboratoire, se voient de plus en plus supplantés par internet. Par contre, contrairement à certaines rumeurs qui courent sur le terrain, aucune date n'a été fixée par France Télécom pour arrêter les services Télétel à court terme. « Pour autant, cela ne signifie pas que ces services seront maintenus indéfiniment, admet l'opérateur. À partir du moment où ils coûteront plus cher qu'ils ne rapporteront, ils n'auront pas vocation à perdurer. »

Un coût prohibitif

Cela dit, certaines régions ont d'ores et déjà pris les devants en arrêtant de proposer les services Télétel aux éleveurs. C'est le cas dans le Nord-Pas-de-Calais et Picardie depuis le 1er janvier 2008. « La raison est principalement économique, précise Jean-Marie Pecquet, de l'Arsoé de Douai. Ce service nous était facturé de plus en plus cher par France Télécom. Pour continuer à le maintenir, il aurait fallu réinvestir dans le réseau et doubler le coût de l'abonnement. » Cela dit, tout ne s'est pas arrêté du jour au lendemain. « Nous avons communiqué plus d'un an à l'avance pour inciter les éleveurs à s'équiper en informatique. » Moins de 10 % d'entre eux utilisaient encore le minitel à ce moment-là. « Globalement, la bascule sur internet s'est bien passée, et peu d'exploitants sont retournés au papier. »
Même schéma en Haute-Normandie, où les services Télétel ne sont plus disponibles depuis quelques mois. « Pour les onze autres départements rattachés à l'Arsoé Manche-Atlantique(1), le service minitel de l'identification prendra fin au 30 juin 2010 », indique Gwenaëlle Gain, de la chambre régionale d'agriculture de Normandie. Sur cette zone, en moyenne, sur l'année 2008, près de 12 % d'éleveurs utilisaient encore le minitel, avec de fortes variations selon les départements.

S'ils représentent une faible proportion en Poitou-Charentes, ils s'avèrent au contraire nettement plus nombreux dans le Calvados et l'Orne, où le taux d'utilisation atteint 20 et 43 % ! « Tout dépend de l'importance que revêtait le minitel quand internet s'est développé, mais aussi du niveau de la couverture du haut débit sur le territoire », analyse Gwenaëlle Gain. De nombreux éleveurs sont utilisateurs mixtes web-minitel, et ils ont souvent recours à ce dernier lorsqu'ils ont une simple notification à faire.

Le bon vieux minitel est voué à disparaître, même si son côté pratique reste apprécié de certains éleveurs. (DR)

Le bon vieux minitel est voué à disparaître, même si son côté pratique reste apprécié de certains éleveurs. (DR)

 

Un saut parfois difficile

En Alsace-Lorraine, moins de 5 % des éleveurs utilisent encore le minitel : quasiment plus dans les Vosges, mais encore pas mal en Moselle. Seuls l'identification, l'état civil et les résultats de contrôle laitier sont disponibles. La région n'a pas défini une réelle stratégie vis-à-vis d'un arrêt éventuel de l'emploi du minitel. « Nous n'encourageons plus son usage et orientons les éleveurs vers internet. Toutefois, nous préférons continuer à contenter le plus grand nombre d'exploitants tant que cela reste encore possible sur le plan technique. Mais le jour où le serveur minitel tombera en panne, tout risque de s'arrêter assez vite car les pièces de rechange n'existent plus », reconnaît Xavier Colson, directeur de l'EDE de la Meuse.
Aucune date non plus n'est clairement avancée du côté de la Bretagne. Les éleveurs bretons bénéficient donc encore d'un sursis pour accéder aux services Télétel relatifs à l'identification, l'état civil, l'équarissage, les résultats du contrôle laitier et de la laiterie, et les résultats d'abattage. Aucune information quant au taux d'utilisation de ces services n'est diffusée.

Taux de fréquentation : 3614 IPGTEL dans le Top 30

Le minitel est en perte de vitesse tous secteurs confondus et l'élevage ne fait pas exception. Cela dit, ce secteur semble résister mieux que d'autres. Selon France Télécom, il reste dans le domaine de l'élevage quinze services actifs, dont l'un se situe dans le Top 30 des services Télétel en termes de trafic. Il s'agit du 3614 IPGTEL servant aux déclarations de naissance et d'identification de mouvement d'entrée/sortie des bovins. Le côté pratique, simple, et rapide du minitel, en fait un outil qui reste plébiscité sur le terrain. « On dénombre relativement peu d'utilisateurs exclusifs du minitel, précise Gwenaëlle Gain, de la chambre régionale d'agriculture de Normandie. Beaucoup utilisent en parallèle internet. »

Source Réussir Lait Elevage Novembre 2009

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