Un atout pour la production laitière de demain !

Catherine Perrot

Pour la première fois, l’année dernière, David Rouxel a pu utiliser des bouchons de luzerne issus de sa propre exploitation.
Pour la première fois, l’année dernière, David Rouxel a pu utiliser des bouchons de luzerne issus de sa propre exploitation.

Sur le secteur de Châteaubriant, les éleveurs engagés dans le projet de création d’une unité de déshydratation de légumineuses (luzerne en particulier) commencent à « tester » le produit en bénéficiant d’un partenariat avec l’usine de la Coopedom.

Situé à Erbray, le Gaec des Molières utilise de la luzerne dans les rations de ses vaches laitières (85 Prim’Holstein, 780 000 l), pour son apport en fibres et protéines, pour ses propriétés galactogènes, et pour ses bienfaits sur la fécondité et la santé des vaches.
Celle-ci est intégrée sous forme d’un produit commercial « à brins longs », le Rumiluz. Comme le Gaec est également producteur de céréales, il a décidé de cultiver lui-même de la luzerne. « Nous avons implanté 3 ha de luzerne pure et 3 ha en mélange avec du dactyle depuis 5 ans », explique David Rouxel, l’un des deux associés du Gaec. Récoltée en enrubannage et en ensilage, en mélange avec de l’herbe, la luzerne « maison » n’avait, jusqu’à présent, « pas vraiment apporté de bénéfice visible », avec en plus des « difficultés de récolte » ou d’intégration dans le bol mélangeur.
Comme les associés du Gaec des Molières sont néanmoins convaincus des bienfaits de la luzerne, ils se sont engagés depuis le départ dans l’association Qualifourrages, puis dans Desiala (lire-ci dessus). C’est par son intermédiaire qu’il leur a été proposé, l’été dernier, de faire déshydrater leur luzerne à la Coopedom. « Nous avons récupéré des bouchons que nous avons intégrés à nos rations de base, à hauteur d’un kilo par vache et par jour. Nous y avons ajouté 1 kg de notre Rumiluz habituel. »
Les analyses fournies par la Coopedom sur le lot de juillet donnent 0,65 UFL et 18,8 MAT, soit un produit nutritionnellement très intéressant, plus riche en tout cas que le produit commercial qui, lui, est équilibré à 15 MAT !
Difficile d’avoir du recul, après seulement 6 mois d’utilisation et un seul lot, notamment sur le plan économique puisque le Gaec a aussi changé son système en s’équipant en DAC. Ce qui est sûr, c’est que le produit déshydraté donne satisfaction aux éleveurs et qu’ils recommenceront l’opération en 2014 : « Cette fois, en demandant le produit avec « des brins longs, puisque la Coopédom peut le faire aussi ».

Les associés du Gaec comptent d’ailleurs augmenter prochainement leurs surfaces en luzerne, pour intégrer du produit déshydraté dans les rations des génisses, voire, puisque la demande locale est bien présente, le vendre à des éleveurs voisins (chevaux, moutons…).
Ils seront de toute façon de bons utilisateurs de luzerne, puisque leur projet, après 2015, serait d’augmenter leur production laitière. Les promoteurs du projet Desiala, son président Christophe Grandière en tête, estiment eux aussi que la luzerne déshydratée (et les autres fourrages) constitue un fourrage d’avenir, permettant d’intensifier la production fourragère locale (dans l’esprit de « l’écologiquement intensif »), de réduire la dépendance au soja (diminuer les coûts de production et sécuriser les approvisionnements) et donc de pérenniser le potentiel laitier du secteur.

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