Un ciel dégagé bienvenu

Guillaume de Werbier

Les associés du Gaec ont choisi des variétés maïs avec des indices très précoces pour regagner le temps perdu aux semis.
Les associés du Gaec ont choisi des variétés maïs avec des indices très précoces pour regagner le temps perdu aux semis.

Mercredi matin, le beau temps faisant enfin son apparition, Mickaël Cochard, éleveur laitier à Saint-Philbert de Grandlieu, ressortait le semoir à maïs. Priorité : semer le plus d’hectares possibles sur les cinquante qu’il lui restait à faire. Les précipitations pourraient vite revenir…

À première vue, on pourrait croire que le sol est sec, même très sec. Le semoir crée dans son sillage une épaisse poussière que le vent soulève du sol.
En réalité, seule une fine cou­che de terre en surface est sèche. Il suffit à Mickaël Co­chard de gratter légèrement le sol du bout de son pied pour rapidement voir apparaître une terre bien plus brune. « Tout de suite dessous, il y a de la fraîcheur. »
Des parcelles du secteur, ces derniers jours, étaient gorgées d’eau par endroits. « J’ai des parcelles où encore aujourd’hui je ne peux pas épandre de fumier. Avec les épandeurs, ça ne passera pas. Donc par la force des choses, on doit faire vite. On va semer, mais on ne va pas mettre de fumier. » Des orages sont annoncés pour le week-end. S’il pleut de nouveau, l’exploitant ne veut pas attendre encore une dizaine de jours pour les semis.
Effectivement, les agriculteurs veulent rattraper le retard pris dans l’ensemencement du maïs. « J’ai 50 ha de maïs à semer en trois jours. On va faire le maximum aujourd’hui. J’espère que ce soir, une trentaine d’hectares seront semés. »
Mickaël Cochard a semé 50 premiers hectares de maïs les 12, 13 et 14 mai derniers. Entre les averses. « Pour ces maïs, la préparation du sol a été convenable. » Le hic ensuite a été un démarrage très long de la plante. « Ça a mis 15 jours à lever. Puis ils ont bien poussé grâce à une semaine où les températures ont été un peu plus élevées. » Mais globalement, les nuits restent fraîches avec une température autour de 8 °C. « Pour le maïs, mieux vaudrait ne pas descendre au-dessous de 12 °. »

Jusqu’à trois passages !

« Dans le secteur, dès qu’il y a trop d’eau, c’est la catastrophe ! » Beaucoup de temps a été passé à faire sécher les terrains, réalise l’éleveur. « Une année normale, on passe une fois dans la parcelle et on sème. Finalement nous n’avons pas limité le nombre de passages. Dans certaines parcelles, on est passé une première fois pour aérer la terre, une deuxième fois pour niveler et une troisième fois pour travailler avant de semer. On ne pouvait pas faire autrement de toute façon. »
Cette année, les associés du Gaec se lançaient dans le sans labour. Ce n’était pas l’année la plus facile pour le faire, avoue Mickaël Cochard. « Il faut attendre que la terre soit bien réchauffée, ressuyée, avant d’intervenir. On a voulu limiter la mécanisation pour diminuer nos coûts. On voulait aussi redonner un peu de vie au sol et que la structure du sol se re­fasse. » Étant donné le contexte climatique, l’agriculteur a hé­sité à reprendre la charrue.
Mickaël estime que pour l’instant, il n’est pas encore trop tard pour semer. « Mais c’est la dernière semaine pour y aller. » Il s’est adapté à la situation en changeant les variétés. « On a choisi des indices très précoces (300 pour le maximum, 220 pour les derniers semis) pour regagner le temps qu’on a perdu au semis, et pour qu’on ne soit pas à la rue non plus au moment de la récolte. Ces maïs auront moins besoin de cumul d’ensoleillement pour faire leur cycle et être bon à récolter au bon stade. »
Question rendement, l’agriculteur, comme d’autres collègues, ne part pas avec toutes les chances de son côté, en semant sur des terres pas très homogènes, abîmées dans les mois qui ont précédé sous l’effet des précipitations accrues. « Si ça n’avait pas été le cas on aurait pu semer plus vite. Mais il a fallu attendre que l’eau disparaisse. » « Si le rendement s’avère plus faible en maïs, avec la surface dont nous disposons, on arrivera à avoir ce qu’il nous faut en fourrage. Le souci, c’est qu’on n’aura pas de maïs grain à côté à vendre. Et comme je n’aurai pas de blé non plus et que le lait n’est pas bien payé… »
Avancer dans les travaux. C’est l’impératif de l’exploitation ces jours-ci. En parallèle de ce chantier de semis de maïs, un chauffeur de la Cuma se trouvait dans une parcelle voisine de l’éleveur pour faire du semis direct de maïs en strip-till (en 4 rangs). « On le fait derrière un ensilage de triticale (fait la veille). On sème en direct sur le chau­me. C’est aussi la première fois que l’on essaie ça. Je ne sais pas ce que ça va donner. Nous le faisons pour améliorer la portance du sol. »
Mickaël aurait bien sûr préféré mener ces différents chantiers dans les temps, de façon bien organisée, et sans surcharge de travail. C’est plus rassurant. Ces jours-ci, c’est le contraire qui se produit : « On doit tout faire rapidement. On fait du maïs, alors qu’on devrait faucher de l’herbe pour faire du foin. On va peut-être avoir un foin de moindre qualité car il aura été fait trop tard. Quand tout se décale comme ça, souvent tout est un peu moins bon. »
L’éleveur espère que l’arrière-saison sera meilleure.

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