Un manifestant retrouvé mort sur le site d'un barrage contesté

Un jeune homme est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn) au moment où, selon le procureur d'Albi, une centaine d'opposants violents attaquaient les gendarmes présents sur le site. Les causes exactes du décès de Rémi, 21 ans, seraient dues à une explosion.

Le procureur d'Albi a dénoncé le fait que les gendarmes chargés d'enquêter sur les causes de la mort n'avaient pu effectuer la moindre constatation technique dimanche sur place en raison de "l'hostilité" des manifestants. Alors qu'un rassemblement avait réuni quelque 2.000 manifestants dans le calme, "une centaine d'opposants violents a voulu en découdre avec les forces de l'ordre".

Dimanche en fin d'après-midi, environ 450 opposants au barrage ont convergé Place de la Libération à Gaillac (Tarn) en mémoire de leur camarade. Des échauffourées ont ensuite opposé une centaine "d'éléments cagoulés" aux gendarmes qui ont riposté aux jets de pierres avec des gaz lacrymogènes. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé "avec la plus grande fermeté" ces violences, énumérant "des dégradations dans la ville". La situation est redevenue calme vers 20H30, a indiqué un responsable de la gendarmerie du Tarn. Un nouveau rassemblement est prévu lundi à 14H00 devant la préfecture à Albi.

La journée de samedi avait pourtant bien débuté, les opposants mobilisant quelque 2.000 personnes dans le calme. Parmi les manifestants, le dirigeant du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon et le député européen écologiste José Bové.

Le projet de barrage-réservoir de 1,5 million de m3 d'eau stockée fait de plus en plus figure de "Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest", en référence au site de Loire-Atlantique où une importante mobilisation a provoqué le gel en 2012 de la construction d'un nouvel aéroport. Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les heurts et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier. Le projet de retenue d'eau est soutenu par le conseil général du Tarn, qui le juge indispensable pour irriguer les terres agricoles. Mais les opposants dénoncent un projet coûteux destiné, selon eux, à un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive.  Dans un communiqué, le collectif de défense de la zone humide du Testet a demandé dimanche soir au préfet du Tarn de "suspendre" le chantier du barrage pour "favoriser l'apaisement" et "respecter le temps de deuil de la famille".

 

Source AFP

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