Un matelas en bois tout confort pour les vaches

Patricia Olivieri

Il faut compter une demi-journée pour un chantier de broyage en incluant la préparation des branchages.
Il faut compter une demi-journée pour un chantier de broyage en incluant la préparation des branchages.

Avec un prix de la paille qui s’est envolé l’été dernier, des éleveurs sont tentés de valoriser les bois de l’exploitation en litière. Une technique en cours d’étude à la Chambre d’agriculture.

 

En piquets de clôture, bardage de bâtiments, plaquettes pour la chaudière, et plus anecdotiquement composante de la gerle des producteurs salers... : les utilisations et vertus du bois ne sont plus à démontrer et sans doute pas encore toutes exploitées dans le monde agricole. Un sujet sur lequel planche actuellement Benoît Serre, en licence professionnelle “Expertise agroenvironnementale - conduite de projets” à l’IUT d’Aurillac, et chargé par la Chambre d’agriculture d’explorer les potentialités de l’utilisation du bois déchiqueté comme litière en élevage dans le cadre de son stage de fin de cycle. À ce jour, seule une petite quinzaine d’agriculteurs cantaliens ont recours à ce matériau de substitution de la paille. Certains depuis quelques années déjà - des précurseurs dans le secteur de Siran, Mourjou, proches de la Cuma Déchiqu’Bois - tandis que d’autres ont exploré récemment cette pratique ayant suscité un regain d’intérêt suite à la pénurie de paille consécutive à la sécheresse de 2011 et à la flambée de son prix.

Une production qui pourrait doubler

 

“Au départ, les premiers à s’y intéresser cherchaient une valorisation du bois de leur exploitation comme combustible à chaudière, explique le jeune homme originaire de Mauriac. Ensuite le développement s’est fait avec la mise en place des Cuma ou de privés, qui se sont équipés en déchiqueteuse, et de pair avec le développement de la plaquette”. Au total, le stagiaire a recensé sept prestataires capables de transformer localement le bois d’exploitation en litière : la Cuma Déchiqu’Bois qui peut intervenir sur l’ensemble du territoire cantalien, l’entreprise de travaux Puech à Marcolès ainsi que des Cuma et opérateurs limitrophes du département dont la Sicaseli (Lot). “L’ensemble de ces entreprises sont loin d’être à 100 % de leur capacité, relève Daniel Bélard, maître de stage de Benoît. Il y a de vraies perspectives de développement que ce soit en plaquettes standard ou en bois déchiqueté”. Selon le conseiller du service bâtiment ces prestataires pourraient facilement doubler leur capacité de production. D’autant que cette pratique présente moults avantages à commencer par une économie des quantités de paille litière estimée entre 20 et 50 % selon le rationnement. “En moyenne c’est un tiers d’économie sans compter le gain de travail, de temps et d’utilisation de matériel du fait d’un paillage économisé durant trois semaines”, précise Benoît Serre, qui a audité les éleveurs ayant trusté en partie la paille de céréales pour une litière bois. Placés sous la paille sur une épaisseur de 10 cm, les copeaux permettent un drainage efficace de la litière. Ainsi, la paille reste sèche plus longtemps en surface ce qui permet de renouveler le paillage moins souvent et d’améliorer la propreté des animaux. Cependant, la paille reste indispensable pour le confort des animaux et pour le maintien de la chaleur en hiver.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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