Un "plan national d'action" pour les abeilles présenté en conseil des ministres

Un "plan national d'action" pour les abeilles présenté en conseil des ministres

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a présenté mercredi en conseil des ministres un "plan national d'action" en faveur des abeilles et pollinisateurs sauvages. La France va notamment engager "une démarche" pour que le moratoire partiel européen sur les néonicotinoïdes soit reconduit et étendu.

"S'il n'y a plus de pollinisateurs en France, qui dans certaines régions ont baissé de 40%, il n'y aura plus de fleurs, il n'y aura plus de fruits. (...) La nature rend des services gratuits. On estime à 1 milliard et demi (d'euros par an) la valeur des services rendus par les abeilles, les papillons, les pollinisateurs sauvages", a déclaré Ségolène Royal à l'issue du conseil.

Le plan "France, terre de pollinisateurs" prévoit notamment de généraliser aux 12.000 kilomètres du réseau routier national non concédé le fauchage tardif et les jachères fleuries. Cette pratique a été expérimentée pendant trois ans sur les bordures vertes des accotements routiers et autoroutiers et a abouti à une augmentation de 30% de la diversité des insectes pollinisateurs. Ce plan, l'une des mesures d'accompagnement du projet de loi sur la biodiversité adopté en mars, en première lecture, par l'Assemblée nationale, prévoit aussi l'installation de 5.000 gîtes à insectes et ruchers en partenariat avec les collectivités.    

Trois fois moins de miel depuis 1995      

La France "engage" par ailleurs une "démarche" pour obtenir l'"extension" du moratoire partiel européen à "l'ensemble des pesticides néonicotinoïdes". En décembre 2013, l'Union européenne a imposé pour deux ans un moratoire partiel sur trois types de néonicotinoïdes.    Selon un rapport du Conseil européen des académies des sciences, les néonicotinoïdes ont des effets négatifs sur la faune, l'eau et les sols. Certaines publications montrent une toxicité pour l'homme, rappelle le ministère de l'Ecologie.

L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) va être saisie pour déterminer "quelles nouvelles interdictions appliquer en France et dans quel calendrier, en prenant en compte les réévaluations européennes". La ministre demande également "l'accélération de la réévaluation scientifique" de l'impact de ces pesticides par l'Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (AESA).

L'ancienne ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a déploré que le gouvernement n'ait pas décidé un moratoire sur les néonicotinoïdes. Contre l'avis du gouvernement, l'Assemblée nationale avait voté le 19 mars l'interdiction, à compter de janvier 2016, des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, via un amendement des socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho. M. Bapt a vu dans la volonté affichée par le gouvernement d'obtenir une extension du moratoire européen "une avancée", même s'il reste notamment "à voir les modalités d'application"

En 2014, la mortalité des abeilles a atteint 50 à 80%

La Fondation Nicolas Hulot et l'ONG Générations Futures ont noté "l'engagement de la France pour un moratoire sur l'ensemble des substances au niveau UE". Mais, estiment-elles, "les mesures présentées restent en-deçà de l'enjeu sanitaire et environnemental posé par ce type de substances en France". La Fondation Hulot avait réclamé fin avril "des décisions d'urgence" face à "à cette urgence sanitaire et environnementale". L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) a accueilli "favorablement les actions annoncées". Elle "attend néanmoins des précisions pour évaluer l'ampleur des avancées pour la santé des abeilles" et souhaite rencontrer la ministre au sujet des mesures annoncées.

Selon l'Unaf, en 2014, la mortalité des abeilles a atteint 50 à 80% dans de nombreuses zones des grandes régions de production françaises, contre 5% avant l'arrivée dans les années 90 de pesticides comme les néonicotinoïdes. La production de miel (10.000 tonnes), "divisée par trois depuis 1995", a été la plus faible de l'histoire de l'apiculture française.

Source AFP

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Commentaires 8

Moncom

Alors là tout est dit ! En effet, pour les ondes qui se multiplient partout, nous avions entendu un scientifique sur ARTE dire qu'elles sont très néfastes pour les abeilles ! c'est même logique !

@chomeur

les pollueurs donc tu invites a faire payer les consommateurs puisqu'il est certain que ceux ci ne sont pas pres a payer le prix d'une agriculture sans pesticides puisqu ils se ruent les produits issus de l'agriculture conventionnelle et meme parfois pire de l'etranger , non polluer ailleurs ce n'est pas moins grave , c'est bien simple prenons la chaine en entier , payer a leur juste prix le lait la viande..... et il y aura plus de prairie et donc de diversité, payer + cher l'eleveur et favoriser la proteine francaise , ca fera d'autres cultures comme le pois la feves, le soja et de la diversité , plutot que de pondre des usines a gaz , imposer aux agri plutot que des sie , 5% de luzerne ou de trefle ou melanges de legumineuses broyé pendant 2 ans ou 3 ( la 1ere coupe broyée tot pour maitriser les graminées , la seconde bien apres floraison pour les pollinisateurs) ca coupera la rotation utilement , ca apportera de l'azote , gerera l'enherbement et en plus en cas de secheresse il y a un stock de foin pour les eleveurs
on veut faire porter le chapeau au paysan mais le coupable est bien le consommateur
on le sait que ce n'est pas la prinicpale cause, en 20ans la production a baissé alors que dans le meme temps , les pesticides les plus dangereux ont été retirés ....
non c'est evidemment pluri factoriel et si les pesticides les plus dangereux ont été arretés depuis 20ans , qu'est qui a explosé depuis 20ans?????????? les ondes les telephones portables...mais pensez vous qu'on dise au con de paysan tu es le coupable c'est facile mais dire aux CONsommateurs on arrete le portable ah les geek et autres incapables vont bondir
quant aux autres facteurs , que les apiculteurs se remettent en cause , la selection d'abeille de competition pour faire de gros tonnage , les prim holstein de ruche , des betes au 100m mais pas rustiques pour un sous , revoyez la selection j'ai des amis qui travail avec des abeilles sauvages ils constatent tres peu de chute de rendement ou de disparition d abeille , mais bon allez dire aux industriels de l'abeille , c comme dire a un beauceron qu'ils utilisent trop de pesticides
ensuite aux eleverus d'abeille , la maitrise mediocre de varroa, l injection d'insecticides dans les ruches , ensuite toujours pour les apiculteurs qui se planquent derriere leur image de gentil defenseur d'abeille l'alimentation hivernale de tres mediocre qualité
et on peut ajouter le frelon asiatique et bien d'autres choses
que els defenseurs des abailles proposent immediatement l'arret de toutes ondes pendant 5 ans pour voir , je parie que ca changera tout

TISSU1413

L'essaimage est le mode de reproduction des abeilles.
Qu'en pense les apiculteurs sur leur récolte de miel?
J'ai entendu et lu qu'ils sélectionnaient des reines qui essaiment moins pour avoir une meilleure récolte de miel. Si c'est vrai, qu'en pensez-vous?

Bim

Sacré citadin toujours a taper sur les paysans pollueurs et assassins qui ne servent qua leur produire de la nourriture au faite la chute de production de miel dans les annees 90 arrive en meme temps que l émergence les téléphones portables et de toutes ses ondes peut etre un lien embêtant mon petit chômiel

politic

tous les apiculteurs ne se plaignent pas. j'en connais qui n'ont pas plus de mortalité que ça mais....ils ont des abeilles locales pas des abeilles productivistes d'Europe de l'est

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