Un sourcier au secours du bon sens

C.Dubarry

Un sourcier au secours du bon sens
Jean-Baptiste Brun a identifié trois sources distinctes. - C.Dubarry

La FDSEA a fait appel à un radiesthésiste pour déterminer d’où vient l’eau du captage en cause sur Allanche.

Si depuis des mois, le classement de 18 communes cantaliennes en zone vulnérable est jugé aberrant par l’ensemble des représentants agricoles, celui d’Allanche est devenu à lui seul le symbole de l’absurdité d’un scénario aussi improbable que lourd de conséquences pour les exploitants locaux. Située à plus de 1 000 mètres d’altitude, la commune du Cézallier ne compte en effet que quelques élevages extensifs sur des prairies qui n’ont jamais été concernées de près ou de loin par le moindre épandage. Comment expliquer dans ces conditions que le captage, sur la base duquel Allanche a été ciblée par le projet de zonage au titre de la directive Nitrates, dépasse le seuil fixé ?

Définir le circuit de l’eau…

 

Pour répondre à cette question, la FDSEA a décidé de prendre le taureau par les cornes et de tracer l’origine exacte de l’eau analysée en faisant appel à Jean-Baptiste Brun, un sourcier réputé pour ses compétences bien au-delà des frontières du Cantal. Mardi 23 décembre sous un soleil radieux, une petite délégation composée du responsable cantonal de la FDSEA, Hubert Marcombe, de l’animatrice Marine Lemasson, de Gilles Amat de la Chambre d’agriculture et de quelques agriculteurs, s’est donc rendue sur le site de captage de Piquemeule, au nord du bourg. Partant de la canalisation principale un pendule à la main, le vigoureux radiesthésiste  de 76 ans a facilement identifié et suivi sur plusieurs centaines de mètres les trois cours d’eau souterrains qui alimentent le point de captage jusqu’à désigner l’emplacement de leur source. Capable d’en estimer la profondeur ou encore le débit, Jean Baptiste-Brun s’est montré formel : “Deux des sources que nous recherchons sont situées dans des estives. L’eau circule à bonne profondeur, bien loin des exploitations agricoles d’Allanche. Le cours d’eau le plus important provient quant à lui de la montagne d’en face, à des kilomètres d’ici.”

… et l’origine des nitrates !

Après deux heures passées en compagnie du sourcier, Hubert Marcombe et Gilles Amat font le même constat : “On voit bien que les trois cours d’eau qui alimentent le point de captage ne parcourent guère que des pâturages ou des bois, ce qui laisse à penser que les nitrates qui ont été détectés sont d’origine organique. Nous sommes sur des territoires volcaniques très riches en matière organique, à hauteur de 15 % environ, qui évolue et se transforme à un moment donné en nitrates grâce aux agents microbiens qui sont dans le sol.” Si cette hypothèse venait à être confirmée officiellement, les agriculteurs ne pourraient plus être tenus pour responsables d la pollution et le classement de la commune en zone vulnérable devrait être écarté. Une décision pour laquelle la FDSEA et l’ensemble des agriculteurs du canton d’Allanche comptent bien continuer de se battre aussi longtemps que nécessaire.

 

Retrouvez ce sujet en vidéo sur le site de L'Union du Cantal.

 

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