Une Acca par commune, pour que vive une chasse populaire

Renaud Saint-André

Samedi 12 avril, la Fédération départementale des chasseurs tenait son assemblée, sous la présidence de Jean-Pierre Picard qui a invité le responsable national des Acca. 

Le président Jean-Pierre Picard (ici aux côtés du directeur fédéral Jean Nicolaudie) avait invité Christian Lagalice (à droite). 

Le Cantal compte autant d’Associations communales de chasse agréées (Acca) que de communes : 260 ! Le président de l’association nationale des fédérations départementales des chasseurs à Acca, Christian Lagalice, s’est livré, samedi matin à l’assemblée générale des chasseurs du Cantal, à un véritable plaidoyer en faveur d’une “chasse populaire”, à l’occasion du cinquantenaire de la loi Verdeille(1). Et le terme de populaire n’est pas choisi au hasard : il recoupe un nombre important d’adhérents, un coût accessible, une proximité et une connaissance du territoire, mais aussi une facilité d’accès social. “Et si le propriétaire perd son droit exclusif de chasse au profit du collectif, ce même propriétaire ne doit pas oublier qu’il a aussi le droit de chasser chez son voisin”, argumente encore Christian Lagalice. Pour autant, il convient qu’il faut dans ce principe rester à l’écoute des propriétaires fonciers, respecter les terrains et leurs équipements, cohabiter au mieux avec d’autres usagers, comme les promeneurs, etc. “Il nous faut aussi coopérer avec les maires qui de part leur fonction sont aussi les représentants de la forêt privée. Des échanges qui peuvent être utiles au moment de la rédaction d’un plan d’urbanisme, avec des chasseurs qui, mieux que personne, connaissent le territoire communal.”  Tourné vers l’avenir, le président de l’association nationale des fédérations départementales à Acca, évoque quelques pistes à suivre pour que perdurent ces structures : “Il nous faut agir pour ouvrir davantage nos associations vers l’extérieur : chasseurs d’autres territoires, jeunes, non-chasseurs, propriétaires. Nous devons pouvoir jouer un rôle de sociabilité, notamment dans les communes qui n’ont plus de tissu associatif.”

Faire face à la baisse démographique

Mais à l’heure de l’intercommunalité, Christian Lagalice sait aussi que l’échelle la plus pertinente - y compris pour la gestion du grand gibier -dépasse celle de la simple commune. S’il n’a pas fait référence à des associations intercommunales uniques, en revanche il a bien évoqué l’idée d’Aica regroupant plusieurs Acca conservant leurs identités propres. Sur ce modèle, le Cantal compte 16 regroupements d’associations. Il faudra pourtant tôt ou tard parler de “fusion”, par nécessité, certaines associations - toutes créées entre 1964 et 1983 - n’ayant plus les six membres nécessaires à leur fonctionnement officiel. Des textes pourraient permettre d’y voir plus clair, mais à cette heure, ils ne sont toujours pas édités. 

(1) Là où se crée une Acca, tout propriétaire foncier devient d’office membre de l’association et doit faire un apport forcé de son terrain au domaine de chasse communal.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier