Une assemblée générale agitée jusqu'à l'appel à l'unité

Renaud Saint-André

L'assemblée générale qui, dans le Cantal, réunit le plus de participants, s'est avérée une de celles qui divisent le plus ses membres. En cause : la gestion du lièvre.

'“ordinaire”, l'assemblée générale de la Fédération départementale des chasseurs du Cantal n'en avait que le nom. émaillée en effet par des contestations relatives au plan de chasse engagé sur le lièvre. Des frondeurs qui se sont constitués en association et qui, ce dimanche 19 avril, se sont déplacés en nombre à ce grand rendez-vous annuel. “Dépassez les conflits, au nom de l'espace naturel”, a plaidé d'emblée Nicole Loubeyre, adjointe au maire d'Aurillac. En vain. Dès le sujet du lièvre abordé par le président Jean-Pierre Picard, des premiers sifflets se sont fait entendre du fond de la salle. Le long débat qui a suivi a démontré une profonde incompréhension entre les uns et les autres.

Le principal point d'achoppement

Le préfet avait instauré l'an dernier un prélèvement maximum autorisé (PMA) d'un lièvre par an et par chasseur sur l'ensemble du territoire. L'Association départementale des chasseurs cantaliens responsables et solidaires (ADCCRS) réclame depuis une gestion plus souple, prenant en compte les spécificités différentes de chacun des territoires de chasse. Dans les voeux soumis au vote, les propositions formulées par la fédération semblent, globalement, aller dans le sens des souhaits de l'association : “Êtes-vous favorable à un plan de gestion du lièvre ?”, mis en place par les responsables des territoires de chasse et basé leurs demandes, éventuellement revues par la Fédération et l'administration en cas de demandes disproportionnées ? Pourtant, le président de l'association, Robert Lafont (en médaillon ci-dessus), a appelé à voter “non” à cette résolution... et à quelques autres. Il faut dire que les décisions prises engageront la chasse dans le Cantal pour six ans, dans le cadre d'un schéma départemental. Les sympathisants de l'ADCCRS n'ont pas manqué de faire valoir leurs divergences vis-à-vis de la politique fédérale.“Des poils sur les oeufs”, selon les propres termes du président Picard. Un désaccord sur quelques chiffres, et les uns et les autres ont fini par se traiter mutuellement de “malhonnêtes”, jusqu'à ce que, dérogeant au protocole, le préfet n'intervienne. “Respectez-vous, de grâce. Vous donnez une image déplorable de la chasse”, finit-il par lâcher, excédé. “Ne vous laissez pas emporter par la passion”, conseille à son tour le responsable de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, édouard Touraille, en témoignant d'incivilités relevées sur le terrain au sein même de la communauté des chasseurs, entre associations locales.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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