Une éclaircie pour les agriculteurs méthaniseurs ?

Lise Monteillet

Une éclaircie pour les agriculteurs méthaniseurs ?
Signature de la charte.

Les agriculteurs méthaniseurs ont obtenu des avancées pour développer leur filière, en proie à de sérieuses difficultés économiques, réglementaires et fiscales.

Une nouvelle charte

L’AAMF a lancé une charte des bonnes pratiques en méthanisation, à l’occasion de son assemblée générale, le 21 juin au ministère de l’Écologie. Celle-ci a été signée par Ségolène Royal et Stéphane Le Foll. 

Avec 121 méthaniseurs en activité et 11 unités en construction sur le territoire français, on est encore loin de l’objectif ambitieux fixé à 1000 méthaniseurs en 2020. « On est dans le tempo », estime cependant Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, précisant qu’il ne faut pas « flancher ». Un sentiment partagé par Alain Guillaume, le président de l’association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF). Celui-ci affirme que la filière est sur une « nouvelle case départ », bien qu’il demeure encore des « freins à lever ».

Après plusieurs mois de marasme, une pointe d’optimisme semble de retour dans les rangs des agriculteurs méthaniseurs. Fin 2014, l’AAMF avait alerté les pouvoirs publics sur le défaut de rentabilité des unités : -20 €/MWh de résultats nets. Les pionniers faisaient face, notamment, à des dispositifs tarifaires sous-évalués, à des coûts d’exploitation considérables et se révélaient soumis à des taxes locales inadaptées.  Depuis, des avancées notables ont été obtenues par les agriculteurs méthaniseurs, répondant à presque toutes leurs attentes.

Des mesures attendues

Il reste néanmoins « un nœud » dans la filière, selon Alain Guillaume : l’allongement de la durée des contrats de 15 à 20 ans pour les installations existantes. Cette mesure pourrait donner un nouveau souffle aux exploitants.

La publication des nouveaux tarifs 2016 et d’un décret « cultures », autorisant 15 % de cultures principales dans la ration totale d’un méthaniseur, sont aussi très attendues par les professionnels. 

Mutualisation des compétences

Les premières unités, calquées sur le modèle allemand, ne sont pas toujours adaptées aux spécificités de l’agriculture française, notamment à l’utilisation d’effluents d’élevage. Elles nécessitent une mise à niveau technique. Les nouveaux porteurs de projet bénéficient, pour leur part, du parrainage des anciens au sein de l'association, ce qui les aide dans leurs choix d'équipements. L'AAMF répond ainsi au souhait de Stéphane le Foll, invitant les pionniers de la méthanisation à « devenir des ambassadeurs »

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