Une installation à la force de la volonté

Christian Fournier

Une installation à la force de la volonté
Une installation qui témoigne de la force de la famille.

Grégory Daude est installé depuis l’an dernier en Gaec avec sa mère, Solange au Croizet des Ternes. Une installation pas comme les autres…

À la suite d’un accident de moto en 2004, le jeune homme a en effet perdu l’usage de ses jambes et commence alors pour lui, une vraie épreuve. Lui qui se destinait au métier d’ébéniste y renonce et accomplit un an de rééducation, un temps où il réfléchit à son avenir. Il poursuit ses études et obtient un BTS à Aurillac en industrie agro alimentaire. Son idée est de s’installer en agriculture, et, “au début, avoue Solange Daude, sa mère, je n’étais pas trop pour : les difficultés de l’exploitation sont bel et bien réelles, mais Greg a toujours aimé la ferme et le contact des animaux ne peut lui faire que du bien.” Après mure réflexion, la famille a décidé : tous soutiendront son projet et se battront pour qu’il surmonte le handicap. La barre est placée haut mais la famille, père, mère et frères, est soudée pour qu’il réussisse.

Un projet de 480 000 euros
“Aujourd’hui, se consacrer à l’exploitation lui a permis de remonter la pente” considère Solange, et les projets ne manquent pas. Le premier a été de faire construire un bâtiment en bois de 480 000 € qui s’intègre fort bien au village et qui sera sous peu opérationnel. Le frère aîné de Grégory, Anthony, y a réalisé électricité et plomberie. Une stabulation libre pour 49 animaux spécialement conçue pour répondre aux besoins du jeune homme et qu’il puisse y travailler seul. Pas de poteaux, tout de plain- pied, Grégory peut ainsi accéder à l’ensemble des postes en fauteuil roulant, grâce à des plans inclinés et à la future salle de traite surélevée qui lui permettra d’assurer ce travail. Les tapis pour les vaches éviteront le paillage et, toujours dans l’esprit de rationaliser les tâches pour Grégory, le raclage est automatique. Le Gaec est doté d’une référence de 380 000 litres de lait (AOP cantal, fourme d’Ambert bleu d’Auvergne) avec 38 montbéliardes non comptées les génisses de renouvellement mais il n’en a pas toujours été ainsi. Solange a démarré en 1990 en individuel avec 80 000 litres(1) et depuis, bien du chemin a donc été accompli. Grégory peut quasiment tout faire dans l’exploitation et, quand on lui demande quelle est la chose la plus difficile pour lui à faire, la réponse est : “Il y a toujours une solution !”

Cette volonté impressionne. Elle est aussi le moteur de l’entreprise. Pour autant, l’opération ne s’est pas déroulée sans mal : “Si le projet de Grégory a été reconnu sans problème par la Chambre d’agriculture, la banque, le permis de construire du bâtiment a par contre été difficile à obtenir auprès de la mairie… Grégory accomplit aujourd’hui tous les travaux qu’il y a à faire. Les vaches sont nourries à l’herbe avec une devise : “Faire le plus possible de lait au meilleur prix.” Pour l’heure, c’est Solange qui s’occupe de la traite car l’ancien bâtiment entravé accueille encore les vaches mais, sous peu, elles intègreront le nouveau bâtiment et l’ancien sera réaménagé pour que Grégory puisse aussi y travailler. Enfin, un projet de transformation anime toute la famille. Solange qui a exercé dans la pâtisserie produira de la glace à l’ancienne, entièrement au lait grâce à ses recettes. Ce sera un complément de revenus mais, attention, “il faut que cela reste un plaisir” considère-t-elle. Le dossier est monté. L’unité prendra place dans le bâtiment pour une production au printemps prochain. Nous allons pour cela entrer à “Bienvenue à la ferme”. Quant à Grégory, il est pour sa mère “fier et heureux de son projet… De voir qu’il y arrive.”

(1) Sur une SAU de 80 ha dont la moitié en location, l’autre, en propriété.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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