Une méthode membranaire pour diminuer les éthyls-phénols

Données recueillies par Mathilde Leclercq

Une méthode membranaire pour diminuer les éthyls-phénols
En moyenne, les résultats ont montré une baisse de l'ordre de 90 % de la teneur en phénols volatils des vins altérés. - © P. Cronenberger

L'Union Européenne vient de valider l'emploi des traitements membranaires pour diminuer la teneur en éthyls-phénols des vins altérés. Ils sont utilisables depuis fin septembre. Le point sur les dispositifs actuellement disponibles sur le marché.

Deux constructeurs proposent des matériels visant à diminuer le taux de phénols volatils dans les vins, basés sur un même mode de fonctionnement. Dans un premier temps, le vin subit une nano-filtration, qui permet d'extraire une fraction riche en éthyls-phénols. Le perméat ainsi obtenu traverse une colonne adsorbante de charbon actif, qui capte les phénols volatils. La fraction purifiée peut ensuite être réintroduite dans le vin de départ. La durée de l'opération dépend de trois paramètres : la teneur initiale en éthyls-phénols, le volume de vin et la capacité de traitement des appareils utilisés.

Une méthode membranaire pour diminuer les éthyls-phénols

1 - La gamme Flavy de Bucher Vaslin

Bucher Vaslin propose six osmoseurs, Flavy ML, dont les débits de traitements varient entre 200 litres à l'heure pour le ML-X2 et 1200 litres par heure pour le ML-X12. Le filtre (Flavy EP), en revanche, ne change pas, puisqu'il supporte un débit maximal de 1 000 litres par heure. Il est équipé d'un manomètre de pression et d'un robinet dégustateur à la sortie du perméat traité. Il faut compter entre 34 et 58 000 euros pour l'équipement complet, contre 4 300 euros pour le Flavy EP seul, livré avec 50 kilos d'adsorbant.

Une méthode membranaire pour diminuer les éthyls-phénols

2 - Les osmoseurs et filtres à phénols de Michael Paetzold

Michael Paetzold propose également une solution de traitement des éthyls-phénols. La gamme d'osmoseurs présente des débits allant de 400 à 1200 litres à l'heure. Le constructeur propose différents filtres à phénols pouvant s'adapter aux concentrateurs, leur débit varie entre 300 et 1500 litres par heure. Le coût de l'équipement complet se situe entre 30 et 80 000 euros et le prix des filtres, livrés avec 40 kilos d'adsorbant, démarre à 4500 euros. En attendant d'investir, le process développé par Michael Paetzold est disponible en prestation.

Les essais menés par Inter-Rhône ont montré l'efficacité de cette méthode. Différents vins ont été testés, présentant des concentrations en éthyls-phénols comprises entre 700 et 4500 µg/l. En moyenne, les résultats ont montré une baisse de l'ordre de 90 % de la teneur en phénols volatils. Les analyses oenologiques n'ont montré aucun impact significatif sur les autres composés du vin, excepté sur certaines molécules aromatiques. « On observe un impact en termes de molécules mais cet effet n'est pas confirmé lors des dégustations. On enlève un masque aromatique, ce qui permet de récupérer du fruit et de la complexité », explique Patrick Vuchot, directeur de l'Institut Rhodanien. Cependant, lors des dégustations organisées par Inter-Rhône, les vins non phénolés ont toujours été préférés aux vins traités par méthode membranaire. « Cette méthode n'est pas neutre à 100 %, rappelle Patrick Vuchot. Elle permet de remettre un vin sur les rails mais elle ne permet pas d'oublier les Bretts pour autant. Un vin phénolé, même si on diminue de manière notable sa teneur en éthyls-phénols, sera toujours en dessous d'un vin non altéré. Ce n'est pas parce qu'on dispose maintenant d'un moyen curatif qu'il faut délaisser la prévention. »

Source Réussir vigne

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