Une nuit pour promouvoir l’agroécologie auprès du grand public

Lise Monteillet

Une nuit pour promouvoir l’agroécologie auprès du grand public

Dans toute la France, environ 110 évènements étaient organisés à l’occasion de la nuit de l’agroécologie, le 23 juin. Une soirée à l’initiative du ministère de l’agriculture, consacrée à des « débats citoyens autour de l’agriculture ».

Le pari de rassembler agriculteurs et citoyens, le temps d’une soirée, semble gagné pour Stéphane Le Foll, surfant sur la vague « Nuit Debout ». Néanmoins, l’évènement aura laissé de marbre une partie de la profession, à l’image de cet internaute réagissant sur Facebook : « Le Foll, occupe-toi de la crise de l’élevage au lieu de parler de l’agroécologie... »

Visite de François Hollande

La rencontre la plus emblématique s’est déroulée dans les jardins du ministère de l’Agriculture. Des ateliers-débats étaient organisés sur la conservation des sols, l’agroforesterie, les bonnes pratiques d’élevage, le biocontrôle et la place du collectif. Les participants ont reçu la visite de François Hollande, qui a échangé avec les élèves d’établissements agricoles et les agriculteurs invités à témoigner.

« Les choses bougent »

« Dans le domaine de l’agriculture, les choses bougent », selon Stéphane Le Foll. Il a rappelé les chantiers en cours : « la reconnaissance de l’agroécologie » à travers la création d’un label ou d’un certificat, ainsi que la définition de critères pour « objectiver » ce concept : couverture des sols, taux de matière organique, biodiversité des sols…

Un discours entendu par les agriculteurs présents, qualifiés de « pionniers » par le ministre de l’Agriculture. Au détour d’un stand, Julien Bedu, agriculteur dans la Nièvre, racontait son parcours : la plantation cet hiver de 6000 arbres sur 150 hectares, avec un collègue éleveur. Ils ont axé leur assolement sur diverses légumineuses pour « engraisser des broutards et produire une viande riche en oméga 3 ».

 

 « Lever les freins techniques »

Christophe Naudin, représentant l’Apad* Sud bassin parisien, s’est lancé dans l’agriculture de conservation des sols en 2014, en adoptant le semis direct sous couvert. Il fait partie d’un GIEE de 10 agriculteurs pour « lever les derniers freins techniques », en sélectionnant les variétés les plus adaptées, en testant des couverts et en cherchant des moyens de régulation du campagnol. « L’agroécologie, c’est très bien mais il ne faudrait pas que cela tombe dans l’oubli, après le départ de Stéphane Le Foll », estime-t-il.

Agriculteur-chercheur

Jean-Marc Burette, éleveur laitier dans le Pas de Calais, a présenté sa philosophie : « des sols en bonne santé pour des animaux en bonne santé ». Il a réduit le recours aux médicaments sur ses 66 vaches laitières, en guérissant par exemple 1 mammite sur 3 avec des huiles essentielles. L’agriculteur consacre aussi tous les ans une part de son budget à la recherche-développement. Sauf cette année, à cause de la crise. Selon lui, pourtant, rien de mieux que l’expérimentation à la ferme pour trouver des solutions. Ce qu’il attend des pouvoirs publics ? « Je voudrais de l’accompagnement incitatif, pas des normes », conclut-il.

*association pour la promotion d'une agriculture durable

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