Une observation régulière pour un diagnostic précoce : une meilleure maîtrise des boiteries

Aurélien LEGRAND & Dr Didier GUERIN

Une observation régulière pour un diagnostic précoce : une meilleure maîtrise des boiteries

Diagnostic « spécial pieds » => Déformation des onglons, modification des aplombs, inconfort dans les déplacements constituent des critères d’alerte qui doivent faire réagir rapidement, d’où l’importance d’une observation adaptée.

Une observation régulière pour un diagnostic précoce : une meilleure maîtrise des boiteries

Le pied du bovin est fragile et sa santé peut se dégrader rapidement et de manière inéluctable une fois que les premières déformations sont initiées. Il convient donc d’intervenir rapidement pour guérir au plus vite la lésion qui s’annonce.

Repérer rapidement les vaches en inconfort avant qu’elles ne deviennent boiteuses  

Au niveau du pied, toute déformation, toute lésion initiée va s’aggraver dans le temps et déboucher sur une boiterie. Le temps de récupération après le parage sera fonction de l’importance de cette déformation ou de cette lésion qui est en lien direct avec le délai d’intervention. De plus, avec le temps, des complications peuvent survenir et compromettre la pleine récupération fonctionnelle. C’est pourquoi l’éleveur doit repérer rapidement les vaches en inconfort avant qu’elles ne deviennent boiteuses.  

Observer les onglons, les aplombs et la courbure du dos

Cela implique de détecter les signes d’alerte en effectuant une observation de l’animal à l’arrêt et en mouvement, il sera ainsi examiné :

  • Les onglons. L’irritation des tissus du pied entraîne une croissance en longueur et en épaisseur de la corne et de la sole en avant de l’os du pied qui explique l’allongement en pince, l’enroulement de la paroi sous la sole et sa convexité. Dès que des éléments de déformation apparaissent, une intervention est à programmer.
  • Les aplombs. Les changements de positionnement (vache qui piétine) et les aplombs modifiés représentent une alerte. Les aplombs peuvent être facilement observés aux cornadis. Vus de derrière, les membres postérieurs doivent être verticaux et parallèles. Plus les jarrets se resserrent et les onglons partent vers l’extérieur, plus les lésions risquent d’être sévères. Une vache qui se positionne en écartant systématiquement les pieds indique son inconfort.
  • La courbure du dos. La position du dos est en relation directe avec l’inconfort de l’animal. Une vache à l’aise sur ses pieds marche avec un dos plat. Toute courbure du dos constitue un signe d’alerte d’autant plus important que celle-ci augmente et est accompagnée de boiterie.

Des facteurs d’élevage (alimentation acidogène ou carencée, bâtiment mal conçu, aire d’exercice dégradée, hérédité…) ou des pathologies comme le fourchet, la dermatite digitée ou maladie de Mortellaro (cf. encadré) accentuent ce phénomène.

Intervenir dès les premiers signes, sélectionner les animaux à parer avec les pareurs deFarago Creuse

Dès qu’un signe d’alerte apparaît, une intervention est à programmer. Les pareurs de Farago Creuse peuvent vous aider à sélectionner les bovins nécessitant une intervention. Pour réaliser les parages, nous disposons d’une cage hydraulique, dotée d’équipements spécifiques : anti-recul, levage des pieds postérieurs et antérieurs, qui permet de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au respect du bien-être animal. En 2013, plus de 3.500 pieds ont été parés.Cette activité se répartie sur l’ensemble de l’année avec des pics à la mise à l’herbe. Pour réduire les délais et intervenir dans les meilleures conditions, anticipez,cela permet en plus de meilleurs résultats (précocité d’intervention), c’est une étape de la « Sanitaire’ Attitude ». Profitez de notre prochaine journée portes ouvertes du 15 mars prochain pour rencontrer vos pareurs et toute l’équipe.

La maladie de Mortellaro ou dermatite digitée

La dermatite digitée ou maladie de Mortellaro est une maladie contagieuse responsable de boiteries chez les bovins. Décrite en Italie, en 1974, elle s’est largement répandue dans les troupeaux bovins laitiers. Une fois introduite dans un troupeau, elle provoque des épisodes de boiteries et son éradication est quasi impossible. Cette maladie a d’importantes répercussions, tant sur le bien-être des animaux atteints que sur la productivité des exploitations.

A quoi est due cette maladie ?

La dermatite digitée est une maladie infectieuse multifactorielle. Elle implique des bactéries anaérobies du genre tréponème. Ces bactéries sont nécessaires pour que la maladie apparaisse mais elles ne produiront la maladie que dans certaines conditions : fragilisation de la peau digitée (sols humides, sales et/ou traumatisants) avec incapacité de l’hôte (la vache) à combattre l’infection (défaut de qualité de la barrière cutanée, et/ou de réponse immunitaire).

Comment la maladie se transmet-elle ?

La principale source des tréponèmes impliqués dans la dermatite digitée sont les lésions actives de dermatite digitée. La maladie est le plus souvent introduite dans un troupeau sain par l’achat d’un animal infecté. Si les conditions sont favorables, la maladie se propage par contact de proximité entre animal infecté et animal sain.

Une observation régulière pour un diagnostic précoce : une meilleure maîtrise des boiteries

Certains animaux sont-ils plus sensibles ?

Certaines vaches développent plus la maladie, du fait de différences anatomiques et/ou de différences dans la qualité de la réponse immunitaire. Les fortes productrices et les vaches de race Prim’Holstein sont plus sensibles. Certains stades physiologiques sont plus propices : primipares, pic de lactation.

Quelles sont les manifestations cliniques de cette maladie ?

Au début de la maladie, les animaux atteints ne présentent souvent aucun signe de boiterie. A ce stade, une inspection minutieuse des pieds révèle une petite lésion érosive circonscrite rosée, le plus souvent située sur les postérieurs à la jonction entre la peau et la corne des onglons. Puis, les manifestations cliniques vont de simples piétinements à une suppression d’appui. Le pied atteint dégage une odeur nauséabonde et des poils plus longs peuvent être présents, formant un cercle au dessus des talons. L’inspection du pied atteint révèle une lésion caractéristique : ulcération superficielle circonscrite de la peau digitée, rose à rouge avec parfois des plages beiges ou grises. D’abord lisse, la lésion devient granuleuse (aspect en framboise), puis des papilles filiformes apparaissent à sa surface. Dans les cas très avancés, les lésions peuvent prendre un aspect nodulaire.

Que peut-on faire pour prévenir et contrôler la dermatite digitée ?

La prévention et le contrôle de la dermatite digitée reposent les mesures suivantes :

  • Détecter par inspection des pieds tous les animaux toutes les 3 semaines sur le quai de salle de traite, par exemple.
  • Traiter précocement par pulvérisation d’antibiotique (tétracycline) sur les zones lésées.
  • Maintenir un sol propre et sec afin de favoriser la résistance de la barrière cutanée.
  • Faire un inventaire régulier (tous les 6 mois) sur l’ensemble du troupeau afin de programmer une intervention collective de parage préventif.
  • Contrôler les animaux à l’achat, en particulier pour les troupeaux encore indemnes.

La mise en place d’une désinfection régulière des pieds pourra aider au contrôle de la maladie, à condition qu’elle soit correctement réalisée. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations et pour vous équiper en pédiluves.

Source : UMT Maîtrise de la santé des troupeaux bovins. Dossier disponible à cette adresse : http://idele.fr/domaines-techniques/publication/idelesolr/recommends/la-dermatite-digitee.html

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Commentaires 2

bisounours

Gardez les vaches dedans sans exercices..
Le gds de la Creuse trouvera toujours une solution.

Soignons les conséquences , sans éliminer les causes :c'est cela le bon BIZNESS .

grigri

pediluve n'est pas la seule etmeilleure solution

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