Unité de méthanisation : Un projet qui se veut collectif

Guillaume de Werbier

Le projet d’unité de méthanisation de Derval rassemble agriculteurs, industriels, collectivités et enseignement scolaire autour d’un projet technique innovant.

Le 12 avril dernier, la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, la Communauté de communes du secteur de Derval, la société Sita Grand Ouest, le lycée agricole de Derval et des agriculteurs du territoire, créent l’association Derval Agri’Méthane.

Ces différents partenaires, qui travaillent ensemble depuis 2010, sont désormais réunis au sein d’une association, Derval Agri’Méthane, pour encadrer le portage du projet de construction (prise en charge par Sita Grand Ouest) d’une unité de méthanisation sur le site de la Ferme expérimentale de Derval. Cette initiative est conduite en parallèle du projet d’équipement aquatique intercommunal et l’extension de l’internat du lycée agricole de Derval.
Effectivement, il est prévu que le biogaz produit par cogénération soit valorisé soit sous forme de chaleur, avec le chauffage des bâtiments et des bassins de la future piscine, et avec le chauffage des locaux du lycée ; soit sous forme d’électricité, avec le raccordement de l’installation au réseau public de distribution de l’électricité et le contrat d’obligation d’achat d’une durée de 15 ans avec EDF AOA (Agence d’obligation d’achat).
Le gisement de substrats identifié sera majoritairement d’origine agricole, avec 60 % d’effluents d’élevage (lisier de bovins et porcs, fumier de bovins et volailles), et 40 % de co-substrats agro-industriels (bio-déchets, graisses, boues biologiques). À terme, l’objectif est de valoriser la partie fermentescible des déchets ménagers et les déchets verts de la Communauté de communes du secteur de Derval, ainsi que les déchets de restauration du lycée agricole.
Quant au digestat, produit par la méthanisation, il sera épandu sur les parcelles d’une dizaine d’exploitations situées dans un rayon de 5 km autour du site d’implantation de l’unité de méthanisation.

C’est d’ailleurs un des intérêts des agriculteurs impliqués dans le projet que de pouvoir échanger des effluents contre du digestat et récupérer un effluent fertilisant désodorisé, hygiénisé. Ils pourront dans le même temps diminuer leurs achats d’engrais azoté minéral et bénéficier d’un plan d’épandage établi et géré collectivement.

De son côté, la chambre d’agriculture va mettre en place des expérimentations visant à produire des références utiles, utilisables et utilisées par les agriculteurs qui s’interrogent sur la méthanisation. Elle en diffusera les résultats, à l’occasion de portes ouvertes, dans des publications ou lors de formation. La transposition de ce projet pilote à l’échelle des exploitations est une autre piste de travail envisagée.

En prenant part à ce projet, la Communauté de communes, pour sa part, entend diminuer la vulnérabilité énergétique du territoire en utilisant une énergie renouvelable produite localement. La baisse des émissions de gaz à effets de serre est un autre objectif pour la collectivité. Même ambition pour le lycée qui compte substituer une énergie renouvelable aux énergies fossiles utilisées jusqu’alors pour le chauffage et ainsi diminuer la dépendance énergétique de la structure.

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