Vacances : j’oublie tout (ou presque !)

Catherine Perrot

Pour les remplacements des éleveurs, c’est la traite des vaches qui constitue le facteur limitant. Fait relativement exceptionnel, la semaine dernière, deux salariés de l’association « Les trois vallées » faisaient trois remplacements à eux deux, soit trois traites par jour chacun…
Pour les remplacements des éleveurs, c’est la traite des vaches qui constitue le facteur limitant. Fait relativement exceptionnel, la semaine dernière, deux salariés de l’association « Les trois vallées » faisaient trois remplacements à eux deux, soit trois traites par jour chacun…

L’été, c’est naturellement la saison des vacances pour beaucoup de Français… Pour les agriculteurs, c’est un petit peu plus compliqué, souvent plus court et plus difficile à organiser que pour la majorité des gens, mais c’est possible !

Les vacances, cela con-cerne aussi les éleveurs ! Y compris ceux qui travaillent en exploitations individuelles ou en couple ! C’est en tout cas ce que pensent un certain nombre d’entre eux, dont Marie et Pierre-Yves Bouin, éleveurs de vaches laitières et de poulets label à Notre-Dame-des-Landes.
« Nous sommes toujours partis en vacances. Avant, c’était au moins une semaine l’hiver, et depuis plusieurs années, une semaine également l’été », commente Marie. « Le crédit d’impôt n’a rien changé à nos habitudes, mais c’est un plus, évidemment. Et sûrement que cela a incité certaines personnes à prendre des vacances » (voir encadré ci-dessous).
Les Bouin aiment partir loin, toujours au soleil, mais toujours aussi de l’aéroport de Nantes : « Comme nous ne partons qu’une semaine, nous ne voulons pas perdre de temps dans les transports », explique Pierre-Yves. Coup de chance, un grand nombre de destinations ensoleillées sont accessibles depuis Nantes : ces dernières années, le couple est allé en Crête, au Sénégal, en Sardaigne, aux Canaries, en Turquie, en Tunisie…

Lâcher prise en se faisant remplacer

« Dans notre travail, on est sérieux, on fait très attention à nos bêtes, mais une fois qu’on a fermé la porte, on oublie tout : on est en vacances ! » confient-ils. Condition sine qua non pour partir tranquilles : se faire remplacer sur l’exploitation !
Les Bouin sont adhérents depuis 25 ans de l’association de remplacement « Les trois vallées ». « On ne choisit pas notre remplaçant. Mais si c’est possible, ils nous mettront quelqu’un qui connaît déjà la ferme. Et puis nous savons que si jamais le remplaçant prévu est indisponible, l’association nous trouvera quelqu’un d’autre. » « On a confiance à 100 %. Nous laissons nos numéros de téléphone, pour rassurer le salarié. Mais on ne veut surtout pas qu’il nous appelle ! Et on ne l’appelle pas non plus ! »
Cependant, pour être sûr d’avoir un remplaçant, il est nécessaire de s’y prendre à l’avance. « Les premiers inscrits sont les premiers servis », explique Stéphane Launeau, l’un des deux chargés de planning de l’association « Les trois vallées ». « Cette semaine par exemple, a été très chargée, on a dû refuser des remplacements : des gens qui nous appellent seulement huit ou quinze jours à l’avance. » « Nous fonctionnons avec trois salariés à plein-temps, plus trois vacataires pour l’été, et c’est clair qu’il nous manque du monde l’été. » Cet été 2013 a d’ailleurs été particulièrement difficile : « Beaucoup de gens ont voulu partir en juillet, avant les battages… et puis au mois d’août aussi. » …
Les Bouin, qui partent souvent loin, s’y prennent toujours plusieurs mois à l’avance. Et s’organisent : « On s’arrange pour que cela tombe une semaine sans vêlages, et pour les volailles, en dehors du démarrage et de la finition. »
Depuis que leurs enfants sont grands, ils essayent aussi d’éviter les vacances scolaires. Marie et Pierre-Yves partiront cependant quelques jours en France, cette fois, la semaine prochaine : « On voulait partir cette semaine, mais cela n’a pas été possible. Alors, comme on n’avait rien réservé, on a décalé, il faut savoir composer… » C’est d’ailleurs dans le même esprit de faciliter leur remplacement qu’ils prennent toujours leurs « week-ends en milieu de semaine ».
Avec leurs deux semaines, plus un ou deux « week-ends » de milieu de semaine par an, on ne peut pas dire que les Bouin partent beaucoup en vacances ! Pourtant, ils constatent qu’ils sont plutôt dans la « barre haute » des agriculteurs. « C’est sans doute une question de génération », confie Marie, « nos parents ne partaient pas du tout en vacances, notre génération n’est pas encore très habituée à en prendre, mais je pense que les jeunes qui s’installent maintenant vont davantage le faire. Ne serait-ce que parce que leurs épouses travaillent souvent à l’extérieur. »
D’ailleurs, partir en vacances, c’est même bon… pour le travail ! Outre le fait que cela permet de se reposer et de redémarrer plus en forme, pour les Bouin, c’est aussi l’obligation de mettre un peu d’ordre dans l’exploitation, pour faciliter le travail du remplaçant : « Ça nous oblige à ranger ! » Et c’est aussi cela de gagné !

L’EFFET CRÉDIT D’IMPÔT

Le crédit d’impôt pour replacement des agriculteurs en congés est reconduit jusqu’au 31/12/2016, il permet une économie d’impôt de 50 % de la dépense de remplacement, jusqu’à 1 000 euros.
« Dans notre département, on a totalisé 45 255 heures de remplacement pour ce motif en 2012, soit un effectif de près 30 emplois équivalent plein temps annuel » explique Jean-Yves Henry, chargé de mission au Service de remplacement 44. Ce volume d’heure est en constante augmentation.

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