Vache dépecée à Donges : l’éleveur stupéfait et démuni

Jean-Philippe Arnaud

Macabre découverte : une génisse a été dépecée à quelques mètres seulement de l’exploitation.
Macabre découverte : une génisse a été dépecée à quelques mètres seulement de l’exploitation.

Les vols dans les exploitations agricoles sont monnaie courante. À Donges, le 19 octobre dernier, on a franchi un échelon dans la gravité puisqu’une vache a été dépecée pour sa viande.

«C’est en arrivant au bout de la route, à l’entrée de la ferme, que j’ai découvert les restes de la génisse ». En ce samedi 19 octobre, en milieu de matinée, Philippe Couvrand vient de faire une macabre découverte, dans la parcelle la plus proche de l’exploitation. Une de ses limousines, âgée de dix mois et la plus calme du troupeau, a en effet été dépecée sur place dans la nuit. Éleveur à Donges de Prim’holstein et de limousines, son exploitation est située juste au bord de la voie express reliant Savenay à Saint Nazaire, au lieu-dit les Six-Croix, une localisation exposée qui a pu favoriser le méfait.« J’ai très vite compris les raisons de la mort de l’animal car les quatre membres étaient sectionnés : au niveau des épaules pour les pattes avant, des cuisses pour les pattes arrière. Il ne restait plus que la tête, le tronc et la peau ».

Un acte prémédité

Les gendarmes ont fait le déplacement très rapidement pour relever des indices. Mais l’agriculteur a peu d’espoir que les forces de l’ordre mettent un jour la main sur les coupables. « Il n’y a presque pas de pistes », déplore-t-il.  « Des traces de pas auraient pu permettre d’avoir quelques preuves mais il a plu durant la nuit donc elles avaient disparu ». Il y a tout de même quelques certitudes. « La génisse a été égorgée près de la clôture avant d’être traînée huit mètres plus loin pour être découpée : pour déplacer un animal de 400 kilos, il faut être au moins trois personnes ». Quant au mode opératoire, il prouve que ce sont des spécialistes qui ont commis cet acte barbare. « Ce ne sont pas des gens qui sont venus sur un coup de tête pour un barbecue le lendemain », plaisante l’éleveur, pourtant amer. « Les gestes ont été très précis : il n’y a eu qu’un seul coup dans le cou pour tuer l’animal et la découpe a été faite parfaitement, avec du matériel approprié. Désosseur, c’est un métier, on ne fait pas cela avec une paire de ciseaux ». Autre élément troublant : le moment auquel l’acte a été commis. « Le laitier passe une nuit sur deux et ils ont justement choisi une nuit où il ne faisait pas sa tournée ». « Mais c’était aussi une nuit de pleine lune et à proximité d’éclairages publics, à moins de cent mètres des habitations et en plein week-end donc avec une circulation plus importante. On se dit qu’ils sont capables de tout ». La préméditation ne fait donc aucun doute dans cette histoire.

Démuni

Le préjudice se chiffre à environ mille euros. « Mais la perte est bien plus importante car mes génisses sont destinées à la reproduction », soupire Philippe Couvrand. En principe, l’éleveur sera indemnisé par son assurance mais ce n’est pas sa préoccupation première. La question qu’il se pose désormais est de savoir si cela va se reproduire. « Cela peut recommencer sans que je puisse me protéger », redoute-t-il. « On ne peut pas prendre de précautions particulières : comment surveiller des animaux dans des champs ? D’ailleurs, même des animaux en bâtiment ne sont pas à l’abri : c’est déjà arrivé à des animaux en stabulation ». Se pose aussi la question de la réaction face à un flagrant délit. « Que faire si on prend ce genre d’individus sur le fait ? On ne sait pas comment on peut réagir sur le coup. Mais il est certainement préférable de ne pas tomber dessus : jouer les héros pour finir entre quatre planches, je ne suis pas sûr que ça vaille le coup ».

Plus qu’un vol, un acte de cruauté

Philippe Couvrand est de nature souriante et sympathique. Mais cet événement le laisse à la fois perplexe et en colère. Car ce n’est pas la première fois qu’il subit un vol. « Déjà en juin, je me suis fait voler un bœuf laitier de neuf mois, exactement dans la même parcelle. Mais je ne suis pas le seul dans ce cas : énormément de maisons se font cambrioler dans la commune depuis quelques années, comme les chantiers d’ailleurs. On essaie de sécuriser au maximum mais je crains que l’on n’ait pas fini de payer des assurances. Dans mon cas, on a gravi un échelon. Subir un vol, on sait que cela peut arriver. Ce qui est nouveau, c’est l’acte de barbarie ».

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