Veau d'Aveyron et du Ségala : Sous le signe du renouveau

Eva DZ

Veau d'Aveyron et du Ségala : Sous le signe du renouveau

C'est une assemblée générale pas tout à fait ordinaire qu'a tenu l'Interprofession régionale du Veau d'Aveyron et du Ségala (IRVA), vendredi 13 mai. Georges Mazenc, directeur de la structure depuis 19 ans, a fait valoir ses droits à la retraite.

Beaucoup d'émotion pour Georges Mazenc qui assistait à sa dernière assemblée générale de l'IRVA. Embauché par les fondateurs de cette structure, Daniel Carrié et Pierre Bastide, depuis le 11 juin 1992, l'emblématique directeur de l'IRVA a tiré sa révérence. Patrick Mouysset, actuel président, l'a remercié pour son «implication», son «dévouement». «Georges a assuré toute la partie administrative pour mettre en oeuvre notre démarche qualité, il s'est battu comme les éleveurs pour obtenir le label rouge et l'IGP, un tournant décisif pour notre produit», a-t-il commenté. Patrick Mouysset cite le dernier exemple en date de l'implication de Georges Mazenc pour l'IRVA : «Les camions à l'effigie du Veau d'Aveyron et du Ségala sont une de ses idées, ils résument toute notre démarche». Et comme un clin d'oeil, les membres de l'IRVA ont offert à Georges Mazenc, un camion minitature Veau d'Aveyron et du Ségala !

La réussite d'une équipe

Daniel Carrié, président-fondateur de l'IRVA, a lui aussi salué le travail de son ancien directeur : «Georges a su réunir et rassembler les éleveurs d'une même filière. Des hommes ont porté les projets et aujourd'hui notre logo, notre produit sont une force pour demain». Jacques Poux, directeur de l'Irqualim est «marqué par la passion de Georges» qui, dit-il, «personnalise le Veau d'Aveyron et du Ségala partout en France» ! Tout ému de ces témoignages, Georges Mazenc a remercié toutes les personnes qui l'ont entourées pendant ses 19 ans à la direction de l'IRVA. «J'ai beaucoup appris à vos côtés et je me suis constitué un réseau d'amis», a-t-il confié. Mais, selon lui, l'IRVA c'est la réussite d'une équipe, d'un projet collectif. Ce fils d'éleveur de Veau d'Aveyron et du Ségala a certes vécu des moments difficiles (crises sanitaires,...) mais aussi des moments très heureux comme l'obtention des labels.
Depuis toujours, performance et nécessaire remise en question sont les leitmotiv de la démarche Veau d'Aveyron et du Ségala. Face aux nombreux enjeux (matières premières, sécheresse, nutrition, développement durable, croissance de la demande mondiale, enjeux sociétaux et territoriaux), la filière Veau d'Aveyron et du Ségala veut être à l'écoute de ses marchés et de la société. Car comme l'a expliqué Patrick Mouysset : «Rien n'est jamais acquis». Il a ainsi évoqué le dossier de l'appellation veau ou de la Spécialité traditionnelle garantie (STG) «veau élevé sous la mère» : «Il est nécessaire de se battre ensemble pour faire reconnaître notre appartenance légitime à ces appellations». Pour cela l'IRVA compte sur l'appui de la région Midi-Pyrénées, représentée par Régis Cailhol, des fédérations nationales et de l'Europe.

Redoubler d'énergie et d'exigences

Défendre et développer la qualité du Veau d'Aveyron et du Ségala sont donc une priorité pour l'IRVA. L'idée étant bien sûr de maintenir et de gagner de nouveaux marchés. «Nous redoublerons d'énergie et d'exigences pour que le Veau d'Aveyron et du Ségala poursuive sa réussite», a encouragé Patrick Mouysset. Et toute l'équipe constituée d'hommes et de femmes qui font la force de la filière peut s'appuyer sur des chiffres positifs. Ainsi, la production de Veau d'Aveyron et du Ségala maintient son nombre d'éleveurs. Ils sont 668 en 2011, les adhésions compensant les départs. L'Aveyron reste le département le plus important en nombre d'éleveurs (autour de 500) devant le Tarn et le Lot. De même la pyramide des âges des éleveurs est plutôt jeune : les deux tiers des éleveurs ont entre 30 et 50 ans et 35% ont moins de 40 ans.
L'activité est là aussi très encourageante. Elle se traduit d'abord par une progression des déclarations de naissance (30 243 en 2010 contre 28 841 en 2009 et déjà 25 027 en 2011). Ensuite par une belle hausse de 4,5% du nombre de veaux labellisés (Label rouge et IGP) entre 2009 et 2010. En 2010, 16 119 veaux ont été labellisés. «C'est un résultat vraiment très encourageant surtout lorsque l'on voit un marché du veau en général peu favorable», a commenté Patrick Mouysset. «Le Veau d'Aveyron et du Ségala a réussi à tirer son épingle du jeu». Et l'année 2011 semble partie sur le même rythme.

Communication

La complémentarité filière - éleveurs a permis de mettre en avant le Veau d'Aveyron et du Ségala sur le marché, estiment les responsables de l'IRVA. Le poids moyen carcasse des veaux s'élève à 227,5 kg avec un prix moyen de 5,20 euros. En 2010, 3645 tonnes équivalent carcasse ont été abattues pour la filière, les responsables de l'IRVA mettant en avant l'importance de bénéficier d'outils d'abattage de proximité. Comme en 2009, le volume de production commercialisé sous signe officiel de qualité se répartit pour 75% dans les GMS, 10% dans les boucheries artisanales, 5% dans les collectivités et 10% vers d'autres transformations. Dans les produits élaborés et abats, 325 tonnes concernent les surgelés Label Rouge et 25 tonnes le haché frais. Le conseil d'administration a validé une grille de prix du Veau d'Aveyron et du Ségala identique à celle de 2009. Enfin, comme en 2010, avec le soutien de la région Midi-Pyrénées et de l'Irqualim, l'IRVA mise sur la communication autour des animations en magasins par les éleveurs (300 en 2010), de la réalisation de documents publicitaires et des trois camions aux couleurs du Veau d'Aveyron et du Ségala qui sillonnent les routes de France et d'Europe.

Source La Volonté Paysanne

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