Vendée : Dans les Cuma, les idées fusionnent

Renouveler le matériel quand le nombre d'agriculteurs diminue et quand son coût ne cesse d'augmenter, c'est l'équation à résoudre pour les Cuma. Reportage à St-Georges-de-Montaigu.

Il est 10 heures et la salle de réunion du restaurant de La Gétière à Saint-Georges-de-Montaigu est pleine à craquer. Les retardataires doivent se mettre en « deuxième file », derrière leurs collègues installés autour d'une grande table. Ce mardi matin, la neige n'a pas encore recouvert la Vendée et les agriculteurs, membres des bureaux de 20 Cuma du Nord Bocage ont fait le déplacement pour leur réunion annuelle.
Les premiers arrivés peuvent se réchauffer avec un café et déguster une brioche. Mais le temps est compté. Si l'ambiance est conviviale, avec 20 responsables appelés à s'exprimer, il faut un peu d'ordre ! Michel Seznec, directeur de l'Union des Cuma de Vendée rappelle au micro l'ordre du jour de la journée. Ce matin, chacun a 5 minutes pour retracer un bilan de l'année à partir d'un quizz.

Tour à tour, chaque responsable explique les projets de sa Cuma et témoigne des préoccupations des groupes. Comme tous les ans avant l'assemblée générale (1) ce temps de parole permet de prendre le pouls des Cuma avec cette année une réflexion autour de la durée des mandats et de la constitution du capital social. «Pour créer de nouvelles activités, investir et amortir le matériel, il faut des exploitants en face. Or, une bonne partie de nos adhérents partent à la retraite et le manque de lisibilité de la politique agricole rend difficile les engagements » explique un responsable de la Cuma des Deux Maines. «On travaille avec un noyau dur mais de plus en plus d'agriculteurs refusent de s'engager dans de nouveaux investissements. Mais quand le matériel est acheté, ils sont les premiers à l'utiliser. »

Renouveler du matériel

Si la crise ne plombe pas le chiffre d'affaires des Cuma, certaines activités sont plus difficiles à maintenir, telles celle de l'ensilage. Le nombre de factures impayées n'augmente pas mais leur montant grimpe tout comme celui du matériel. «Le prix des équipements augmente plus vite que nos revenus » lâche un responsable. «Il faut rester compétitif pour faire rentrer de nouveaux adhérents » suggère un autre élu.
Pour renouveler leur matériel ou créer de nouvelles activités comme le broyage et le travail simplifié du sol, lié à la mise en place de couvert végétaux, les Cuma choisissent de se regrouper et de fusionner. La Cuma «La Croisière » de La Bruffière est aujourd'hui le résultat d'une fusion de 7 Cuma. Elle affiche un chiffre d'affaires de 700 000 €, fonctionne avec un groupe ensilage, battage, entretien, tracteur et transport et emploie trois chauffeurs et un mi-temps en secrétariat.

Attirer les jeunes

L'engagement des jeunes dans Cuma pose aussi questions. Dans la salle, ils sont une majorité engagés depuis plus de quinze ans. «Pour faire rentrer des jeunes, nous leur proposons de conduire les tracteurs pendant les chantiers » témoigne un président de Cuma. «Leur proposer le statut de stagiaire leur permet de se familiariser à nos activités » argumente son collège. Cette année 45 jeunes ont déposé un dossier pour une prise en charge des parts sociales (2).
Une visite de l'atelier du hangar de la Cuma «l'Avenir » de Chavagnes-en-Paillers était au menu de l'après-midi. Après une réflexion longuement mûrie, cette Cuma a embauché depuis mars dernier un salarié.
L'année pour les Cuma se termine par cette semaine d'échanges. Mi-janvier, elles seront à nouveau mobilisées pour la collecte des ferrailles.


(1) AG le jeudi 20 janvier, salle des 4 rondes d'Aizenay.
(2) Aide plafonnée à 1500 € par installé, date limite de dépôt du dossier en juin 2001.

Source vendée agricole

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