Vendée : Environnement : « Un atout pour devenir plus performant et plus rentable »

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Réduction de la fertilisation, implantation de couverts, bandes enherbées, zones de non-traitement, sont des normes environnementales que l'agriculteur, dans la gestion de son exploitation, doit prendre en compte. Le point avec Laurent Ouvrard, agriculteur aux Herbiers, délégué cantonal environnement de la FDSEA et président du Geda sur le canton des Herbiers.

Aujourd'hui, avec les normes environnementales, quelles sont vos marges de manoeuvre sur les exploitations ?

Au niveau du Geda, nous travaillons sur des leviers en établissant des essais au niveau de couverts végétaux, de nouvelles cultures qui nécessitent beaucoup moins d'intrants telles que l'association de céréales/protéagineux où l'on n'a pas besoin de traiter et avec un apport d'azote inférieur à ce qu'on pourrait avoir à apporter par rapport à un maïs. Le tout sans pour autant réduire le rendement. Le souci dans nos exploitations c'est bien la rentabilité de nos systèmes, continuer à produire pour que demain nos exploitations soient viables et transmissibles.

Comment réagissent les agriculteurs face à ces nouvelles règles ?

Dans un premier temps, les exploitants subissent en voyant cela comme une contrainte, avec toujours plus de contrôles. Mais il faut voir ça aussi d'un aspect positif, plus comme un atout pour modifier nos systèmes et les rendre plus accessibles, performants en passant notamment par la réduction des charges tout en optimisant la rentabilité. Sur les prairies, il y a un gros travail, je pense, à réaliser pour réduire nos charges qui évoluent malheureusement tous les ans. Il faut arriver à les comprimer et le système herbes y parvient parfaitement.

Justement, vous-même, éleveur bovin installé dans un Gaec à trois associés avec également un atelier volaille de chair, comment avez-vous réagi face à ces réglementations ?

Là, où nous avons fait le plus d'effort c'est au niveau de la production bovine en signant notamment en 2005, un contrat d'agriculture durable (CAD) qui nous demandait une suppression totale des engrais azotés. Nous sommes passés de 25 voire 30 tonnes – certaines années – d'ammonitrate à aujourd'hui 3 tonnes uniquement utilisées pour les céréales. Nous avons droit à 100 unités d'azote à l'hectare. Pour ce qui est des prairies, nos 100 hectares sont uniquement fertilisés par notre matière organique.
Au niveau phytosanitaire, nous avons réduit aussi. Sur céréale, nous avons droit à un seul fongicide et pour les désherbants, nous utilisons des demi-doses.

Pourquoi vous être engagés dans cette démarche ?

On arrivait à un seuil où produire toujours plus avec un certain niveau de charges : le système s'essoufflait et c'est en discutant et en se renseignant qu'on s'est rendu compte que ceux qui faisaient des efforts dans ce domaine obtenaient aussi des bons résultats en matière de rentabilité. Ca a été le déclic. Ensuite, nous avons travaillé pour l'adapter à notre exploitation. Aujourd'hui, avec ce contrat, l'exploitation est aussi rentable voire plus. Maintenant, le contrat s'arrête en 2010 et nous devons prendre une décision pour 2011 avec la possibilité aujourd'hui de passer en bio.

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