vendée : FCO : Le vaccin pour avoir la conscience tranquille

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Les Voineau, à Beaufou, regrettent beaucoup de ne pas avoir pu vacciner leurs troupeaux à temps au printemps dernier. Chez eux les séquelles du passage de la FCO sont encore douloureuses.

Le veau est debout sur ses pattes arrière mais encore sur ses genoux. Sa mère n'a pas fini de le lécher et il frissonne encore. Il a dû naître pendant la pause déjeuner. Guillaume qui suit le cheptel allaitant du gaec familial des Voineau de Beaufou est inquiet. « Tant qu'il ne sera pas debout, bien d'aplomb, je serai pas rassuré ». Et il y a de quoi. Le samedi précédent, un autre veau est né difforme, non viable. Il a dû être euthanasié. Et la liste des problèmes d'élevage qui se révèlent au vêlage commence à devenir longue.
Bénédicte Voineau – la maman - qui, dans le gaec à la responsabilité des veaux, a bien tenté tout ce qu'elle a pu pour que survive un premier veau aveugle, mais la tâche dans ce cas là est au-delà de ce que peuvent assumer des éleveurs. Surtout lorsque le cas se reproduit plusieurs fois en décembre et janvier. Quelques-uns de ces jeunes bovins nés très faible ont depuis repris le dessus mais, dans les stabulations de L'Auspierre, le compte n'y est pas. Entre les vaches non pleines et les mortalités à la naissance, c'est aujourd'hui toute une case à veaux qui est vide. Et c'est donc également toute une case à taurillons qui fera défaut sur le compte en banque au moment de la vente, dans une quinzaine de mois.

Entre deux injections

« La FCO a dû sévir ici en juin et juillet, essaient-ils de comprendre. Et les gestantes devaient être autour de trois mois. ». Ce dont ils sont sûrs c'est de la découverte à la mi août d'une vache charolaise anormalement maigre. Elle souffre de diarrhée avec du sang et, vérification faite, elle est fiévreuse. Les éleveurs voudraient croire à autre chose mais le vétérinaire – Jean-Christophe Beauchamps - envisage d'emblée la fièvre catarrhale. Les résultats d'analyse lui donnent raison et en huit jours la vache passe de vie à trépas. D'autant plus dur à vivre que dans les mêmes jours, Matthieu qui, lui, s'occupe des 55 laitières, constate un passage de 30 litres à rien du tout du jour au lendemain chez deux de ses prim'holstein.

Fallait-il vacciner les gestantes ?

Ces faits sont apparus alors que les deux cheptels de l'exploitation venaient d'être vaccinés contre le sérotype 8 de la FCO. Un débat éclate alors entre les associés : « Avons-nous bien fait de vacciner des vaches alors qu'elles étaient en gestation », se demande Bénédicte qui se montre réservée à l'égard des vaccinations. « Dans le cas des femmes enceintes, par exemple, fait-elle remarquer, si on ne les vaccine pas, c'est bien qu'il y a une raison », fait-elle remarquer. De leur côté Lionel, son mari et ses fils sont plus catégoriques sur le bien fondé de la vaccination « Le vaccin administré en juillet ne pouvait pas produire son effet bénéfique en août », font-ils à leur tour remarquer. « Nos bêtes ne pouvaient pas être déjà immunisées puisque le délai pour cela est de trois semaine après la deuxième injection ». Pour eux c'est au contraire la vaccination trop tardive dans la saison qui ne les a pas protégées à temps de la FCO. C'est donc sans état d'âme qu'ils ont effectué le rappel dans les jours qui ont suivi ces événements.

De fait, des symptômes aussi graves de la maladie n'apparaîtront plus par la suite mais le mal est fait. Le taureau, fatigué et fiévreux au coeur de l'été n'assurait plus les saillies et 13 vaches sur 22 se sont retrouvées vides. Placé pour quelques semaine à l'écart du troupeau et au repos – le temps (2 mois) de laisser passer un cycle de fabrication du sperme - il a depuis retrouvé toute sa vitalité. Les deux laitières malades l'été dernier sont aujourd'hui guéries ; l'une est en partance pour la réforme ; l'autre, de nouveau pleine, va retrouver sa place dans le troupeau. Sur les 22 allaitantes atteintes par la FCO, seules 5 ont échappé à la réforme et les gestantes qui ont eu la fièvre ont, elles, comme on l'a vu, reporté à plus tard la déconvenue des éleveurs. Laquelle est apparue dès décembre.

299 bovins vaccinés en 1h30

Les Voineau espèrent en être aujourd'hui aux ultimes séquelles du passage de la maladie. Les choses en tous cas ne se présentent pas du tout de la même manière cette année. Ayant été déclaré comme élevage atteint de FCO en 2008 avec mortalité, ils ont été prioritaires cette année pour vacciner leur troupeau. L'opération s'est d'ailleurs déroulée lundi matin. Les 299 bovins vaccinables l'ont été en 1h30 par un seul praticien. Si la facture pour les deux interventions – 1500 € - reste en travers de la gorge des éleveurs, ils ne le regrettent pas car, insistent-ils, « quand on voit les dégâts on ne peut pas se permettre de ne pas le faire. On se le reprocherait trop ensuite ». Ils ne regrettent qu'une chose qu'une chose, c'est de ne pas avoir pu vacciner dès le mois de mai l'an dernier et estiment que le problème avait été pris à l'envers par les autorités sanitaires qui avaient choisi de mettre la priorité des vaccins sur les zones déjà touchées alors que, selon les éleveurs, il aurait fallu faire barrage au développement de la maladie en vaccinant les départements encore indemnes.
Quant aux indemnités, ils en ont bénéficié pour les seules mortalités et euthanasies et ont renoncé à faire valoir les frais de vétérinaires supplémentaires du fait de la FCO, estimant qu'il leur était difficile d'affirmer que leurs ennuis étaient imputables à la seule FCO. Ils agiraient différemment de ce point de vue si c'était à refaire aujourd'hui mais cela c'est au vu de l'ampleur des dégâts et… avec le recul.

Vaccination : Priorité au troupeau allaitant avant la mise à l'herbe

« Les doses de vaccin contre les deux sérotypes de la FCO arrivent en Vendée en quantité suffisante pour fournir les vétérinaires, mais à flux tendu », indique M. André de la Direction des services vétérinaires. Ce qui a pour conséquence qu'au moindre incident de production ou de contrôle, c'est la pénurie. Dans ce contexte, la priorité est donnée aux élevages allaitants pour qu'ils puissent vacciner avant la mise à l'herbe. Mais c'est désormais « très compromis », admet-on à la DSV qui reporte son objectif du 30 avril au 30 juin.
La vaccination est obligatoire pour les bovins et les ovins à partir de deux mois, à l'exception des taurillons abattables d'ici fin juin.

Source vendee agricole

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