Vendée : Jennifer Dijoux, seule femme, maître de port en Vendée

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Originaire de Pornic, Jennifer Dijoux a choisi comme port d'attache, l'Herbaudière où elle veille sur le trafic du port de pêche.

Elle n'a ni galons, ni casquette, ni la grosse tête… Pourtant, elle contrôle les mouvements toutes les arrivées et départ des bateaux du port de pêche de l'Herbaudière, soit une flottille de 40, chalutiers, fileyeurs et palangriers, spécialisés dans la sole, le bar le congre mais également des crustacés.
Tel un aiguilleur du ciel, elle surveille le placement des bateaux de pêche de son bureau donnant sur les quais où se croisent marins et plaisanciers. A partir de mai et jusqu'en septembre à la faveur des beaux jours, le trafic dans le port connaît un pic d'activité avec le va et vient des voiliers et catamarans. La jeune femme doit redoubler de vigilance. Mais, la gestion des arrivées des plaisanciers et leur placement sont gérés par le personnel de la capitainerie du port de plaisance qui peut accueillir 550 bateaux.
L'été, plus particulièrement, en début de matinée et en soirée, il y a affluence dans le port de l'Herbaudière. L'heure des vacances n'a pas sonné pour ceux qui veillent sur les activités du port de pêche et de plaisance.

Avoir l'oeil partout

Pour la guider, elle ne dispose pas d'écrans radars, mais juste d'un téléphone portable, d'une VHF, des plans des quais - cinq pontons tout récemment aménagés (1) qui sont réservés aux pécheurs – qu'elle arpente à pied. Elle doit avoir l'oeil partout. «Mon rôle est d'éviter tout débordements dans les mouvements et placements. Le port accueille également des bateaux de pêche en transit » confie Jennifer Dijoux. «Dans un port de cette taille, les artisans pêcheurs connaissent bien les lieux. Depuis cinq ans, je n'ai eu à gérer aucune tension. Le port de l'Herbaudière compte une quarantaine de bateaux. Il est le premier producteur de sole de la côte atlantique et se place 3ème derrière les Sables d'Olonne, et Saint-Gilles (1729 tonnes).
Endosser le rôle de maître de port, c'est assumer seule des responsabilités mais c'est aussi un métier de contact. «Je dois être proche de mes collègues chargés de la criée, du port de plaisance, des réparations navales et des attentes de la chambre commerce et d'industrie qui assure la gestion du port».

Un milieu masculin

A 32 ans, ce petit bout de femme décontractée évolue depuis sa formation au lycée professionnel maritime d'Etel, dans un milieu très masculin. En Vendée, dans les quatre principaux ports de pêche, elle est la seule femme à exercer de métier. «Le métier se féminise malgré tout, et depuis que je travaille dans le milieu de la pêche et maritime, je n'ai jamais eu de problèmes.» Avant d'obtenir ce poste proposé par le service maritime du conseil général de Vendée, Jennifer s'est fait la main comme matelot dans des navires de plusieurs compagnies maritimes vendéennes et bretonnes chargés d'acheminer du fret et des passagers sur les îles. «J'étais chargée de l'amarrage des bateaux et de veiller à l'embarquement et débarquement des passagers sur les passerelles. »
Sa fonction de maître de port, si elle ne lui permet plus de naviguer, la satisfait complètement. «Il faut être passionné car on passe beaucoup de temps au port. » Ses jours de congés, ce sont ces collègues des autres ports de pêche de Vendée qui la remplace. Jennifer peut partir tranquille taquiner le poisson dans son petit bateau de pêche.

(1) Le port a fait l'objet de travaux en juin dernier. Le môle central a été réaménage et remplacé par des pontons en béton. Ce chantier d'un montant de 5 millions d'euros a été financé par le conseil général, la SA du port de plaisance et la chambre de commerce et d'industrie.

Source vendee agricole

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