Vendée : Le stockage de l'eau : un principe à graver dans le marbre

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A la veille de la réunion du SDAGE, le conseil général met son poids dans la balance pour que soit « gravé dans le marbre » le principe des réserves du substitution.

« Le niveau de la nappe du Sud-Vendée en ce début d'automne sec 2009, à plus 3 m de ce qu'elle était en 1990 avec un été similaire, c'est, pour Bruno Retailleau, la preuve par 9 que les réserves de substitution, ça marche ». Le vice-président du conseil général de la Vendée s'est livré au début de cette semaine à une véritable opération promotion des réserves bâchées au cours d'une conférence de presse. « Ces réserves rappelle-t-il, avaient été préconisées par le plan de Pierre Roussel, le Monsieur marais poitevin qui avait été nommé en 2001 par Dominique Voynet, alors ministre de l'Ecologie ».

Le principe de ces réserves repose sur le fait, toujours selon Bruno Retailleau, que « c'est en hiver qu'on gaspille l'eau » en la laissant partir à la mer. Entre novembre et mars les gestionnaires de ces réserves stockent donc une partie de cette eau, qu'ils évaluent à « 2% » de la pluie qui tombe sur les quinze communes du bassin de l'Autise, pour compenser les déficits estivaux.

Conformément au protocole de gestion des nappes du Sud-Vendée le volume autorisé à prélever dans les rivières, les canaux et la nappe du sud Vendée pour les besoins de l'irrigation se chiffre à 6,2 millions de m3. Le but du projet de ces réserves de substitution était de puiser, à terme, la moitié de ces besoins estivaux dans les réserves constituées en hiver. Dix de ces réserves bâchées avaient été programmées. Sept à ce jour ont été construites. La première tranche avec quatre retenues a été réalisée en 2006. La seconde a été mise en service pour cet été 2009, soit un stockage total de 2,5 millions de m3. Lequel a permis que la courbe d'arrêt du protocole n'ait pas été atteinte. Seule la première courbe de vigilance a été frôlée, donnant lieu à une réduction de 20 % des prélèvements. « Ainsi, se réjouissent les élus, l'utilisation en 2009 des sept réserves de substitution aura permis de limiter la baisse du niveau de la nappe et de favoriser l'équilibre hydraulique avec les eaux du marais dont les fonctions hydrologiques et biologiques ont été préservées – tout le marais a été maintenu en eau jusqu'au 20 août - tout en pérennisant l'activité économique locale ».

Une cadence à maintenir pour la troisième tranche

La troisième tranche avec trois nouvelles retenues d'une contenance totale de 700 000 m3 est à présent espérée pour 2010. « Il ne faut pas s'arrêter en chemin », préviennent les élus en précisant qu'il est « par ailleurs indispensable de remonter la cote d'arrêt du puisage dans la nappe à + 2,50 au dessus du niveau de la mer pour maintenir l'équilibre nappe marais de façon permanente ».
Ils ne semblent pas craindre une quelconque opposition à leurs projets mais plutôt « des difficultés dans la répartition du financement » dans lequel le département aimerait bien s'en tenir à ses 30 %, soit 4,8 M€ des 16 M € de l'investissement global. Le projet étant déclaré « d'intérêt collectif », le conseil général rappelle ses partenaires – L'Etat, l'Europe, l'agence de l'eau et la région – « à leur contribution dans les meilleures conditions ».
Et puis croit savoir Bruno Retailleau, « notre initiative fait à présent des envieux chez nos voisins deux-sèvriens ». Fort de ce succès il annonce « la poursuite du soutien du département à toutes les initiatives de création de volumes substitués sur l'ensemble de la nappe qui borde le marais Poitevin et notamment sur les bassins de la Vendée et du Lay ».
Enfin, la réunion du SDAGE Loire-Bretagne le jeudi 15 octobre prochain comporte un enjeu de taille pour les élus du sud Vendée qui espèrent bien faire inscrire le principe de ces réserve dans le schéma directeur, avant de le « graver dans le marbre du grenelle de l'Environnement ».

Irrigants : Les 200 familles

120 exploitations agricoles bénéficient de l'eau des réserves de substitution du bassin de l'Autise, « soit 200 familles », précise Denis Coirier, représentant des irrigants et présent à cette conférence aux côtés de Dominique Souchet, Joël Sarlot et Jean Tallineau, conseillers généraux du sud-Vendée. L'irrigant de Nieul-sur-L'Autise rappelle au passage que ces 200 familles pèsent ensemble « pour 25 millions d'€ de chiffre d'affaires dans l'économie du sud-Vendée, que l'irrigation est un élément plus qu'important de la performance des exploitations et qu'il n'y a pas de privilèges les uns par rapport aux autres car la réglementation est la même pour tous les bénéficiaires de cette eau ».
Enfin, outre la redevance, les dépenses de fonctionnement des réserves est à la charge des irrigants, à savoir, les dépense d'électricité des diverses pompes, leur entretien ainsi que celui des canalisation et des bâches.

Source vendee agricole

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