Vendée : Marins pécheurs et agriculteurs, dans le même bateau !

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Les marins essuient plusieurs tempêtes. A 50 ans, José Jouneau armateur au port des Sables d'Olonne tient encore bon la barre.

Amarrés aux quais du port des Sables d' Olonne, aux pieds des commerces et des restaurants, les bateaux de plaisance effilés aux couleurs blanches côtoient les chalutiers ventrus aux couleurs vives et aux cabines imposantes.
Le premier port de Vendée (1) a vu sa flottille diviser par trois en quinze ans. Aujourd'hui, les Sables comptent 200 marins dont une quinzaine originaire du Portugal et 55 navires.
José Jouneau fait partie de ce qui ont résisté à la vague de destruction de bateaux, aux quotas imposés par Bruxelles, et à la flambée des prix du pétrole.

De la pêche au thon et à la sardine

Ce Chaumois au franc parler reste avant tout un passionné et n'a cessé maintenir le cap et de braver les tempêtes 300 jours par an. A 50 ans, il continue encore à s'adapter pour répondre à la pression de plus en plus forte des écologistes et le poids des charges qui l'ont à plusieurs reprises amené à manifester et faire la grève. En trente ans de métier, il en est à son troisième bateau et vient d'adopter une nouvelle technique de pêche en France, «la Senne danoise » plus respectueuse des fonds marins (2) et moins gourmande en gasoil.
Ce petits fils de pêcheur, a acheté à crédit son premier navire d'occasion, en 1980. «C'était une période d'essor pour la pêche dopée par les subventions européennes. Le port des Sables a compté jusqu'à 150 bateaux » confie José Jouneau. En 1986, il réinvesti dans un bateau en co-propriété avec la coopérative maritime. «C'était la course en avant » reconnaît t'il. «On avait besoin de moderniser notre flotte et de s'équiper avec tout l'électronique moderne à bord. » En 1992, il fait l'acquisition d'un chalutier de 23 mètres d'un milliard d'euros, toujours en co-propriété, mais sans prêt, ni subventions : «Anthineas » peut embarquer 8 matelots et permet de pratiquer la pêche au large : des Acores à l'Irlande. «On pêchait le thon avec des filets dérivants jusqu'en Irlande et au chalut la sèche, la sole et la langoustine dans le golfe de gascogne. »

A une diversification des espèces péchées

Si pour l'agriculture, 1990 sonne déjà comme une réorientation des aides européennes, dans son sillon, la pêche se voit interdire en 1992 le filet maillant dérivant. En 2002, avis de tempête et de gros temps, les marins-pêcheurs se voient imposés des quotas de pêche et la fermeture des zones Ouest et Sud Irlande. «La seule alternative était de diversifier nos pêches avec le bar, la seiche, la sole, le merlu, la langoustine, et la coquille Saint-Jacques. » C'était sans compter, l'envolée des prix du pétrole. «Le gasoil représentent 35 % des coûts d'exploitation » souligne José Jouneau. A la hausse des charges vient se greffer aujourd'hui une stagnation des cours.

Distorsions de concurrence

«L'Espagne qui exporte sur la France ne respecte pas ses quotas et casse les prix. Notre merlu a un prix plancher de 2,5 €/kg et on peut trouver du merlu espagnol à 0,20 centimes à la criée de la Rochelle » tempête le président du comité des pêches des Sables et de la région Pays de la Loire.
Ce responsable dénonce la politique du gouvernement et plus particulièrement celle du ministère de l'Agriculture qui pour lui «ne défend pas assez les pécheurs. » «Nous devons être plus proche des agriculteurs avec qui nous partageons le même ministère car nous devons faire aux même difficultés économiques et à la pression de l'environnement. »

(1) Il se classe 6 ème pour son chiffre d'affaires (23 millions d'euros en 2009) et 13ème au niveau national pour son tonnage : 4915 tonnes.

(2) 6 marins ont équipé leur chalutier pour adopter la méthode de la « Senne danoise », technique couramment utilisée au Danemark et en Islande. Ce sont des filets halés par deux cordages, longs de manière à assurer le plus grand rabattage possible du poisson vers les filets. La «Senne Danoise » de par la vitesse relativement lente de remontée du filet donne une meilleure qualité du poisson ramené à bord et permet une économie de 50 % des frais de gasoil.

Source vendee agricole

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