Vendée : Prix du lait Ouest : +16 €/1000 litres sauvés par la mobilisation

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Interview de Marie-Thérèse Bonneau, Présidente de la section laitière de la FDSEA et secrétaire adjointe à la FNPL.

Convoqués par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, les présidents des trois familles de l'interprofession se sont réunis mardi dernier. Sur fond de mobilisation des éleveurs, les entreprises privées sont finalement revenues sur leur refus catégorique de suivre les indicateurs de tendance des marchés pour l'ensemble du 2ème trimestre 2010, selon l'accord initial du 3 juin 2009. Ce qu'en pense Marie-Thérèse Bonneau.

Concrètement pour les producteurs de lait, qu'implique ce « oui » des 3 familles interprofessionnelles pour la reconduction de cet accord au 2ème trimestre 2010 ?

Dans l'immédiat, il implique que le CNIEL va pouvoir officiellement publier ses indices de tendance des marchés et que les interprofessions laitières régionales, comme le CILOUEST (Bretagne – Pays de La Loire) ou le CRIEL Charentes-Poitou, vont pouvoir proposer un prix pour le lait livré par les producteurs durant les mois d'avril, mai et juin. Les calculs du CNIEL font ressortir de l'analyse des marchés une évolution positive de + 5,7 %. Au niveau de la région Ouest, cela ferait une augmentation de + 15,96 €/1000 litres qui devrait s'appliquer sur la grille régionale. La flexibilité additionnelle est, elle, ramenée à 3,57 €/1000 litres au maximum. La mobilisation des producteurs a donc permis d'obtenir ce qu'ils demandaient : le respect de l'accord et son application pour le 2ème trimestre.

Et pour la suite ?

Pour le troisième trimestre 2010, un engagement a été pris de travailler très rapidement sur l'application d'autres indicateurs, déjà prévus par l'accord du 3 juin 2009 : il s'agit notamment des coûts de production et de l'écart de prix du lait avec l'Allemagne. Mais la vigilance est de mise car la discussion sera âpre avec les transformateurs sur le reste de l'année ; notamment sur le décalage de compétitivité avec l'Allemagne. Nous seront fermes : il ne doit pas s'agir d'aligner le prix du lait français directement sur le prix allemand ! Je le dis ouvertement : dans les mois à venir, compte tenu de l'amélioration des marchés, le prix du lait payé aux producteurs français doit continuer d'augmenter !

Peux-on parler de « victoire syndicale » dans un tel contexte ?

Avec des niveaux de prix comme ceux que nous connaissons depuis 2009 il est impossible pour un producteur de lait d'être satisfait ! Mais cet accord n'est jamais que le reflet d'une situation extrêmement dégradée des marchés, induite par des décisions politiques de démantèlement d'outils de régulation des marchés. Et nous ne le répéterons jamais assez : signer un accord avec les transformateurs ne signifie pas que nous cautionnons ces décisions politiques que d'autres feraient mieux d'assumer plus ouvertement ! Nous sommes simplement responsables en regardant la vérité en face, et dans ce brouillard dans lequel on nous a plongés, cet accord donne au moins de la lisibilité pour trois mois aux laitiers français à la période de l'année où la production est la plus abondante et où l'on a le plus de problème de valorisation.

Source vendee agricole

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