Vendée : Sècheresse : Le nord ouest vendéen bientôt sous perfusion

vendee agricole

Le préfet serre encore un peu la vis à la consommation d'eau en Vendée. Pas de changement pour les usages agricoles pour qui le robinet était déjà quasiment fermé.

Avec 2 millions de mètres cube, les barrages d'Apremont, de Finfarine et du Jaunay qui approvisionnent le nord ouest vendéen étaient vides à 70 % le 7 septembre. Depuis, pas une goutte n'est venue les réalimenter. Sachant que chaque jour qui passe, les 110 000 habitants de cette zone tirent 34 000 m3 d'eau au robinet, et que la simple évaporation à la surface des trois retenues fait baisser leur niveau de 4mm par jour, quand les robinets des habitants du nord ouest seront-ils à sec ? « Vers la mi octobre », a calculé Thierry Lataste, préfet de Vendée, qui ne se résout cependant pas à cette issue. Reste donc à modifier les données de l'équation pour reculer cette date.
A l'arsenal des restrictions d'août (interdiction de remplissage des piscines et du lavage des voitures et des bateaux, l'arrosage des pelouses et des espaces verts publics et privés, irrigation agricole à partir de prélèvements dans les canaux et les cours d'eau…), le comité sècheresse réuni le 9 par le préfet a réduit encore l'arrosage des stades qui demeurait autorisé deux nuits par semaine, à une seule, celle du jeudi au vendredi. Les débits « réservés » c'est-à-dire le minimum de débit incompressible à restituer à l'aval des barrages pour y maintenir la faune et la flore du lit des rivières, sont quand même compressés de moitié pour les trois barrages en question.
La canalisation de raccordement d'eau brute qui avait été mise en place entre le barrage de Moulin-Papon, à La Roche-sur-Yon, et le ruisseau de la Vie à Belleville-sur-Vie de manière à réalimenter le barrage d'Apremont va être réactivée. Mais pour cela des travaux de réimplantation de la pompe à adapter au niveau actuel du barrage sont nécessaires.

Concernant les activités agricoles, rien ne change depuis l'arrêté du 28 août qui avait déjà stoppé les prélèvements d'eau dans les rivières et canaux pour l'irrigation dans tout le département. Les prélèvements pour l'abreuvement des animaux restent permis. L'irrigation à partir des nappes d'eau souterraines, dans les limites fixées par le protocole de gestion des nappes du sud Vendée et des réserves étanches remplies avant le 31 mars, reste possible.

De petits gestes à grande échelle

Pour Eric Rambaud, président de Vendée eau, participant au côté du préfet à la présentation de cette situation des ressources en eau, « tout geste est conséquent dans la mesure où il est reproduit à grande échelle ». C'est ainsi qu'il renouvelle ses recommandations de garder l'eau de lavage des légumes pour arroser les plantes, de fermer le robinet pendant le brossage des dents, de prendre une douche plutôt qu'un bain… Petites économies qui mises bout à bout devraient aboutir à « 5000 m3 à économiser par les abonnés », espère-t-il.
De son côté, Joseph Merceron, vice-président de l'association des maires, a assuré que les services municipaux se plient à la décision préfectorale « même si ce n'est pas de bon coeur, car il faut se mettre à la place du personnel communal qui, du fait de ces interdictions voit une partie de son travail réduit à néant ». Le président du SAGE de l'Auzance qu'il est a saisi au bond l'occasion pour rappeler au préfet la nécessité de donner enfin un avis favorable à l'édification d'un nouveau barrage. « Cette décision administrative nous pénalise », lui a-t-il envoyé. Ce a quoi le préfet n'a pas répondu.

Ce qui reste permis

- l'abreuvement des animaux ;
- les prélèvements effectués à partir des réserves d'eau de pluie, quel que soit l'usage de l'eau ;
- l'arrosage des potagers et des plantes en pots entre 20 h et 8 h à partir des réseaux d'eau potable, des puits et des forages ;
- l'irrigation à partir des nappes, dans le cadre du protocole de gestion des nappes du sud Vendée et des réserves étanches ;
- le lavage des véhicules ayant une obligation réglementaire.

Les Vendéens plus économes que la moyenne des Français.

Chaque Vendéen consomme en moyenne 110 litres d'eau potable par jour alors que la moyenne pour la France se chiffre à 150 l ; 220 l/habitant en Italie, 400 l aux Etats-Unis, mais moins de 30 l en Afrique et sans doute encore moins dans de nombreuses zones qui n'ont accès ni à l'eau courante ni aux statistiques.

Source vendee agricole

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires