Vendée : Sélection Casimir, GRAINE DE CHAMPION

Casimir vient de remporter le titre de champion au national charolais. C'est une première pour un taureau Vendéen. Laurent Robichon, éleveur à La Flocellière voit son travail de sélectionneur récompensé.

Loin des projecteurs, des flashs et de la foule, il a retrouvé l'herbe encore généreuse des collines qui surplombent le village de la Chagnaie, situé aux portes de Saint-Michel-Mont-Mercure et de La Flocellière. A trois ans et demi, ce taureau a déjà vu du pays et connaît bien les rings où il peut montrer sa puissance, et sa démarche encore souple, malgré ses 1600 kilos. Né aux Brouzils dans l'élevage d'Albert et Bertrand Merlet, ce fils d'Alcapone acheté à 4 mois, se voit couronner à trois ans et demi. Il vient d'être consacré grand champion du National charolais organisé à Cournon au sommet de l'élevage des 6, 7 et 8 octobre derniers.

«J'avais repéré les performances d'Alcapone (1) qui avait une bonne lignée maternelle et un bon développement, mais je n'aurais jamais envisagé un retour aussi rapide. » confie Laurent Robichon à la tête d'un troupeau de 95 vaches inscrites au livre généalogique du Herd book charolais. Ce sont ses grands parents qui ont acheté les premières vaches à l'élevage Dessauny de la Nièvre, encore aujourd'hui dans le top 50 des élevages charolais.
Un prix de champion pour un mâle, c'est une belle reconnaissance pour un Vendéen dans une compétition où les sélectionneurs du Centre arrivent toujours en tête.

D'autant qu'un autre taureau de son élevage, Bugatti accroche une deuxième place et un 3ème prix de synthèse pour son index Isevr (111) et sa morphologie. Né dans les Deux-Sèvres chez Bruno Hérault, ce fils de Roméo, également de l'élevage Merlet des Brouzils, champion 2008 de l'Arc atlantique sera cette année sur le catalogue de Gènes diffusion.

Vente de paillettes

Pour le sélectionneur qui vend ses vaches de réforme à l'engraissement, des broutards et 15 à 20 reproducteurs par an, c'est une plus-value dans un contexte où les producteurs de viande bovine ne se bousculent pas pour acheter de jeunes reproducteurs. «2500 paillettes vont être proposées. Une dose est vendue 45 €. Mais même si les premières semences ont déjà trouvé preneurs à Cournon,et d'autres en Espagne, c'est encore trop tôt pour mesurer la côte de ce taureau auprès des éleveurs » estime Laurent.
Ce sélectionneur utilise 8 taureaux en monte naturelle dont certains achetés en co-propriété comme Casimir vendu par son propriétaire 13 000 euros. «Pour des taureaux de cette valeur, et pour des élevages qui comme celui de mon collègue Marc Roirand du Poiré-sur-Vie, reconstitue un troupeau, et Jérôme Hoorelbecke de l'Orne qui, avec un cheptel de 25 vaches ne peut se permettre d'acheter seul cette génétique, c'est intéressant. »
Dans le choix de ses géniteurs, l'éleveur privilégie la conformation et les qualités maternelles et les facilités de naissance. «J'achète un taureau tous les ans pour apporter toujours de la génétique. La fiche des index compte mais avant toute chose, je me rends toujours dans les élevages pour repérer les meilleurs taureaux et voire ce que peuvent donner leurs produits. »

Préparation nutritionnelle

Pour préparer au concours ses deux champions, Laurent Robichon leur réserve en complément du mais ensilage, une ration de 10 à 13 kg de granulés par jour. «Ce sont des grosses quantités, mais je n'ai pas de problème digestifs et côté aplombs, ils restent solides. » Après, c'est tout un travail de dressage et de patience. «Il faut les faire marcher et surtout les sortir très tôt sur les concours pour qu'ils s'habituent à défiler dans le bruit, et avec la foule autour d'eux. »
Laurent présentera 10 veaux et Bugatti pour le concours de l'Arc atlantique. Casimir doit reprendre des forces et il préfère le présenter au concours de Moulins, les 3 et 4 décembre. «Ce sont les prix d'honneur décernés dans chaque région dans les catégories mâles et femelles. Sur plus d'une vingtaine de taureaux, seulement deux plaques seront décernées.»
Suspens donc, pour la dernière ligne droite de ce taureau vendéen.


(1) Taureau acheté par le Gie Sechave, à l'élevage Dessauny de la Nièvre) en pension aujourd'hui au Gaec Audureau du Poiré-sur-Vie.

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