Vendée : Semis de blés : des démarrage en douceur

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Dans la plaine et le bocage, les premiers chantiers de semis ont tout juste démarré. En marais, la terre argileuse demandera plus de temps et surtout de la pluie pour semer les blés durs. Reportage à Saint-Michel-en-l'Herm et à Fontenay-le-Comte.

Entre Triaize et Saint-Michel-en-l'Herm, les parcelles s'étendent à perte de vue. Les champs de maïs et de tournesols récoltés début septembre ont laissé la place à une terre aujourd'hui nue et compacte où la préparation des semis de blés dur s'avère un exercice difficile. «En septembre nous n'avons eu que 20 mm. Avant de labourer ces parcelles, il vaut mieux passer un outil à dent pour casser la première surface » témoigne Christophe Ricard, qui exploite 120 hectares dont 70 en blé dur, 30 en tournesol et 20 en maïs dans la commune de Saint-Michel.
«Même les tracteurs de 8 tonnes ont de la difficulté à écraser les mottes. » Si les terres récoltées en blé cet été sont déjà préparées par un labour suivi d'un passage d'une herse rotative celles avec un précédent maïs ou tournesol attendent leur tour. Dans ces parcelles, les agriculteurs utilisent des décompacteurs, des sous-soleuses puis des herses.
Les graines de blés ne sont donc pas prêtes d'être mises en terre dans cette région où la fenêtre de semis reste très large. «Pour semer dans de bonnes conditions, il nous faudrait plus de 50 mm d'eau. Mais, dans les terres de marais, nous avons encore du temps devant nous. En fait, dans nos régions, la période de semis se situe surtout en novembre et nous avons encore la possibilité de semer jusqu'en décembre-janvier dans des sols gelés. »

Cette semaine, 10 tonnes de semences certifiées achetées à un prix légèrement inférieur à l'an dernier vont être livrées à la ferme de la Bouhière. « J'ai choisi 7 variétés : ça me laisse plus de latitude vis-à-vis des précédents notamment avec des blés sur blés qui peuvent générer du piétin. Je prévois également d'emblaver 7 ha d'une nouvelle variété testée par les Geda et la Cavac dont une traitée « Lattitude » pour les blés sur blés. J'ai sélectionné ces variétés en fonction de leurs capacités de rendement et de leur résistance aux maladies. »
La réforme de la Pac qui rentre en application l'an prochain avec un total découplage des aides aux cultures ne devrait pas bousculer l'assolement de cet agriculteur du marais. «Dans notre région, nous avons peu de possibilité de diversification, hormis la luzerne et le chanvre en essai cette année. Cette culture reste intéressante pour des parcelles de blés qui subissent les maladies du piétin et de la mosaïque ». Pour l'heure, Christophe reste plus préoccupé par la vente de sa récolte de blé et de maïs qu'il n'a pas encore commercialisé. Vendredi, il sera aux côtés des éleveurs et céréaliers à Nantes pour manifester son soutien mais également réclamer une politique agricole «qui ne plombe pas les agriculteurs et qui les protègent de la libéralisation des prix agricoles ».

Semis simplifiés dans la plaine

A une trentaine de kilomètres à l'Ouest, à Charzay, aux portes de Fontenay, le paysage est sensiblement le même, la plaine à l'infini mais le bocage se dessine déjà au nord est. Dans cette région aux terres de groie, les semis viennent juste de démarrer. «Je suis toujours en avance » concède Jean-Yves Printemps qui a, en trois jours, semé 32 hectares de blé tendre. «J'ai fait le choix cette année de trois variétés en semi-tardif : Mercato, Mandel et Euclide. Avec ces variétés, je peux escompter des rendements de l'ordre de 80 à 100 quintaux ». Ils ont également mis 38 ha de colza et de lin en terre fin septembre. Son dernier chantier se termine ce jeudi sur une parcelle de 9 ha d'orge sur un précédent blé. «On bénéficie d'un excellent lit de semences avec de la fraîcheur le matin. Je sème avec une densité de 135 kg/ha pour les orges et de 150 kg pour les blés.»

Source vendee agricole

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