Vendée : Solidarité : Au côté de ceux qui « boivent le bouillon »

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L'association Solidarité paysan inscrit depuis 20 ans son action auprès des agriculteurs qui traversent une difficulté dans la conduite de leur activité professionnelle.

Quarante chefs d'exploitation ont fait appel à Solidarité paysan (SP) en 2007 contre 33 et 36 les années précédentes. Ce qui pourrait traduire une accentuation des exploitations vendéennes en difficulté mais qui n'est pas encore véritablement liée à la flambée des prix des matières premières et de l'aliment du bétail. Comme presque toujours les causes sont multiples et mettent d'abord en cause les endettements pour mises aux normes et modernisations. Ce qui était cependant à craindre en ce début 2008 se confirme en provenance d'éleveurs de lapins qui tirent la sonnette d'alarme. « On verra mieux l'étendue des dégâts après le 30 mars, redoute Benoit Grondin, président de l'association car cette date correspond à l'appel de cotisation de la MSA.

Pas d'éleveurs de porcs parmi les agriculteurs déclarés en détresse en ce mois de mars 2008 mais des maraîchers qui travaillent sur de petits marchés trop étroits.
Le principal interlocuteur des bénévoles de Solidarité paysan dans leurs démarches, c'est la banque « qui se sert d'abord et attend que l'agriculteur boive le bouillon », dénonce Benoît Grondin. C'est ainsi que des éleveurs de lapins viennent de se retrouver sans un sou viré sur le compte et dans le dénuement le plus total, non seulement pour payer les autres créanciers mais aussi pour acheter à manger…
« Ce sont les emprunts qui pèsent le plus quand on se trouve dans ces situations », déplore véronique Roy, productrice de lait à Belleville et bénévole de SP. La solution au problème est souvent dans la durée et elle consiste à négocier un étalement des annuités d'emprunts. Mais il n'y a pas toujours matière à négocier…

Patrick Bougeard salarié de Solidarité Paysan Bretagne et intervenant de l'assemblée générale de vendredi dernier, a clairement posé la question « Comment aider les agriculteurs en difficulté à ne pas se marginaliser davantage ? Faut-il aller avec eux dans le mur ? Sa structure bretonne a une idée sur la conduite à tenir : « Nous n'accompagnons plus que 60 % des agriculteurs qui nous font appel dans le maintien de leur exploitation, contre 80 % auparavant. Les autres, nous les accompagnons à la cessation. Quand il y a un choix à faire, nous choisissons d'abord d'aider la famille avant l'exploitation ».

Repères 2007

•40 appels nouveaux en 2007 dont 31 font l'objet d'un accompagnement ;
•139 dossiers en cours ;
•10 procédures dont :
•4 règlements amiables judiciaires ;
•5 règlements judiciaires ;
•1 liquidation.

Source vendee agricole

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