Vendée : Volailles : Maîtriser la filière, de la fabrication à la distribution

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Les chiffres sont au vert pour le groupement «Les éleveurs de Challans » qui après avoir investi dans les abattoirs souhaite s'emparer des clefs de la distribution.

Si certains éleveurs souffrent aujourd'hui de la volatilité des cours et de la pression des industriels, les éleveurs des volailles fermières de Challans restent à l'abri de ces turbulences. En témoignent les résultats 2008 avec des marges qui sont restées stables, l'investissement dans de nouveaux bâtiments annoncé pour 2009 (1), et la relance de la volaille bio. Des signes positifs, confortés par une belle notoriété : les volailles fermières label rouge de Challans (2) arrivent en 4e position derrière les celles du Gers, des Landes et de Loué, leader national.
François Joly, président du groupement et son directeur, Olivier Dekokere, le nouveau tandem des « Eleveurs de Challans » ont dressé lors de l'assemblée générale vendredi dernier, un bilan positif de l'exercice 2008. « Notre ligne directrice est de ne mettre en production que ce qui est vendu. Nous avons sans doute su anticiper les difficultés actuelles de gestion du marché, lorsque nous avons sommes passés du statut de partenaire à celui d'actionnaire décideur dans les abattoirs », souligne François Joly. « Chez nous, la valeur ajoutée est répartie partout : entre les éleveurs, le fabricants d'aliments, l'accouveur, l'abatteur », argumente Olivier Dekokere. Un seul maillon manque au groupement, la distribution. « En fonction des opportunités, notre objectif est d'acquérir des opérateurs qui commercialisent nos volailles de Challans » a annoncé François Joly.

Une laiterie de la Manche positionnée sur la distribution

L'exemple choisi pour étayer cette stratégie pourrait intéresser les éleveurs laitiers vendéens. Les responsables du groupement avaient invité pour témoigner sur ce thème, le directeur d'une coopérative laitière de la Manche, « Maîtres laitiers du Cotentin ». Spécialisée dans l'ultra-frais, elle produit 100 000 tonnes de produits laitiers (fromage frais, crème, beurre, fromages à pâtes pressées...) provenant de 1 100 élevages représente 15% du marché national. Cette laiterie a réussi à se placer sur le marché de la restauration collective hors foyer qui représente 30% de ces débouchés. « C'est un secteur où nos concurrents étaient absents. » Le groupe coopératif possède aujourd'hui 80 sociétés de distribution orientées en RHF (3). « L'outil coopératif doit appartenir aux éleveurs et leur rémunération reste notre priorité », a explique Jean-François Fortin. Un choix qui a séduit les éleveurs de Challans, fort de ses 130 éleveurs et ses 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui souhaite demain « prendre les clefs de la distribution ».

(1) Le coût des bâtiments type Louisiane est estimé à 60 000 euros. Le seuil de rentabilité annoncé pour ces bâtiments neufs est de 39 euros le m².

(2) Quantité produites en label rouge en 2008 : 4 millions de volailles

(3)La coopérative affiche un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros. Le groupe avec ses filiales de distribution pèse 1,3 millions de chiffre d'affaires. 70 % des résultats de la laiterie proviennent du groupe investi dans la distribution.

Découplage IGP et label rouge

Lors de l'assemblée générale François Joly a dénoncé l'utilisation de la marque label rouge « poulets de Challans, poulets des champs » par un groupe industriel vendéen. « Depuis 2006, les cahiers des charges label rouge peuvent être dissociés de l'utilisation de l'IGP. On peut donc désormais trouver une IGP sur un produit de moindre qualité. De ce fait, certains opérateurs ont commercialisé dans les GMS des volailles avec un visuel et des étiquetages proches de notre marque label rouge Poulets de Challans, poulets des champs, en bradant les prix. Alors que cette marque nous appartient. Avec la reprise du groupe Arrivé par LDC, les choses devraient être clarifiées rapidement. »

Source vendee agricole

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