Vent de panique en Brière

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Vent de panique en Brière
Des stigmates sont visibles sur le maïs, montre Jean-Noël Gascoin : certains pieds de maïs ont des racines qui sortent de terre. Sous la pression du vent, la tige a conservé une forme galbée. Sous l’effet des vents violents qui sont passés sur La Chapelle des Marais, plusieurs arbres dans une prairie de l’éleveur, se sont fendus, voire ont été déracinés. © Loire-Atlantique Agricole

Des arbres et des branches cassés, des inondations… mais aussi des maïs couchés. Les orages, accompagnés de vents violents et de grêle, qui se sont abattus sur la Brière, samedi dernier, ont fait craindre le pire aux agriculteurs.

Les agriculteurs du secteur La Chapelle des Marais - Missillac n’a- vaient pourtant pas semé du vent, ils ont quand même récolté la tempête le week-end dernier.
Il était environ 19 h 30, samedi, lorsque, après quelques coups de tonnerre, le ciel s’est obscurcit. « Les vents se sont mis à tourbillonner dans tous les sens. On se serait cru pris dans une tempête tropicale », raconte Jean-Noël Gascoin, exploitant avec son frère Richard au sein du Gaec de la Grande Brière, à La Chapelle des Marais.
La tempête en question, que l’éleveur n’hésite pas à qualifier de « mini-tornade », s’est abattu sur cette commune et à l’Ouest de Missillac. « En une demi-heure, il est tombé, selon les endroits touchés par l’orage, entre 45 et 70 mm d’eau », indique Jean-Noël Gascoin. « Sur les bâtiments, les chéneaux, les dalles, n’arrivaient plus à fournir, tellement les pluies étaient intenses. Ça ravinait. Il y avait de l’eau, que l’on a dû évacuer, dans la stabulation des vaches laitières et sur la table d’alimentation. »
Au même moment, à Missillac, sur l’exploitation d’Alain Toby, c’était l’heure de la traite. « J’ai préféré rentrer chez moi. Je craignais que le vent très violent soulève une tôle du toit de la stabulation. J’ai 55 ans, je n’avais encore jamais vu ça ! »

Debout !

C’est le lendemain matin qui a été le plus dur pour les agriculteurs, lorsqu’ils sont allés voir si la tempête avait fait des dégâts dans les parcelles. La plupart des maïs des environs se sont retrouvés couchés au sol. « Quand on a vu ça, on a pensé qu’une partie de la récolte allait être perdue. On n’était plus qu’inquiets », se rappelle Jean-Noël. Mais l’éleveur est stupéfait de constater que, finalement, 48 heures après cet épisode climatique, les maïs sont parvenus à se redresser.
« Heureusement que le maïs n’est pas encore à maturité. Le fait qu’il soit encore en train de se développer, lui a permis à
se remettre debout. » Toute-
fois, quelques stigmates sont visibles sur la plante : certains pieds de maïs ont des racines qui sortent de terre. Sous la pression du vent, la tige a conservé une forme galbée. Mais, selon Jean-Noël, rien de trop grave qui viendrait perturber la croissance de la plante. « Heureusement que l’on avait fini de battre les colza, sinon la perte de rendement aurait été très importante. Les blés n’ont pas été touchés. Sur des blés plus verts, il y aurait eu des dégâts. »

La grêle a déchiré les feuilles du maïs

Sur les 18 ha de maïs qu’a fait cette année Jean-Luc Cadio, agriculteur à Missillac, 6 ha situés sur La Chapelle des Marais ont été touchés par la tempête. Là, la grêle a carrément déchiré les feuilles du maïs. « Avec des feuilles abîmées, la capacité de photosynthèse va être diminuée. On va avoir une perte de vivacité du maïs. Il sera moins vigoureux en croissance. »
Jean-Luc Cadio, qui a souscrit une assurance Climat auprès de Groupama, a contacté son assurance. Un expert va passer dans les dix jours.
Guillaume de Werbier

À La Regrippière, sous l’effet de l’orage de grêle, les grains de raisins se sont fendus. © Loire-Atlantique Agricole

Grêle : Autres secteurs touchés

D’autres secteurs du département ont été touchés par les intempéries, et plus particulièrement par la grêle, en fin d’après-midi dimanche dernier. C’est le cas d’une partie du vignoble et de zones localisées à l’est du Pays d’Ancenis. Dans le canton de Varades par exemple, les communes de la Rouxière et de Belligné, ont été principalement touchées. Avec 40 mm de grêle pendant trois quarts d’heure dans certains endroits, les colzas, maïs, blés et vergers, ont été partiellement à totalement détruits.
Un orage de grêle est aussi tombé sur La Regrippière et ses proches environs. Un îlot de 45 ha environ de l’exploitation des Frères Couillaud a été touché. Les précipitations ont en particulier abîmé des grappes sur une parcelle en chardonnay qui avaient été effeuillées. « Selon les endroits, jusqu’à 5 à 6 grains par grappe sont fendus », signale François Bodineau, chef de culture sur l’exploitation. « Ça peut être une porte d’entrée pour des maladies, comme le botrytis », prévient Stéphanie Savary, conseillère technique viticole à la chambre d’agriculture. « Pour que ça cicatrise, le meilleur remède, c’est le soleil ! »
Les ceps de muscadet de l’îlot sont moins touchés. Les viticulteurs estiment que les conséquences sont moins graves que sur des parcelles de collègues situées sur le pourtour de la commune.
Dans la mesure où ces phénomènes climatiques exceptionnels ont des conséquences importantes sur les cultures, la FNSEA 44 et JA 44 ont demandé à la DDTM la faisabilité de les reconnaître en calamités agricoles. L’administration doit se rapprocher de Météo France pour analyser les intempéries avant d’enclencher éventuellement la procédure. En attendant, les agriculteurs impactés sont invités à se faire connaître auprès des responsables locaux de la FNSEA 44 ou de JA 44.
Jean-Philippe Arnaud
et Guillaume de Werbier

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