Vers un salaire minimum national en Allemagne

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Vers un salaire minimum national en Allemagne
Dans les abattoirs allemands,les salaires sont parfois dérisoires (DR)

La chancelière Angela Merkel annonce, à contre cœur, que l'Allemagne va se doter d'un salaire minimum généralisé. Une bonne nouvelle pour l’agroalimentaire français qui espère ainsi que les disparités diminuent avec l’Allemagne, en termes de coûts sociaux.

"Nous allons décider des choses que, au vu de mon programme, je ne considère pas comme justes, parmi elles un salaire minimum généralisé", a déclaré, jeudi 21 novembre, la chancelière dans un discours à Berlin, évoquant les négociations en cours entre son parti conservateur et les sociaux-démocrates (SPD) pour former un gouvernement.

Un salaire minimum horaire de 8,50 euros

Actuellement, l'Allemagne n'a pas de salaire minimum unique pour toutes les professions. Les salaires sont négociés branche par branche entre les partenaires sociaux et dans certains secteurs, les salariés touchent moins de cinq euros. Le SPD a fait campagne pour un salaire minimum horaire de 8,50 euros.

Une décision qui, sans surprise, déplait aux industriels  allemands qui agitent la menace des suppressions d’emplois. «1,5 à 1,8 million d’emplois disparaîtront dans le sillage du salaire minimum», assure le ministère des Finances allemand. Le secteur de la boulangerie et les entreprises agroalimentaires, fortement dépendantes de la main-d’œuvre, seraient les plus menacées. "Je vais tout faire, la CDU va tout faire" pour minimiser les effets sur l'emploi d'un tel salaire minimum, a promis la chancelière, qui s'adressait à un parterre de patrons.

Une bonne nouvelle pour l’agroalimentaire français

Pierre Moscovici, le ministre de l'économie, a salué l'annonce d'Angela Merkel. "C'est un signal (...) d'une approche peut-être plus coopérative des politiques économiques en Europe", a-t-il déclaré  à l’occasion d'un colloque financier à Paris.

Une décision qui réjouit également le monde agricole et agroalimentaire français. L'absence de salaire minimum garanti et l'exonération de charges sociales pour les travailleurs saisonniers outre-Rhin conduisent, en effet,  selon la FNSEA, à une forme de « dumping social » qui pénalise la France.

Xavier Beulin, président de la FNSEA a salué la "bonne nouvelle".  "C'est ce que nous demandions depuis des années et des années. Ça va pas complètement nous remettre à parité, mais ça va rééquilibrer quand même les écarts de coûts sociaux", a-t-il fait valoir.

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