Viande bovine : Pas de cotation gros bovins cette semaine, les éleveurs claquent la porte

Thierry Guillemot

Les acheteurs souhaitaient une orientation à la baisse. Les représentants des éleveurs ont préféré claquer la porte. Vous ne trouverez pas cette semaine dans votre journal la cotation OFIVAL “gros bovins - Entrée Abattoir Normandie”.

Avec Dominique Bayer (Orne) et Vincent Savigny (Seine-Maritime), Daniel Courval (Calvados) défend chaque semaine les intérêts des éleveurs au sein de la commission “gros bovins entrée abattoir”. Une commission qui n'est pas là pour fixer des prix mais exprimer des tendances après analyse des chiffres d'abattage de la semaine précédente. Informations fournies par les opérateurs à France Agri Mer. Sur la forme, il s'agit d'une réunion téléphonique qui se tient tous les lundis à 17 h pour la Normandie. Dans les autres régions, généralement le mardi matin.

Les acheteurs veulent tirer à la baisse

Lundi dernier, face au collège “acheteur” qui souhaitait imprimer un mouvement à la baisse, les représentants des éleveurs ont préféré claquer la porte. “Ce n'était pas prévu, affirme Daniel Courval, mais l'attitude des abatteurs est incompréhensible. Nous sommes dans une période où il n'y a aucun stock nulle part, ni en ferme, ni dans les groupements... Pas de liste d'attente dans les abattoirs. Alors ces - 8 centimes qu'ils voulaient nous imposer, on a plus l'impression que ça vient du fait qu ‘habituellement, au 15 septembre, les cours baissent. On ne peut pas être d'accord avec cette vision. Les cours des aliments sont exceptionnellement hauts et les cours de la viande tellement atones depuis 4 ans qu'on ne peut pas s'orienter vers une baisse automnale”.
La FNB (Fédération Nationale Bovine) est sur la même longueur d'onde. Elle a donné comme consigne de refuser toute baisse dans un contexte où tous les clignotants sont au vert.
“On nous rétorque continuellement que la consommation de viande est en baisse, que les promotions ont du mal à marcher... Or, depuis le début de l'année, le niveau des abattages est en hausse”, constate Daniel Courval.

Et lundi prochain ?

Quelle sera l'attitude des uns et des autres lundi prochain ?Nul ne le sait. Le dernier conflit de cette nature avait duré 3 semaines. Mais là, l'offre n'est pas très abondante. A contrario, le marché mondial fait appel mais le responsable viande bovine de la FDSEA du Calvados regrette la timidité des opérateurs français à l'export. “On nous répète que c'est compliqué, dangereux... Pendant ce temps là, les Allemands prennent des parts de marché”.
En attendant la fin de ce bras de fer, la réforme des cotations arrive dans la dernière ligne droite. Le projet est prêt. Reste à prendre les arrêtés . Elle devrait amener plus de sérénité dans les débats.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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