Viande de cheval : l'agroalimentaire français ne s'estime "pas responsable de la tromperie"

Viande de cheval : l'agroalimentaire français ne s'estime "pas responsable de la tromperie"

Victime de la "tromperie" d'un fournisseur, l'industrie agroalimentaire n'est pas responsable de la crise qui frappe Findus et la distribution, éclaboussée par les produits au cheval estampillés au boeuf, estime le président de l'Association des industries agroalimentaires.

D’où vient la viande ?

Viande de cheval : l'agroalimentaire français ne s'estime "pas responsable de la tromperie"

Comigel, PME basée à Metz, a fabriqué les produits en cause pour plusieurs enseignes, soit sous marque Findus, soit sous marque de distributeurs.  Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise de Comigel, est le groupe français Poujol (holding de tête de la société Spanghero). Celui-ci aurait acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie.

Comigel tout comme Findus se disent victimes dans cette affaire et font remonter la responsabilité vers l'amont de la chaîne de production.  "Nous avons été victimes et on voit bien aujourd'hui que le problème n'est ni chez Findus ni chez Comigel", a déclaré le président de Comigel. La société française Spanghero, se défend elle aussi en assurant avoir acquis du bœuf, et fait remonter la faute ou l'erreur en amont.

En Roumanie, les professionnels du secteur renvoient la balle vers l'importateur, Spanghero. S'il "n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du boeuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après", a affirmé le président des syndicats de l'industrie alimentaire.

"Nous ne sommes pas responsables de la fraude d'un de nos fournisseurs" a affirmé Jean-René Buisson, qui préside l'ANIA, interrogé sur Europe 1. "Findus, le principal concerné, a reçu de la viande avec un certificat indiquant de la viande de bœuf, c'est un problème de tromperie".

Même si c’est dramatique en terme d’image,  il estime que l'industrie française reste "la meilleure du monde": "La traçabilité des produits alimentaires n'est pas remise en cause dans cette affaire; nous avons mis en place le meilleur système au monde depuis la crise de la vache folle ce qui va nous permettre de savoir très vite, dans 2 ou 3 jours" qui est responsable selon lui. "Il y a 200 fois moins d'incidents pour un million d'habitants en France qu'aux Etats-Unis", a-t-il encore déclaré.

Le responsable de l'Ania doit participer lundi après-midi à Bercy à une réunion de crise avec les ministres concernés. Lundi également, le gouvernement a convoqué l'ensemble de la filière professionnelle à 16h30 pour tenter d'y voir plus clair.

Faire le point sur la traçabilité des viandes

"Il s'agit de faire le point avec l'ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire, de ce qui s'est passé et de pouvoir en tirer les premières leçons", a déclaré Guillaume Garot, ministre délégué à l'agroalimentaire. Il faudra "faire un point sur la traçabilité des viandes". Les premiers éléments de l'enquête dévoilés par le gouvernement français ont permis de déterminer le circuit de la viande en cause (voir encadré).

"L'enquête se poursuit. Elle établira très vite la liste des clients auxquels Comigel a vendu, en France et en Europe, des produits fabriqués à partir de viande acquise auprès du groupe Poujol", a précisé dimanche le gouvernement.

Nombreux retraits en France

Les retraits des rayons de plats surgelés à la viande de cheval en lieu et place de bœuf se sont multipliés. Pour l'instant, seuls trois pays ont procédé à des retraits de produits, la France, le Royaume-Uni et la Suède, l'enquête des autorités françaises n'ayant pas encore permis de savoir où tous les produits frauduleux ont été vendus.

Presque toutes les principales enseignes de distribution françaises ont procédé à des retraits, qu'ils soient de marque Findus, première société concernée, ou de marque de distributeurs. Il s'agit de lasagnes, cannellonis ou spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier, vendus dans les magasins Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, Picard. Les groupes implantés à l'étranger n'ont pas tous précisé s'il y avait aussi des retraits hors de France.

L'émotion en Grande-Bretagne n'a pas faibli, mais le gouvernement a exclu dimanche d'imposer pour l'instant un moratoire sur la viande importée de l'UE, comme le réclamait une députée du Parti conservateur, au pouvoir. 

Source avec AFP

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Commentaires 2

BALTRINGUE

Voilà jusqu’où mène la soif de pouvoir de nos coopératives qui au lieu de soutenir ses éleveurs quand elles sont bénéficiaires, préfèrent investir dans le rachat de sociétés pour devenir des multinationales complètement déconnectées des paysans, coop pour qui, seul le profit financier compte. Et toi pauvre paysan, tu peux crever ! t'as qu'à mieux travailler pour t'en sortir !!! Ecoeuré....

sdf

Ces produits tout a fait comestibles et bon serait parfait pour les restau du cœur ou autres aides alimentaires.
Ce serait un crime de les détruire.

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