Viande : Des effets encore timides des blocages des éleveurs

Propos recueillis par P. Olivieri

Responsable du groupe bovins viande aux JA, B. Aurière analyse la situation du marché.

Trois semaines après la levée des blocages sur les sites de l'abatteur Bigard, quelles sont les avancées effectives sur le terrain ?

Benoît Aurière (Jeunes agriculteurs) : “Rappelons tout d'abord que l'objectif de ces actions était de faire relever progressivement le prix de la viande bovine en dynamisant le commerce et l'offre. Ce qui ne se fait pas du jour au lendemain. Cela dit, on commence à voir quelques effets concrets des engagements pris par la filière. Le plus flagrant est la remontée des cours sur le JB (NDLR : jeune bovin). Grâce au renforcement des exportations de ces animaux sur des débouchés telle la Turquie par exemple, on enregistre une hausse de 15 à 25 centimes d'euros au kilo carcasse. On voit également la mécanique se mettre en route sur la viande issue de vaches R et O, des catégories où la demande se fait sentir. Cependant les conditions climatiques de ces derniers jours ont entraîné un afflux d'animaux de toutes catégories qui perturbe le marché. Or aujourd'hui, les opérateurs se servent de cette situation pour faire pression sur les prix, ce qui n'est pas acceptable”.

Quelles sont les retombées sur les cours du maigre ?
B. A. : “Aujourd'hui, le prix des broutards stagne après avoir baissé cet automne. Il faut maintenant que l'augmentation des cours du JB se répercute sur le maigre, ce qui devrait théoriquement être le cas une fois que les naisseurs engraisseurs français auront repris confiance.”

Vous avez aussi dénoncé récemment les cotations sur certains marchés, pourquoi ?

B. A. : “Vu les cours qui se pratiquent aujourd'hui, on a effectivement souhaité diffuser une grille de cotations qui mentionne les tarifs auxquels l'abattoir achète les animaux. Cette grille, établie au niveau du Massif central par les éleveurs en fonction des prix pratiqués la semaine écoulée, se réfère à des prix de base qui ne tiennent pas compte des plus-value liées aux démarches différenciées. Par conséquent, l'écart que peuvent constater les éleveurs entre cette grille et le prix auquel ils vendent leurs animaux correspond à la marge de l'intermédiaire. Théoriquement, les opérateurs les plus corrects gardent une marge de 15 centimes par kilo quel que soit le type d'animal. Or, on constate des abus importants, certains marchands ou coopératives conservant pour leur compte les hausses passées à l'aval.”

Justement, côté distribution, quel est le constat sur l'engagement pris de mettre en avant la marque VBF (viande bovine française) ?


B. A. : “Cette redynamisation de VBF est en cours mais nous restons très vigilants quant à son application partout. Toutes les enseignes ne jouent en effet pas le jeu. Il est d'ailleurs fort probable qu'il y ait des actions locales sur les GMS dans les prochains jours.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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