Viande et produits carnés : Laurent Spanguero : « Donner des armes innovantes aux entreprises »

Sophie Giraud

Viande et produits carnés : Laurent Spanguero : « Donner des armes innovantes aux entreprises  »

Organisée par le pôle Innoviandes, la première biennale européenne de l'innovation dédiée au secteur des viandes et produits carnés s'est déroulée la semaine dernière, à l'INRA.

Quel est l'objectif de la biennale baptisée « Meat'In », qui s'est tenue pour la première fois en Auvergne ?
Laurent Spanguero ¹ : Le choix s'est porté naturellement vers l'Auvergne dans la mesure où Clermont-Ferrand abrite l'une des trois plus grandes concentrations dans le monde de la recherche sur les produits carnés (Australie et Danemark sont également en pointe sur le sujet). Université Blaise-Pascal, INRA, ENITAC, ADIV…En tout, ce sont près de 150 chercheurs-ingénieurs qui travaillent sur cette thématique. Cet évènement était destiné à favoriser les échanges entre les acteurs de l'innovation, que ce soient les entreprises du secteur, leurs fournisseurs, les organismes de recherche ou encore les instituts techniques.

Sur quelles thématiques ?
L.S. : Pour la première édition, les débats animés par des scientifiques et des industriels venus de toute l'Europe ont porté sur l'hygiène et la sécurité, l'innovation-procédés, la nutrition-santé et le développement durable.

En quoi l'innovation constitue t-elle une préoccupation majeure du secteur de la viande et des produits carnés ?
L.S. : Ce secteur en matière de volume constitue le premier secteur de l'industrie agroalimentaire français. Force est de constater qu'il demeure malheureusement, le moins profitable économiquement, il est indispensable de travailler sur l'innovation. Les marges de progrès sont énormes puisque les entreprises du secteur carné consacrent moins de 0,5% de leurs chiffres d'affaires à la recherche. L'essentiel aujourd'hui, est d'ouvrir le dialogue entre chercheurs et industriels, car ils ont besoin l'un de l'autre. C'est l'ensemble de la filière qui a à y gagner, y compris les producteurs, qui traversent une période très difficile.

Dans cette stratégie, de quelle manière se positionne le pôle Innoviandes ?
L.S. : Le pôle permet de mutualiser les compétences. Etant labellisé, il a la capacité à lever des fonds. Les grandes entreprises viennent de plus en plus chercher vers nous l'accompagnement. Notre rôle, c'est d'être un facilitateur pour trouver les compétences afin de résoudre les problématiques des entreprises. De la communication à la microbiologie, notre champ d'action est vaste. Notre combat c'est l'innovation, pour donner des armes aux entreprises.

Qu'en est-il des menaces qui pesaient jusqu'il y a peu sur le pôle ?
L.S. : Depuis plusieurs mois, le pôle Innoviandes est remis en question. Cette menace n'est aujourd'hui toujours pas levée, mais nous avons la conviction qu'avec des manifestations comme la biennale, nous prouvons l'utilité du pôle. Le principal grief portait sur la gouvernance de la structure, qui devait se mettre en conformité par rapport à un cahier des charges nationales. Nous avons bon espoir d'améliorer les choses.

¹ Depuis deux mois, Laurent Spanguero occupe la présidence du pôle de compétitivité Innoviandes.

Source Presse agricole du Massif central

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