[Video] Barrage : Ségolène Royal critique la pertinence du projet

[Video] Barrage : Ségolène  Royal critique la pertinence du projet

La ministre de l'Écologie Ségolène Royal a critiqué dimanche la pertinence du projet de barrage, estimant qu'il y avait eu dans ce dossier "manifestement une erreur d'appréciation" et qu'un "tel ouvrage ne serait plus possible aujourd'hui".

"Il y a eu manifestement une erreur d'appréciation", a déclaré la ministre lors du Grand Rendez-vous Le Monde/i Télé/Europe 1, au lendemain de manifestations en hommage à Rémi Fraisse qui ont dégénéré à Nantes et Toulouse.

"La durée de la réalisation, d'obtention d'autorisations, des délais, est beaucoup trop longue sur ce type d'équipement, ce qui fait qu'au moment où les travaux commencent, souvent les ouvrages sont périmés", a-t-elle expliqué. "Aujourd'hui, une décision de construction d'un ouvrage tel que celui-ci ne serait plus possible", a assuré la ministre.

Interrogée sur un possible arrêt du projet, Ségolène Royal a dit ne pas vouloir "se substituer" au Conseil général du Tarn, maître d'ouvrage, mais la ministre a rappelé qu'elle recevrait les élus mardi à Paris pour "trouver des solutions".  Elle recevra également en fin de semaine  les associations agricoles et de protection de l'environnement pour tenter "de faire converger des points de vue fort différents".

 
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Un projet "inutile" au coût financier et environnemental démesuré, selon les opposants

Le député européen écologiste José Bové, s'est félicité de cette "prise de position forte".   "Les propos de la ministre de l'Écologie vont dans le bons sens en disant qu'aujourd'hui ce projet ne pourrait plus avoir lieu", a déclaré M. Bové,  peu de temps après avoir quitté le site du projet de barrage où il avait pris part à un rassemblement en mémoire de Rémi Fraisse, le jeune manifestant tué il y a une semaine sur le site.

"Je crois que ce processus doit déboucher sur l'annulation de la déclaration d'utilité publique pour ce projet invraisemblable", a ajouté l'élu, qui est venu à plusieurs reprises ces trois dernières années sur le site de ce projet de barrage-réservoir destiné à sécuriser l'irrigation des cultures.

A Lisle-sur-Tarn près de Gaillac, le chantier, suspendu sine die vendredi, vise à créer une retenue d'eau de 1,5 million de mètres cubes - pour un coût d'investissement de 8,4 millions d'euros - afin de sécuriser l'irrigation des cultures. Les opposants dénoncent depuis plusieurs années un projet "inutile" au coût financier et environnemental démesuré et reprochent au Conseil général du Tarn de ne pas en avoir étudié les alternatives.

Nantes et Toulouse : deux rassemblements ont dégénéré

Plusieurs rassemblements étaient organisés en France dimanche, une semaine jour pour jour après la mort du jeune manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, dans le Tarn. Le plus important s'est déroulé dans le calme et le recueillement sur le site du chantier lui-même où l'affluence n'a cessé de croître au fil des heures.  

A Paris, deux manifestations parisiennes ont eu lieu en hommage à Rémi Fraisse : L'une pacifique a réuni 700 personnes sur le Champ de Mars, tandis que 300 personnes se sont rassemblées illégalement place Stalingrad. Au moins 66 d'entre elles ont été interpellées. Certains des manifestants avaient "des marteaux, des pinces, des casques, des poings américains, des pétards et des engins incendiaires", a-t-on expliqué de source policière.

Le gouvernement et la préfecture de Paris ne voulaient  pas revoir les images des deux rassemblements samedi de Nantes et de Toulouse qui ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l'ordre. Au lendemain de ces débordements, 5 personnes étaient toujours en garde à vue à Nantes (sur 21 interpellées) et 16 (sur 16) à Toulouse.

 

Source avec AFP

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