‪[Vidéo] Cop 21 : les prairies pour lutter contre le réchauffement climatique‬

Anne Sophie LESAGE

‪[Vidéo] Cop 21 : les prairies pour lutter contre le réchauffement climatique‬

Les prairies font partie des solutions envisagées pour lutter contre le réchauffement climatique. Quelle quantité de carbone peut être stocké dans les sols ? Quels sont les modes de gestion qui favorisent ce stockage ? Y-a-t’ il une limite ? Eléments de réponse avec Pascal Carrere, chercheur à l'unité de recherche sur l'Ecosystème prairial à l'INRA.

4 Pour 1.000

‪[Vidéo] Cop 21 : les prairies pour lutter contre le réchauffement climatique‬

4 ‰ est le taux de croissance annuel du stock de carbone dans les sols qui permettrait de stopper l’augmentation actuelle du CO2 dans l’atmosphère. Ce taux de croissance n’est pas une cible normative pour chaque pays, mais vise à illustrer qu‘une augmentation, même infime, du stock de carbone des sols (agricoles, y compris les prairies et pâtures, et forestiers) est un levier majeur pour participer au respect de l’objectif de long terme de limiter la hausse des températures à +2°C. Au-delà de ce seuil le GIEC indique que les conséquences induites par le changement climatique seraient d'une ampleur significative

Comment ça fonctionne ?

La matière organique des sols, majoritairement composée de carbone, participe à quatre grands services écosystémiques :

• la résistance des sols à l'érosion

• leur rétention en eau

• leur fertilité pour les plantes

• leur biodiversité.

Des évolutions minimes du stock de carbone des sols ont des effets majeurs tant sur la productivité agricole que sur le cycle mondial des gaz à effet de serres.

La Cop21 avait pour ambition de mettre en place des mesures pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C, des mesures importantes puisque d’après une étude de l’INRA, les émissions actuelles soutiennent plutôt une augmentation comprise entre 3°C et 5°C. Il est donc urgent d’agir pour « décarbonner l’atmosphère » afin de contenir la hausse des températures.

Capture d’écran 2015-12-11 à 15.21.44

Le stockage de carbone dans les sols, fait partie des leviers d’action possible pour agir contre le changement climatique, car les sols peuvent contenir deux à trois fois plus de carbone que l’atmosphère. En effet, quand l’atmosphère peut contenir environ 800 Gigatonnes de carbone (GtC), les sols peuvent en contenir, en moyenne, la même quantité dans les 30 premiers centimètres. Les sols dans leur globalité ont une capacité totale de stockage de carbone comprise entre 1.500 et 2.400 GtC, donc un levier non négligeable pour décarboner l’atmosphère.

Evidemment ces données varient en fonction de l’usage des sols ainsi que les conditions pédoclimatiques. Ainsi les forêts et les prairies favorisent le stockage à hauteur de 80 tonnes de Carbone/hectare (tC/ha), les vergers 50tC/ha et les vignes 35tC/ha.

 

Modéré

D’après le CIV et l’INRA, les prairies se comportent comme des puits de carbone. Entre prairies temporaires et prairies permanentes le stockage de carbone est quasi-identique : respectivement 0,72 tC/ha/an et 0,64tC/ha/an. En revanche, le pâturage permet un stockage plus important, d’environ 1,03tC/ha/an.

La fertilisation modérée permet d’augmenter le stockage et le maintien du carbone dans les sols ; c’est en prairies permanentes et en pâturage que cette augmentation est la plus flagrante. D’après l’INRA, dans ces conditions le stockage peut être multiplié par deux. De plus, « en mode +modéré+, le stockage de carbone dans le sols compense les autres émissions associées à l’élevage. (Protoxyde d'azote, Méthane) »

Profondeur

La durée de stockage du carbone est plus ou moins longue selon les conditions du milieu (sol, pratiques, cultures, climat), particulièrement en fonction des températures annuelles moyennes et de la respiration des micro-organismes du sol. Le temps de résidence dans le sol va donc surtout dépendre de la vitesse de dégradation/minéralisation, qui diminue fortement avec la profondeur.

D'après l'INRA, «à ce jour, dans les couches profondes du sols, les chercheurs ont pu dater du carbone de -1.500 à -2.000 ans,»  donc il n’existe pas de limite temporelle dans le stockage de carbone. 

Source INRA, CIV

Sur le même sujet

Commentaires 15

common

Le carbone est la matiere premiere de la fertilité naturelle de nos sols. Le Monsieur l'explique tres bien dans le video. Une fois compris, en en peut pas avoir assez de ca dans ses sols... Je commence a esperer que mes voisins comprennent jamais comment profiter de ca, comme ca moins de concurrence sur le marché du foncier...

SENTEUR6400

On sait tout ça l élevage et l avenir de la planète que nos chères vaches se rassurent elle peuvent flatuler tranquillement et regarder passé les avions présidentiels .

phil 79

Ben oui tous ça est super sauf que tous ce qu'on voie actuellement, c'est du découragement total des éleveurs qui sont pris pour les esclaves de la planètes , on a besoin d'eux mais ils n'ont pas le droit a leur part dans les bénéfices de l'agro alimentaire.

shadok

Labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France !!
C'est pas nouveau !!!

BOUV

si réchauffement il y a, et bien il serait du pour l'essentiel à la vapeur d'eau et non pas au co2,

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier