[Video] La Loi d’Avenir divise les partis politiques

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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affirmé mardi vouloir donner à l'agriculture française "les capacités de pouvoir anticiper l'avenir", avec son projet de loi débattu à l'Assemblée. Si la gauche est favorable à cette loi, la droite critique son manque d’ambition et les partis écologistes estiment qu’elle ne va pas assez loin.

Le texte, examiné en première lecture, ambitionne de renforcer la compétitivité des filières (agriculture, agroalimentaire et forêt) et de prendre le tournant de l'agroécologie. Au bout du débat parlementaire, "nous aurons, j'en suis sûr, permis de donner à notre agriculture et surtout aux agriculteurs les capacités de pouvoir anticiper l'avenir et de préparer la performance de notre agriculture à l'échelle européenne comme à l'échelle mondiale", a déclaré M. Le Foll à l'ouverture des débats au Palais-Bourbon.

Dans un contexte tendu pour les agriculteurs et le secteur agroalimentaire, il a souligné sa "volonté de porter un projet pour l'ensemble des agriculteurs, l'ensemble des territoires qui sont aujourd'hui selon les cas confrontés à des difficultés, des projets d'avenir ou à des mutations".

Dans ses 39 articles, le projet de loi aborde les questions des installations d'agriculteurs, des relations commerciales avec la grande distribution, de l'enseignement et de la recherche, de la réduction de l'emploi de pesticides et d'antibiotiques vétérinaires, a cité le ministre.  Quelque 1.700 amendements ont été déposés sur ce texte, qui doit être discuté jusqu'à vendredi.

Les « verts » réclament un tournant écologique 

Si les députés du Front de gauche se disent plutôt favorables au texte, les députés EELV n'ont pas encore décidé s'ils voteront pour. Car ils attendent "un tournant écologique et social et pèseront pour cela dans les débats", a déclaré la députée Brigitte Allain, porte-parole du groupe sur ce texte.

"Un choix politique en faveur de la transition écologique et sociale doit être assorti d'objectifs clairs en matière de lutte contre l'artificialisation des terres, de maîtrise des enjeux énergétiques liés à la biomasse et méthanisation, de refus des OGM, méga-fermes et de protection du vivant, des animaux aux semences paysannes", énumère le groupe dans un communiqué.

Un texte qui manque d’ambition

 De leur côté, les députés UMP déplorent "un texte où il n'y a aucune ambition". "C'est le renoncement complet à une vocation économique de notre agriculture", a tonné leur président Christian Jacob, lui-même ancien agriculteur et responsable syndical agricole.

Les députés UDI préviennent quant à eux qu'ils voteront contre ou s'abstiendront en fonction des débats. Pour leur porte-parole Jean-Christophe Lagarde, "ce projet n'a pas l'ambition nécessaire, il n'y a aucune mesure pour renforcer la compétitivité de l'agriculture française".

Des griefs que semblent partager les agriculteurs de la FNSEA qui estiment que la loi ne traite pas assez de l'urgence.  "Le ministre va faire une loi qui va traiter un certain nombre de sujets": les statuts des exploitations, des interprofessions, le problème du foncier agricole, énumère le président de la FNSEA Xavier Beulin, mais "la loi n'apportera pas de réponses concrètes sur les sujets d'urgence" et ne « redonne pas  de perspectives à l'agriculture française ».

 

 

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