Agriculture canadienne : CETA… voir

Agriculture canadienne : CETA… voir

Le 27 octobre 2016, dans le cadre d’un sommet UE-Canada, les deux puissances doivent ratifier le CETA, le Comprehensive economic and trade agreement, un accord de libre-échange dont les premières négociations remontent à 2009, avant leur conclusion en 2014 et menus ajustements opérés au printemps 2016. Baptisé aussi AECG (Accord économique et commercial global), le CETA pourrait entrer en vigueur très rapidement à titre provisoire, en attendant la ratification par les parlements des Etats membres de l’Union européenne. L’objectif est de lever les barrières non tarifaires entravant le commerce de biens et services entre les deux parties.

Craintes agricoles sur les deux rives

La France a donné son blanc-seing à la signature de l’accord, dont la portée dépasse les seuls enjeux agricoles (marchés publics, propriété intellectuelle etc.), et qui n’est pas sans soulever des interrogations, notamment sur les procédures d’arbitrage en cas de différents entre entreprises et Etats.

Le volet agricole cristallise un certain nombre d’interrogations, pour ne pas dire de critiques, eu égard à certaines pratiques en vigueur au Canada telles que les cultures OGM ou encore le recours aux hormones de croissance pour les bovins. Le développement des échanges pourrait fragiliser un peu plus, de ce côté-ci de l’Atlantique, certaines filières, notamment bovine, sans contreparties évidentes pour les productions européenne et française. Mais de l’autre côté, les producteurs laitiers canadiens, parmi les plus privilégiés au monde grâce à leur système de gestion de l’offre, s’inquiètent des nouveaux contingents de fromage européens qui vont garnir un peu plus les rayons de leurs supermarchés, il est vrai peu diversifiés.

Le Canada davantage moteur que l’UE

Une chose est sûre : si les autorités Canadiennes sont promptes à ratifier l’accord, l’Union européenne montre moins d’allant, réfrénée par des mouvements opposés à l’accord. Le télescopage du CETA avec le démarrage de négociations entre l’UE et les Etats-Unis, dans le cadre du projet d’accord de libre-échange TIPP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) ajoute aussi à la confusion. La perspective du CETA offre en tout cas le prétexte à explorer les contours de l’agriculture canadienne, une agriculture performante et exportatrice, qui cultive savamment libéralisme, protectionnisme et interventionnisme.

Merci à l’Afja, l’Association française des journalistes agricoles, qui a permis à ses membres d’en savoir un peu plus sur l’agriculture canadienne, en organisant une immersion d’une semaine dans les Provinces du Québec, de l'Ontario et du Manitoba.

Raphaël Lecocq

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