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  • « 4 questions à » : Corinne Lepage

28/02/12
Actualités générales

« 4 questions à » : Corinne Lepage

La première émission politique de la chaîne Terre d'Infos TV, « 4 questions à » reçoit les candidats à l’élection présidentielle qui donnent leur vision de l’agriculture française sous la houlette d’Olivier Alleman.Chaque candidat répond en 12 minutes à 4 questions liées aux préoccupations du monde agricole.Voici les réponses de Corinne Lepage :

1. La PAC va être réformée en 2013. Faut-il continuer à promouvoir une politique agricole commune à l’échelle européenne, avec quelles mesures prioritaires et quel budget ?

Bien sur qu’il faut continuer la PAC, car c’est le moyen d’éviter les distorsions de concurrence, par exemple avec les filières bio, beaucoup de nos agriculteurs s’en plaignent. C’est aussi le moyen de lier à l’échelle de l’Europe, l’économie et l’environnement, qui sont essentiels l’un et l’autre à l’agriculture.  Quel budget ? Et bien, moi je défends la position française de maintenir le budget de la PAC à ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire 55 milliards d’euros mais nous n’y parviendrons pas sans accepter le verdissement, sur le pilier un de l’agriculture. Alors verdissement sur le pilier un, c’est un sujet très débattu, il me parait absolument  indispensable car c’est le moyen d’assurer la bonne qualité de nos sols, sans laquelle il n’y aura pas d’agriculture demain, la qualité de nos eaux, la qualité de la santé humaine et en même temps de maintenir une activité exportatrice en Europe. Mais voyez vous l’agriculture, c’est comme dans d’autres domaines il faut y cultiver la biodiversité dans les deux sens du terme. Ne pas avoir une vision uniforme de l’agriculture mais au contraire  une vision multiforme qui en font les richesses.

 

2. La France est reconnue pour la diversité de ses territoires. Comment maintenir un développement territorial équilibré, alors que la majorité de la population habite en ville et que certaines campagnes se désertifient ?

Oui c’est assez désespérant. C’est la raison pour laquelle un axe très fort de ma campagne est le produire local. Produire local mais pas nécessairement produire français, mais produire local. C’est à dire rapprocher les bassins de production et de consommation, à commencer bien évidemment par l’agriculture.  Pour laquelle je veux favoriser les circuits courts, pour laquelle je souhaite ne plus aller vers la déprise mais vers la reprise agricole. Ce qui veut dire aider en particulier les jeunes agriculteurs à pouvoir récupérer des terres et à pouvoir  de nouveau développer une activité de plus en plus scientifique et sophistiquée. Je crois que c’est ça aussi le message qu’il faut donner à nos concitoyens, l’agriculture a beaucoup changé. J’ai eu la chance  durant cette campagne de me rendre dans des fermes, notamment du réseau Terena pour promouvoir la haute productivité environnementale.

Je crois que c’est extrêmement important que d’aller dans cette direction  du produire local. Ce qui veut dire aussi arrêter le mitage de l’espace et préserver notre espace naturel. Nous en avons impérativement besoin. Et également reconquérir ce qui a été perdu. Notamment en favorisant une agriculture de proximité, en aidant les AOC, en aidant une agriculture parfois dans des régions difficiles, je pense aux régions de montagnes. Ce qui est intéressant dans le projet de PAC de 2014-2020, c’est précisément que les petits agriculteurs sont favorisés et il faut qu’ils le soient. J’ai des propositions concrètes dans mon projet à cet égard. Je disais tout à l’heure par rapport à la diversité de l’agriculture, la France ne peut pas  être seulement de la céréaliculture. Nous devons être variés et penser notamment à l’intérêt de l’élevage et du lait, mais aussi  aux fruits et légumes pour maintenir une agriculture et donc une consommation équilibrée. Tout cela est absolument essentiel.

 

3. En France, le repas repose sur des produits alimentaires diversifiés, sains et de qualité. Comment, selon vous, pérenniser cette alimentation équilibrée liée aux terroirs et assurer qu’elle reste accessible à tous ?

Je vais peut être commencer par un sujet qui fâche mais je n’en ai pas entendu beaucoup parlé dans les précédentes prises de positions, c’est la grande distribution et les marges. On peut tourner autour du pot autant qu’on veut, tant qu’on laissera le système actuel qui permet à la grande distribution d’écraser en réalité les producteurs et sans faire obligatoirement en bénéficier les consommateurs, des marges ainsi réalisées, on n’y arrivera pas. Je suis contente de ce que nous avons voté à Bruxelles il y a quelques jours, à propos du lait, qui redonne du pouvoir aux  producteurs pour s’organiser par rapport à la grande distribution. Il faut revoir le problème dans son ensemble et aller vers un système qui ne donne pas  à la grande distribution tous les pouvoirs comme elles l’ont aujourd’hui. C’est une des conditions pour avoir une agriculture  et une consommation alimentaire de qualité et accessible. Vous parliez de la question des produits. C’est vrai que la France est connue pour sa gastronomie et moi je suis une partisane de l’agriculture biologique.  C’est très important de mettre l’accent sur la qualité de nos produits, car elle est grande et c’est la raison pour laquelle je suis tellement attachée à ce que nous allions vers une agriculture beaucoup moins riche en intrants , de manière précisément à réduire la place des pesticides et aller vers une agriculture beaucoup plus moderne. Parce que bénéficiant des dernières recherches  de l’agronomie et c’est un point de mon programme que je souligne, pour aller vers une agriculture qui lie l’intensité de la production parce que nous en avons besoin et également la qualité environnementale. Je rajouterais un point qui n’est pas directement lié à l’alimentation mais qui me parait très important.

Pourquoi est ce que je souligne la nécessité d’une reprise agricole face à une déprise agricole ? Parce que nous avons perdu énormément d’exploitations agricoles et beaucoup partent aujourd’hui à la retraite sans successeurs. Ce qui est à la fois une catastrophe humaine, parce que c’est du savoir faire qui s’en va, une catastrophe économique et environnementale. Je crois que nous avons une partie de la solution dans le développement de toutes les activités connexes à l’agriculture. Je pense tout d’abord à l’utilisation  de toute la partie non alimentaire de la plante. Non pas pour faire des agro-carburants de la première génération que je conteste mais des biocarburants  de la deuxième génération. C’est à dire une utilisation intelligente de la bio masse. Notamment quand on voit la manière dont les Allemands ont utilisés le méthane pour chauffer les exploitations agricoles et pour développer l’électricité c’est quand même un modèle très intéressant. Au delà de ça je pense à la chimie verte qui devrait être un grand débouché pour la France. La France a une grande chimie, qui est une pétro chimie mais nous devons passer au stade la chimie verte. C’est à dire la chimie à base végétale. Non pas choisir entre  un produit chimique et l’alimentation mais développer toutes les parties non alimentaires de la plante. Je pense à l’amidon de maïs, à la partie ligneuse des plantes, qui permettent de servir de base à ce que va devenir notre chimie. Nous allons sortir de la société du pétrole, ce n’est pas du tout une catastrophe au contraire un bien et c’est une opportunité y compris pour le monde agricole qui peut trouver la de nouvelles ressources en terme économique. C’est quelque chose d’essentiel. Mais c’est aussi une redynamisation des territoires à partir d’un mode de développement économique et on revient au produire local.

 

4. Préserver les ressources naturelles est une nécessité pour tous. Selon vous, comment concilier cet impératif  avec  celui  de  rentabilité  économique  et  par  quels  moyens  pouvonsnous  les  préserver durablement ?

 Je commencerais par dire que l’utilisation massive des intrants, ca coute très cher au monde agricole et plus ça va, plus ça coute cher. Car c’est à base pétrole et c’est indexé sur le prix du pétrole, ça coute très cher en émission de gaz à effets de serre et à un moment on va payer pour nos émissions de gaz à effets de serre. Ca coute très cher  en terme de qualité des sols et nos agriculteurs sont les premiers à savoir que si l’humus et la qualité des sols se réduit, c’est les productions de demain et après demain qui se réduisent. Par voie de conséquence, je pense qu’il faut avoir une vision dynamique des choses  et ne pas opposer l’un et l’autre. Deuxièmement, dans le cadre de la réforme de la PAC, il est clair que la France n’obtiendra pas dans le même temps une non éco-conditionnalité sur le pilier un et le maintien du budget agricole actuel. Si nous voulons obtenir le budget et nous avons besoin, il est essentiel  que fassions les efforts qu’il faut et que nous acceptions – c’est tout à notre avantage -  que le pilier contienne des mesures de verdissement. Je citais tout à l’heure une coopérative que je suis allée visiter qui m’intéressait beaucoup, parce que je défends le bio, bien sur, et espère par exemple que dans les cantines et dans la restauration collective, le bio va se développer massivement. Nous sommes aujourd’hui à 2 %, admettons, rêvons que nous arrivions à 20 % de bio en France, on en est très très loin, qu’est ce qu’on fait des 80 % restants ? Pour moi les 80 % restants c’est de l’agriculture à haute productivité environnementale. C'est-à-dire, de lier à la fois une forte productivité et une prise en compte très importante de l’environnement de manière à réduire la pression sur le milieu pour préserver l’avenir et pour préserver aussi la qualité des produits et la bonne santé, des agriculteurs qui sont les premières victimes d’un certain nombre de produits et les consommateurs. Ce modèle existe, la bonne nouvelle c’est qu’il est la. Ce qu’il faut c’est le faire connaître et pouvoir le développer. Il n’existe pas seulement en France. Quand vous voyez les rapports de l’AFAO qui vous dit que ce modèle là, est le seul capable de répondre aux problèmes de famine  et pas du tout le modèle d’une agriculture intensive, hyper utilisatrice d’intrants. Vous voyez l’exemple de Madagascar  avec le modèle dit SRI  qui a permis de multiplier par dix la production de riz grâce à une utilisation beaucoup plus intelligente et de l’eau et de la terre, avec une forte productivité et utilisation de personnes pour travailler, on voit qu’il y a là un modèle qui marche.

Ce que je veux dire, c’est que ceux qui continuent à opposer l’économie et l’environnement, qui disent l’environnement ça suffit, ce sont des gens qui n’ont rien comprit à ce que l’agriculture devient et ce qu’elle va devenir demain. Ce sont des gens enfermés dans un modèle du XXème siècle alors que celui que nous voulons construire est celui du XXIème.  Mon projet qui est un projet du comment, avec du long terme mais du comment tout de suite, c’est précisément un modèle qui avec beaucoup de mesures sur l’agriculture - au moins 5 ou 6 ce qui est beaucoup dans un programme de 69 propositions – est tout entier orienté sur ce que l’on peut faire, pour aider les jeunes agricultures, sur la haute productivité environnementale, pour favoriser la recherche agronomique, pour lier les producteurs et les consommateurs de manière à changer l’image du monde agricole dans la société et je pense que c’est très important. Tout cela nous pouvons le faire, ce modèle existe, il reste encore d’avoir la volonté politique pour le faire et c’est ma volonté. 

 

Porpos recueillis par Terre d'Infos TV

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