Les vins bio face à la menace de la massification

Claudine Galbrun-Réussir Vigne Septembre 2012

Les vins bio face à la menace de la massification

Avec l’explosion attendue des surfaces cultivées en viticulture biologique, les vins bio pourraient être confrontés à une massification du marché. Pour contrer cette menace, l’université de Bordeaux IV s’est penchée sur le sujet et propose un certain nombre de pistes.

À partir d’études de cas, Luc Rauscent maître de conférences associé en sciences de gestion à l’université Bordeaux IV et son équipe ont pu constater que dans la chaîne de valeur, le seul maillon maîtrisé dans la filière vin bio en Aquitaine était la production tandis que les fonctions commerciales et marketing accusaient de grandes faiblesses. Or, la région Aquitaine comptait en 2011, 7 175 hectares cultivés en viticulture biologique (dont 4 754 en conversion et 2 961 ha certifiés). “ Un potentiel de plus de 8 000 hectares devrait être atteint d’ici 2013-2014. La question se pose : pourra-t-on vendre les volumes de vins qui seront ainsi produits tout en maintenant des prix rémunérateurs ? ”, se demande Luc Rauscent.

Communiquer sur le label bio européen

Ce marché, appelé à muter, bénéficie pour l’instant d’un macro-environnement (ce qui se passe à l’extérieur de l’exploitation) favorable : sensibilité du consommateur à l’écologie, croissance mondiale en hausse, une demande encore inférieure à l’offre… Mais à l’échelle environnementale, des menaces pointent, avec entre autres : baisse tendancielle de la consommation de vin, multiplicité des labels bio, peu de reconnaissance du segment bio par les institutions du secteur.
Pour un développement durable de la filière vin bio en Aquitaine, le chercheur propose d’assurer la communication du nouveau label européen vin bio qui est entré en vigueur le 1er août 2012, de clarifier les labels et certifications aujourd’hui trop nombreux, de simplifier l’organisation professionnelle de la filière jusqu’à créer une interprofession reconnue et apte à percevoir une CVO (Cotisation volontaire obligatoire). Ou à défaut d’une reconnaissance officielle de cette interprofession, d’entrer en négociation avec le CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux) afin que celui-ci perçoive cette CVO.
“ Il est indispensable d’arrêter la confrontation avec le secteur conventionnel. La filière bio se doit de conquérir de nouveaux espaces stratégiques pour sortir de l’encombrement du marché, veiller à la qualité en s’appuyant sur les appuis professionnels, mutualiser les moyens commerciaux notamment à l’export et enfin, professionnaliser les pratiques commerciales et œnotouristiques. Car pour l’heure, dans la chaîne de valeur, seule la production est maîtrisée ”, estime Luc Rauscent.    
 

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