Un Printemps bio sous le signe de la vitalité

Florence Doucet, expert en agriculture biologique (Crédit Agricole SA)

Un Printemps bio sous le signe de la vitalité

Le marché de l’alimentation bio consommée à domicile a progressé de 9% en 2013 en France, soit 4,56 milliards d’euros (soit 2,5% du marché alimentaire), au même rythme que les surfaces certifiées.

Les achats de produits biologiques servis en restauration collective représentent 172 millions d’euros (+8%). Cette progression de la consommation tient essentiellement aux volumes vendus (+8%), les prix n’ayant augmenté que de 1%. Les circuits de distribution, comme en Allemagne et aux Pays-Bas, restent diversifiés : les grandes surfaces alimentaires comptent pour 46%, les magasins spécialisés pour 35% (avec une nette prédominance des magasins en réseau), les artisans-commerçants (dont les cavistes) pour 5% et la vente directe pour 13%. La moitié des ventes concerne le rayon frais, où les produits bio réalisent des scores parfois impressionnants : 15% des œufs, 11% du lait, 6% pour les 14 fruits et légumes les plus consommés. La progression est particulièrement élevée pour les vins. 

Selon le baromètre de l’Agence bio, 75% des Français sont des consommateurs réguliers ou occasionnels, dont 49% au moins une fois par mois. Les non consommateurs passent de 35% à 25% en un an. Les trois principales catégories de produits consommées sont : les fruits et légumes (83% des consommateurs bio), les produits laitiers (63%) et les œufs (58%). Si 83% des consommateurs bio ont maintenu ou augmenté leur budget bio en 2013, cette progression tient surtout aux consommateurs réguliers (quotidiens ou hebdomadaires). L’effet prix s’estompe dans les facteurs de développement de leur consommation (66% vs 74% en 2012), au profit de la proximité (11% vs 7%).

France : la balance commerciale encore déficitaire

La part de la consommation d’origine France est de 75%, très variable selon les produits : la France est désormais autosuffisante pour les viandes, le lait et les produits laitiers, les œufs, les vins. Elle importe 32% de sa consommation en fruits et légumes bio (dont moitié de produits exotiques), la moitié pour l’épicerie et les surgelés, 80% pour les produits de la mer et les jus de fruits et de légumes (ces deux catégories étant elles-mêmes largement déficitaires en conventionnel). La balance commerciale française est encore déficitaire de 300 millions d’euros en produits alimentaires bio, mais ce déficit se réduit graduellement et les exportations pèsent 381 millions d’euros (309 millions en 2012) : le vin en est le poste majeur (60%), suivi par les fruits et légumes frais (choux fleurs, salades, fruits d’été), les biscuits et les pâtes.

La filière de production française rassemble désormais 25500 producteurs sur 1060000 hectares. Les surfaces certifiées bio progressent de 9% à 932000 hectares. Les surfaces en conversion (130000 hectares) régressent (-27% par rapport à 2012) après les grandes phases de conversion de 2009, 2010 et 2011. La progression globale des surfaces engagées en bio est de 2,8%, ce qui porte à 3,93% la SAU en bio : les deux tiers sont en herbe et fourrages, 20% en grandes cultures et 10% en cultures spécialisées. La part relative cultivée en bio est très contrastée selon les filières : elle représente 23% pour les légumes secs, 14% pour les fruits, 8% pour la vigne, 4% pour les légumes, 5% pour les surfaces fourragères, 1,7% pour les grandes cultures. La 1ère région française en nombre de producteurs est Rhône-Alpes, la 1ère en SAU est Midi Pyrénées, la 1ère en pourcentage de sa SAU est PACA. Ces trois régions, avec Languedoc-Roussillon et les Pays de Loire, totalisent la moitié des surfaces engagées en bio. Avec ses 12500 opérateurs d’aval, dont ¼ sont spécialisés bio, la filière estime représenter 80 à 100000 emplois.

Miser sur la structuration des filières françaises

La France est le 3ème pays européen pour la SAU en bio, en progression régulière depuis 15 ans. Les surfaces et le nombre d’exploitations ont doublé depuis 2007. Les opérateurs misent sur une structuration des filières françaises, de nature à augmenter leur part dans l’approvisionnement du marché français. Pour autant, la filière fait état de certains sujets de préoccupation : la proposition de la Commission pour le futur règlement européen, prévu pour 2017, comporte à ce jour quelques aspects controversés comme la fin de la mixité au sein des exploitations, la fin des dérogations, la fin de l’obligation de contrôle annuel minimal par opérateur. De même le Plan Ambition Bio 2017 français réaffirme l’objectif de doublement des surfaces, et les modalités de la nouvelle PAC devraient maintenir au même niveau les aides à la conversion, mais les régions, autorités de gestion des fonds européens, pourront déterminer certaines modalités pour l’aide au maintien sur leur territoire (limitation dans le temps, priorité aux zones à fort enjeu environnemental comme les zones de captage, aux démarches collectives ou de structuration de filières…).

La 15ème édition du Printemps bio, inaugurée par les ministres de l’agriculture et de l’écologie, verra se succéder de nombreuses animations du 1er au 15 juin dans toute la France www.printempsbio.com

 

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