Une forte hausse du volume de lait bio attendue d’ici 2013

Annick Conté - Réussir Lait Décembre 2011

Camion de collecte de lait biologique. © Biolait
L'offre est actuellement inférieure à la demande mais une très forte croissance de la production est attendue en 2012. © Biolait

De nombreuses conversions bio vont arriver à terme. L’équilibre offre/demande devrait être atteint en 2013.

Le lait bio en France en 2010

Une forte hausse du volume de lait bio attendue d’ici 2013

• 275,1 millions de litres • 1,2 % de la collecte nationale • 1 376 producteurs de lait • 93 établissements de collecte • 129 établissements de transformation

A près un arrêt brutal des conversions de 2002 à 2006, la production française de lait bio est, depuis 2009, en plein essor. Entre 2009 et 2011, la collecte a progressé de 40 % et en 2011 on dénombre 300 éleveurs laitiers bios de plus. Le marché est-il capable d’absorber les nouveaux volumes produits ? « L’offre est actuellement inférieure à la demande. Mais une très forte croissance de la production est attendue d’ici juin 2012 car de nombreuses conversions vont arriver à terme », a affirmé Laurent Forray du Cniel lors d’un colloque sur la filière laitière bio bretonne organisé par les chambres d’agriculture de Bretagne à Rennes le 20 octobre dernier.

Un ralentissement du rythme des conversions amorcé

« La production devrait, aux vues des conversions en cours, grimper à 457 millions de litres, soit une progression de plus de 50 % par rapport à la production actuelle. L’équilibre offre-demande devrait être atteint en 2013, en supposant que l’on ait reconquis les parts de marché des importateurs », estime-t-il.
Un ralentissement du rythme de conversions s’est amorcé au second semestre 2011. C’est « plutôt une bonne chose face à la nécessité d’adapter le rythme de développement à la capacité de débouchés », même si la demande continue à augmenter dans tous les circuits de distribution (GMS, magasins spécialisés, vente directe).
Les industriels ont déjà le pied sur le frein. Lactalis, après avoir développé un programme important de conversions, l’a sérieusement ralenti depuis deux ans et demi : « Dans l’Ouest, nous ne mettons en place des conversions que sur trois départements (Ille-et-vilaine, Mayenne et Maine-et-Loire) pour densifier le bassin de collecte. Et uniquement pour compenser des arrêts de production et rester à un volume identique », explique Gérard Maréchal de Lactalis. Car l’augmentation de volume de 50 % d’ici 2013, il va falloir l’absorber. »
Lactalis investit en communication sur ses marques pour concurrencer les MDD, certaines d’entre elles n’hésitant pas à mettre en avant du lait bio à moins de 1 €/litre. Le groupe vient par ailleurs de démarrer l’export au Royaume-Uni avec une stratégie de marques françaises fabriquées exclusivement avec du lait bio français.
La coopérative Eurial accepte, elle, de collecter en bios ses adhérents sur toute sa zone de collecte mais a arrêté les aides à la conversion depuis deux ans. Chez Biolait (SAS de collecte), les aides à la conversion sont maintenues mais réduites de moitié (15 €/1 000 litres contre 30 au départ). « La question peut être revue à chaque conseil d’administration et il y en a six par an », précise Christophe Baron son président. Les deux années de conversion permettent à Biolait de préparer les marchés. « Nous vendons plus de lait que nous n’en collectons depuis 2009. L’an prochain, nous allons arrêter d’importer du lait du Royaume-Uni. »

Image 2

Garder la valeur ajoutée sur le lait bio

Quelles sont les perspectives pour les primes sur le prix du lait bio ? Pour Lactalis, « compte tenu du cahier des charges bio, il faut tenir un écart fort avec le conventionnel(1), mais on ne peut pas ignorer les prix à l’étranger ». Eurial s’est engagé, depuis 1990, à majorer le prix bio par rapport au prix conventionnel d’au moins 60 €/1 000 litres, une majoration qui a plutôt été autour de 100 €/1 000 litres ces dernières années. Biolait, qui travaille avec une cinquantaine de clients avec des contrats sur 3 à 5 ans, tient depuis quatre ans son objectif de 430 €/1 000 litres. « Nous avons rencontré début octobre nos collègues des autres pays : excepté au Royaume-Uni, il y a convergence des prix payés aux producteurs autour de 400 à 430 €/1 000 litres. C’est rassurant », souligne Christophe Baron. « Ce que nous voulons, c’est à tout prix éviter les chutes qu’on a connues dans le passé. Nous nous battons pour un prix stable, et pour un prix juste, connecté à la notion de coût de production. »

(1) Actuellement Lactalis verse une prime bio de 125 €/1 000 l sur juillet, août, septembre, octobre ; 110 € sur novembre, décembre ; 95 € sur janvier, février, juin ; 65 € sur mars, avril, mai.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires