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jeudi 2 septembre 2010

L'information agricole

 

Fruits et légumes

Les producteurs font des économies sur la main d'oeuvre


(d'après AFP - 03/09/09)

Face à la crise économique, les producteurs français de fruits et légumes font des économies sur la main d'oeuvre saisonnière, quitte, pour certains, à ne pas ramasser toute leur production.


« Un kilo de tomates, à produire, cela coûte entre 70 à 80 centimes (d'euro) et le prix de vente est de 30 à 40 centimes. Dans ces conditions, le producteur ramasse et puis, quand il voit que ça ne remonte pas, il arrête », témoigne Bernard Urban, qui dirige une coopérative à Clairac (Lot-et-Garonne), estimant que 15 à 20% des tomates cultivées en abri froid pourraient ne pas être ramassées dans le département.

« La main d'oeuvre constitue la charge principale. Qui dit: ‘ne pas ramasser', dit: ‘pas de main d'oeuvre'. C'est l'une des manière de s'en sortir », confirme Emmanuel Maupas, responsable des productions végétales à la Chambre d'Agriculture du Lot-et-Garonne.

Les offres d'emploi baissent

Dans ce département, les offres d'emploi enregistrées par Pôle Emploi pour les contrats saisonniers des métiers agricoles ont baissé de 34,3% sur la période août 2008/juillet 2009 par rapport aux douze mois précédents.

D'autres producteurs, sans aller jusqu'à laisser les fruits sur les arbres, réduisent leurs coûts sur l'entretien des cultures en limitant le nombre de passages dans les rangs. Les coups de mains entre proches sont aussi plus répandus en ces temps de crise.

« Il n'y a pas un produit pour sauver l'autre. La viticulture en difficulté, la céréaliculture, les fruits et légumes, les producteurs laitiers aussi. Il est rare d'avoir une situation aussi dégradée sur un aussi grand nombre de productions », résume Jean-Michel Ruchaud, président du GIE fruits et légumes d'Aquitaine et membre de la Coordination rurale.

« Les paysans disparaissent dans la plus grande indifférence »

« On parle beaucoup des entreprises qui ferment. Je constate qu'il disparaît des paysans tous les jours, sans indemnités, et cela se passe dans la plus grande indifférence », souligne ce gérant d'une exploitation employant 65 salariés à Saint-Léon (Haute-Garonne).

Les syndicats dénoncent pour la plupart les prix d'achat de la grande distribution mais aussi une « distorsion de concurrence » de plus en plus marquée avec des pays voisins où la main d'oeuvre est moins payée.

A Strasbourg, où des producteurs ont déversé lundi quatre remorques de fruits et légumes devant la préfecture, « des Polonais vendent des tomates 45 centimes (d'euros) le kilo, contre un prix moyen de 70 centimes » pour des producteurs alsaciens, déplore Denis Digel, président de la section fruits/légumes à la FRSEA Alsace.

 
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