 | GÉRER efficacement sa ration jusqu'aux récoltes de maïs… | |
Dans bon nombre d'exploitations, la part de maïs dans la ration estivale va être limitée, voire absente, dans les cas les plus extrêmes. Aussi, 2 problèmes vont se poser : un manque d'encombrement ne permettant pas aux animaux une alimentation à volonté et un déficit énergétique prononcé non compatible avec des animaux en début de lactation.
Pour les compenser, l'utilisation de coproduits humides ou secs peut être une opportunité. Ces derniers présentent des teneurs énergétiques et azotées qui permettent de remplacer une partie des fourrages habituels, mais aussi de limiter l'achat d'aliments concentrés, tout en respectant les besoins d'équilibre de la ration. Quelques exemples : - La pulpe de betterave déshydratée s'avère particulièrement prisée pour notamment son effet encombrant et donc sa vocation à remplacer du fourrage. Ce produit ramène de l'énergie cellulosique non acidogène. À raison de 4 à 5 kg bruts par vache, elle peut permettre de limiter la consommation de maïs, de l'ordre de 3 à 4 kg matière sèche. - La fibre de blé : issue des usines d'amidonnerie, ce coproduit humide présente un très bon équilibre énergie /protéines. À raison de 4 à 6 kg brut par vache et par jour, elle permet de reconcentrer les rations déficitaires en énergie (ensilage herbe, céréales immatures…), tout en apportant un niveau de protéines comparable à une VL à 18 % de MAT. - Il en existe d'autres : pommes de terre, pulpes de pois, drêches… Reste à vérifier avec votre conseiller que les prix proposés sont compétitifs, en calculant notamment le prix d'opportunité, c'est-à-dire le prix jusqu'auquel il est intéressant de l'acheter.
Mickaël SERGENT Nutritionniste
 | Bronchite vermineuse | |
Très souvent lorsque les vaches toussent l'été on incrimine le parasitisme herbager.
Idéalement un diagnostic de certitude, avec un examen des matières fécales, simple et peu onéreux, doit être pratiqué avant le traitement, devant le coût important de l'antiparasitaire rémanent permis sans délai d'attente pour le lait. Ce médicament s'administre sur le dos, aussi faut-il veiller à l'utiliser quand le temps est sec au moins au cours des 48 heures qui suivent. Des surinfections bactériennes ou virales peuvent survenir, à la faveur des lésions du poumon parasité. Il convient donc, en plus du traitement anti parasitaire, de ne pas exposer les animaux à d'autres risques, notamment aux courants d'air parfois observés dans les bâtiments l'été, et très pernicieux car non ressentis par les éleveurs : quand un portail est ouvert d'un côté de l'aire d'exercice, son vis-à-vis doit être fermé tout le temps et en particulier lorsque le troupeau vient d'être traité contre une affection pulmonaire.
L'AVIS DE L'EXPERT Les analyses de matières fécales sont simples et peu onéreuses, CLASEL peut vous servir de relais avec les laboratoires départementaux qui effectuent ces analyses. Parlez-en à votre Conseiller.
Olivier RECOURSÉ Vétérinaire Clasel
 | Quelle est la situation économique de votre atelier laitier ? | |
Cette période estivale doit permettre de faire un point complet sur votre atelier laitier afin de préparer au mieux la prochaine campagne hivernale. À l'heure où vous recevez et analysez les résultats techniques (bilans de production laitière, mammites, reproduction…), l'analyse de la marge brute de votre atelier ainsi que toutes ses composantes (produits et charges) est judicieuse. Au travers des nombreuses analyses de marge brute ou d'audit lait réalisés par CLASEL, plusieurs pistes d'améliorations sont identifiées : - La qualité du lait impactant son prix, - Le produit viandeet notamment la valorisation des vaches de réformes, - Le coût alimentaire. Celui-ci, représente environ 70 % des charges de l'atelier et les plans d'action possibles, s'établissent autour des coûts des fourrages, de la cohérence du système fourrager, de la complémentation des vaches laitières, mais aussi de l'alimentation des génisses. - Les frais vétérinaires. Tous les systèmes sont rémunérateurs et gages de réussite, mais pour cela il est important d'être cohérent dans son système. CLASEL dispose de références par race, par système afin de vous permettre de comparer vos résultats. Faire une analyse de votre marge brute par une méthode simple, vous permettra de vous comparer et donc, soit de valider les bonnes stratégies que vous avez engagées, soit de modifier certaines pratiques techniques afin d'obtenir de meilleurs résultats économiques.
Jean-Luc ROMEJON Référent Technico-économique
 | Avant de semer, penser à la destruction ! | |
Pour la MAYENNE, l'ensemble du département doit être couvert par une culture durant la période hivernale. En SARTHE, le taux de couverture doit atteindre 80 % en zone vulnérable et 100 % en zone de Pentvert. Avant d'implanter un couvert végétal, il peut être important de raisonner son choix en fonction de son mode de destruction.
Pour la destruction, on privilégiera les plantes qui gèlent car c'est gratuit ! Cependant, pour être efficace sur le tournesol, le sarrasin, la moutarde, l'avoine brésilienne ou la vesce, il faut que la température descende en dessous des - 6°C. L'autre inconvénient du gel c'est qu'il est parfois insuffisant certaines années et qu'il a du mal à agir sur des couverts développés… Par ailleurs certaines espèces sont insensibles au gel : seigle, navette…
Pour renforcer l'action du gel et homogénéiser la destruction on peut aussi rouler la culture. Les fenêtres d'intervention sont généralement courtes, mais les débits de chantier sont bons et le coût réduit. Pour des couverts déjà très sensibles au gel, comme la moutarde, le roulage n'apporte pas véritablement un gros plus. Pour des espèces moyennement sensibles au gel, type phacélie et avoines, le roulage peut avoir un intérêt pour une destruction homogène (essai CA 53 - 2009).
L'intervention avec un travail du sol superficiel (ou labour) peut être intéressante pour l'incorporation du couvert végétal en même temps que les effluents. Cependant, il faut intervenir en sol ressuyé, sur un couvert peu développé et non gelé. Si le couvert est dense et important, il faudra broyer et donc le coût sera important et les débits de chantier faibles.
L'intervention chimique, en particulier pour le seigle, est aussi une solution. Elle est notamment nécessaire dans le cas de semis direct. Cela dit, elle est limitée à 50 % de la surface en couvert pour la Mayenne.
Pierre-Antoine MARET Responsable Agro-environnement
Experts Clasel
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