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jeudi 29 juillet 2010

L'information agricole

 

Biodiversité

Les oiseaux désertent le milieu agricole


(Réussir Grandes Cultures Février 2010 - 26/02/10)

Sur vingt ans, les populations d'oiseaux ont reculé de 20 % dans les zones agricoles.


Pipit farlouse, tarier des prés, alouette des champs, perdrix grise… parmi les oiseaux toutes ces espèces ont en commun d'être inféodées aux milieux agricoles et de connaître un déclin de leurs populations. De 1989 à 2008, l'abondance des espèces spécialistes des milieux agricoles a diminué de 20 %, indique le Muséum national d'histoire naturelle qui coordonne un programme à l'échelle nationale : le suivi temporel des oiseaux communs (STOC)(1). Cette évolution négative est imputée à l'intensification des pratiques agricoles qui s'accompagne d'une perte de diversité des habitats et des espèces animales et végétales. Plus largement, le déclin des oiseaux s'observe pour l'ensemble des espèces en France (- 10 % entre 1989 et 2008) et est accru sur les oiseaux inféodés à des milieux particuliers (- 11 % chez les oiseaux forestiers, - 20 % sur ceux des milieux bâtis). En revanche, les population d'oiseaux dits « généralistes » ont augmenté de 20 % sur vingt ans.
Pipit farlouse. (G. Deloison)

Tout n'est pas noir

En regardant plus finement les courbes d'évolution, on remarque un ralentissement de la baisse, voire une remontée pour certaines espèces sur les années 2000. Pour le tarier des prés on passe de – 76 % entre 1989 à 2008 à – 47 % de 2001 à 2008, ce qui reste malgré tout alarmant. Mieux, la perdrix grise passe d'un déclin (- 32 %) à une croissance (+ 35 %) sur les mêmes périodes. Doit-on y voir l'impact de pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement ? L'avenir le dira avec un contexte économique et sociétal qui pousse à moins utiliser d'intrants chimiques.
Bruant jaune. (G. Deloison)

Repère n°1 : Alouette des champs

C'est l'espèce emblématique des grandes plaines agricoles. L'alouette des champs enregistre une diminution de ses populations de 16 % entre 1989 et 2008 mais son abondance tend à se stabiliser en France entre 2001 et 2008 (- 2 %). La constatation est similaire sur l'ensemble de l'Europe avec un déclin de 45 % de 1980 à 2007 et de 19 % depuis 1990.

Repère n°2 : Pigeon ramier

Le pigeon ramier (ou palombe) est l'oiseau « généraliste » par excellence. Il s'adapte à une gamme variée de milieux, des champs fraîchement semés (au désarroi des agriculteurs) aux espaces verts des cités urbaines. La population de cet oiseau croît de façon importante ces dernières années. Cette évolution semble liée au développement d'une population sédentaire (au désarroi des chasseurs de palombes qui attendent les migrateurs sur les cols pyrénéens) favorisée par la succession d'hivers doux.

Repère n°3 : Climat

Les changements climatiques ne sont pas sans impact sur les populations d'oiseaux. Les espèces ayant besoin de températures maximales peu élevées pour nicher sont les plus en déclin. Les oiseaux des régions septentrionales sont les plus vulnérables au réchauffement climatique. Ainsi, le bruant jaune (septentrional) est en recul de 38 % entre 1989 et 2008 tandis que le bruant zizi (méridional) est en nette augmentation : + 85 % sur l'ensemble de la France


(1) www2.mnhn. fr/vigie-nature rubrique STOC
Les populations d'oiseaux en France entre 1989 et 2008

Christian Gloria

 
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